2e enquête "SRG Trend" relative à la votation du 27 septembre 2026

Avant la mobilisation finale:

Initiative sur la neutralité – une majorité contre et une tendance au Non

Initiative sur l’alimentation – une majorité contre et une tendance au Non

Etude sur mandat de la SRG SSR

Si les votations avaient eu lieu dès le 5 septembre 2026, aussi bien l’initiative sur la neutralité que l’initiative sur l’alimentation auraient été rejetées. Les deux projets soumis au scrutin du 27 septembre 2026 ont été saisis par une tendance au Non au fil de la campagne de votation. Si l’initiative sur la neutralité avait déjà présenté une avance en faveur du Non dès la première vague d’enquête, une majorité également en faveur du Non à l’initiative sur l’alimentation s’est dans l’intervalle formée à partir de l’impasse initiale. Pour des initiatives populaires, une telle évolution correspond au déroulé typique de la formation de l’opinion.

Les stades de formation de l’opinion sur les deux projets n’ont pas progressé à l’identique. Avec l’initiative sur la neutralité, les opinions s’avèrent de plus en plus affermies ; le pourcentage des personnes exprimant une intention ferme de voter pour ou contre a grimpé à 83%. Avec l’initiative sur l’alimentation, le stade de formation de l’opinion est en retard sur la précédente et à qualifier de stade moyen ; 71%, un pourcentage lui aussi en hausse, vont voter fermement pour ou contre. Avec l’initiative sur la neutralité, l’intention de vote et l’argumentaire se côtoient dans l’intervalle (34% d’approbation ; 32% de surplus argumentatif en faveur du Oui). Avec l’initiative sur l’alimentation, l’approbation argumentée s’avère par contre nettement plus élevée que l’approbation concrète du projet (46% vs 33%).

La participation au scrutin s’est également développée et, en phase préparatoire des votations, elle se situe, avec 49%, légèrement au-dessus de la moyenne à long terme de 47,4% entre février 2011 et juin 2026 selon les chiffres de l’OFS.

Ces résultats constituent une « photographie dans l’instant » à environ trois semaines du dimanche des votations, et ils ne constituent aucunement un pronostic quant à leur issue. Ils peuvent cependant être interprétés aussi comme des tendances lorsque l’on compare les vagues d’enquête. Toutes les indications fournies valent avec une probabilité de 95% affectée d’une marge d’imprécision de ±2,8%.

Les constats de l’enquête font l’objet d’un positionnement théorique par le gfs.bern à l’aide de l’approche dispositionnelle.

Ici sont disponibles des informations de fond sur les projets objets des votations du 27 septembre 2026, et ici sur la méthode des enquêtes de tendance SRG.

En outre, vous pouvez télécharger ici un recueil complet de graphiques.

« Sauvegarder la neutralité suisse (initiative sur la neutralité) »

Les intentions de vote actuelles tendent nettement vers le Non

Au début du mois de septembre, l’initiative sur la neutralité tend encore plus nettement vers le Non que lors de la première vague d’enquête. Actuellement, 34% de l’électorat désireux de participer voterait résolument ou plutôt pour l’initiative, tandis que 63% de cet électorat voterait résolument ou plutôt contre elle. 3% restent indécis. De la sorte, la tendance au Non s’est nettement renforcée depuis la première vague d’enquête.

Parallèlement à cela, l’estimation de l’issue de la votation a continué à évoluer en direction du refus : si au cours de la première vague d’enquête 59% s’attendaient à un refus de l’initiative, ils sont maintenant 73% en ce début septembre. Ainsi, tant les intentions de vote actuelles que les attentes pointent clairement en direction du Non (moyenne de la part estimée de Oui : 45,5%).

L’opinion se trouve à un stade de formation avancé

83%, soit une hausse de +10 ppt, manifestent une intention ferme de voter. Cette cristallisation croissante se produit principalement dans le camp du Non : 55% sont résolument contre (+12 ppt) tandis que 28% sont résolument pour (-2 ppt). 14% supplémentaires sont plutôt indécis (-9 ppt), seuls 3% restent indécis (-1 ppt).

L’ancrage argumentatif de la décision de vote demeure lui aussi marqué. Les intentions de vote manifestées concordent à un point élevé avec les évaluations des arguments. Le tableau des opinions s’avère ainsi bien avancé, aussi bien quant à la fermeté des intentions de vote que sur le plan de l’argumentation.

Le cachet du schéma conflictuel préliminaire est politique, sur fond de vaste tendance au Non

Le schéma conflictuel de l’initiative perdure en premier lieu dans sa structuration politique. Dans l’environnement de l’UDC, l’approbation demeure clairement majoritaire comme avant, mais elle perd aussi du terrain (77% résolument/plutôt pour, -9 ppt). Dans tous les autres électorats des partis, le refus a continué de s’amplifier. Chez les Vert-e-s, la part de Non grimpe à 88% (+10 ppt), chez le PS elle passe à 92% (+6 ppt) et chez le PVL à 96% (+15 ppt). Au centre de l’échiquier politique aussi, le refus devient plus net : chez les sympathisant-e-s du Centre, il grimpe à 80%(+ 6 ppt), et à 76% chez les sympathisant-e-s du PLR (+12 ppt). Le décalage est particulièrement marqué chez les Indépendant-e-s. La majorité sur le fil favorable au Oui relevée durant la première vague d’enquête est devenue une majorité favorable au Non (59% résolument/plutôt contre, soit +15 ppt ; 30% résolument/plutôt pour, soit -22 ppt).

La confiance envers le gouvernement demeure elle aussi un facteur structurant central. Les personnes qui font confiance au gouvernement ont refusé encore plus clairement l’initiative (77% résolument/plutôt contre, soit +8 ppt). Chez celles qui ne lui font pas confiance, l’initiative conserve de peu son aptitude à réunir une majorité, mais son approbation s’érode également (52% résolument/plutôt pour, soit -7 ppt ; 45% résolument/plutôt contre, soit +7 ppt). Ainsi se confirme le schéma de la première vague d’enquête, mais il continue de se décaler en direction du Non.

Sur le plan géographique aussi, la tendance au Non s’est élargie. En Suisse germanophone, le refus grimpe à 64% (+7 ppt), et à 63% (+14 ppt) en Suisse francophone. En Suisse francophone cependant, la formation de l’opinion continue d’être moins affermie (75% d’intentions de vote fermes) qu’en Suisse germanophone (86%). En Suisse italophone, la majorité absolue de Oui dégagée par la première vague d’enquête a disparu : 48% sont résolument ou plutôt pour (-7 ppt), 47% résolument ou plutôt contre (+10 ppt).

 

 

 

Une observation par type d’habitat montre que ce décalage vers le Non se produit sur tous les territoires. Sur les territoires ruraux, le refus grimpe à 59% (+14 ppt) ; il fait de même sur les territoires intermédiaires (59% soit +11 ppt) et il atteint 65% (+6 ppt) sur les territoires urbains. De la sorte – et le fait est nouveau – l’initiative n’est plus capable de réunir une majorité tant à la campagne que sur les territoires intermédiaires.

La tendance au Non s’est élargie aussi lorsque observée selon des caractéristiques sociodémographiques. L’évolution à l’aune de l’éducation est particulièrement nette : chez les personnes non diplômées d’une école professionnelle, l’approbation est passée de 59 à 42% (-17 ppt), tandis que le refus a atteint 54% (+15 ppt). L’initiative est ainsi incapable, et ce fait est nouveau, de réunir une majorité dans ce groupe. Chez les personnes détenant un niveau d’éducation moyen, le refus atteint 57% (+11 ppt), et 65% (+7 ppt) chez celles ayant un niveau d’éducation élevé.

A l’aune de l’âge, le refus augmente dans tous les groupes. Le positionnement le plus clair continue d’être celui des plus de 65 ans qui s’opposent à l’initiative (67% résolument/plutôt contre, soit +7 ppt). Chez les 18-39 ans, la part de Non monte à 61% (+11 ppt), et à 60% chez les 40-64 ans (+8 ppt). Par sexe également, la tendance au Non se manifeste dans les deux groupes ; elle est un peu plus manifeste chez les femmes (65% , +11 ppt) que chez les hommes (60% , +6 ppt).

De la sorte, le schéma conflictuel n’a pas connu de changement fondamental depuis la première vague d’enquête. Le refus s’est cependant amplifié par-delà la quasi-totalité des groupes politiques, géographiques et sociodémographiques. Plusieurs groupes chez qui l’initiative avait été capable de réunir une majorité dans la première vague d’enquête ont basculé depuis, et c’est nouveau, dans le Non.

Les arguments sont stables dans leur ensemble, le camp contre continue de bénéficier d’un large soutien

Pendant la phase de la campagne principale, les arguments qui approuvent l’initiative sur la neutralité demeurent stables dans l’ensemble. L’argument qui intéresse désormais le plus est celui selon lequel une neutralité crédible, armée et globale maintient la Suisse en dehors des conflits tiers et contribue à sa sécurité (51% , +1 ppt). L’exigence qui était encore la plus forte au cours de la première vague d’enquête, à savoir d’un ancrage de la neutralité perpétuelle dans la Constitution fédérale, voit son taux d’approbation diminuer légèrement et régresser à 48%(-4 ppt). Le moins de soutien continue d’être apporté au renoncement aux mesures économiques coercitives (41%, -3 ppt).

Les arguments contre demeurent eux aussi stables et, dans l’ensemble, clairement capables de réunir une majorité. La coopération internationale en matière de sécurité continue de bénéficier du soutien le plus intense (70%, ±0 ppt), suivie de près par le maintien d’une politique de neutralité flexible (69%, +1 ppt). La possibilité de valider des sanctions prises à l’encontre d’états belligérants (67%, +2 ppt) est également capable de capter une majorité.

De la sorte, la situation d’ensemble sur le terrain de l’argumentation ne change que peu et reste clairement en faveur du camp adverse. 63% présentent un surplus argumentatif penchant vers le camp du Non (+3 ppt), 32% en présentent un autre penchant vers le camp du Oui (-2 ppt) et 5% restent indifférents (-1 ppt). Ainsi se confirme le soutien argumentatif plus large du camp du Non, soutien qui déjà était reconnaissable au cours de la première vague d’enquête.

 

 

L’analyse multivariée montre que les arguments pour continuent de contribuer par eux-mêmes à l’approbation de l’initiative, mais que leur pouvoir explicatif a diminué comparé à la première vague d’enquête. L’effet le plus puissant est produit par le renoncement aux mesures économiques coercitives, suivi de la promesse de sécurité inhérente à une neutralité crédible, armée et complète, ainsi que de l’ancrage de la neutralité perpétuelle dans la Constitution fédérale. Dans le camp contre reste la possibilité de valider des sanctions prises à l’encontre d’états belligérants, argument qui est le principal moteur individuel d’une intention de voter Non. A cela s’ajoute l’exigence de préserver la marge de manœuvre dont dispose aujourd’hui la politique de neutralité flexible. Ainsi l’attitude de refus s’appuie, comparé à la première vague, sur une base argumentative plus large.

La comparaison également entre l’intention de vote et l’index des arguments confirme ce tableau. Dans l’ensemble, les deux paramètres se côtoient (34% d’intentions de voter Oui en face d’un surplus argumentatif de 32% en faveur du Oui). Dans l’environnement de l’UDC, le taux d’approbation de l’initiative (77%) s’avère un peu plus élevé que celui de l’approbation argumentée (71%). Précisément dans le sanctuaire de l’initiative, l’intention de vote n’est donc pas entièrement soutenue par les arguments testés, raison pour laquelle une régression de l’approbation n’est pas exclue.

Tendance dans la formation de l’opinion

Du point de vue de l’approche dispositionnelle, l’initiative sur la neutralité suit clairement, dans la seconde vague d’enquête, le déroulement typique d’une initiative populaire. La majorité en faveur du Non, déjà présente au cours de la première vague, s’est nettement renforcée au cours de la phase de campagne principale. Simultanément, la formation de l’opinion a continué à progresser : non seulement le refus s’accroît dans l’ensemble mais il se consolide, notamment dans le camp du Non.

A ce titre, la tendance au Non bénéfice d’un large soutien. Le schéma conflictuel politique demeure, certes, mais le refus gagne du terrain dans différents groupes politiques, géographiques et sociodémographiques. L’initiative conserve encore sa capacité de réunir une majorité pour l’essentiel dans l’environnement de l’UDC et chez les personnes qui ne font pas confiance au gouvernement. Toutefois, l’approbation régresse aussi dans ces deux milieux centraux. Est particulièrement pertinent, en outre, le fait que l’initiative dans l’intervalle a clairement perdu du terrain dans plusieurs groupes où elle était encore capable de réunir une majorité, ou à minima encore compétitive.

 

Aussi sur le plan de l’argumentation, la situation de départ ne change pas en faveur de l’initiative. Le camp contre conserve un large soutien, et l’intention de voter un refus est portée – fait nouveau – par une base d’argumentation un peu plus large. Simultanément, dans l’environnement de l’UDC, l’approbation effective continue de s’avérer plus élevée que le surplus argumentatif en faveur du Oui. De la sorte, même dans le sanctuaire de l’initiative, une régression supplémentaire de l’approbation n’est pas exclue.

Compte tenu du stade très avancé de formation de l’opinion, des changements importants de position jusqu’au dimanche des votations sont de moins en moins probables. C’est par conséquent surtout la mobilisation des camps existants qui devrait être décisive. Le camp du Oui aurait besoin à cette fin non seulement d’une forte mobilisation de son propre sanctuaire mais aussi d’une inversion de la tendance au Non entre-temps visible à grande échelle. À l’heure actuelle, il n’y a guère d’indices d’un tel contre-mouvement. Un refus de l’initiative sur la neutralité constitue donc clairement le scénario le plus probable.

« Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement de la production indigène durable, à davantage de denrées alimentaires végétales et à une eau potable propre (initiative sur l’alimentation) »

Les intentions de vote actuelles tendent nettement vers le Non

Si l’initiative sur l’alimentation avait été soumise au vote populaire dès le 5 septembre 2026, elle aurait été refusée. 33% de l’électorat désireux de participer aurait certainement ou plutôt voté en faveur du projet, tandis que 64% s’y serait résolument ou plutôt opposé. 3% restent indécis. Ainsi s’est formée, comparé à la première vague d’enquête, une nette tendance au Non : l’approbation a régressé de 14%.

Concernant l’issue attendue de la votation, l’impression que le projet va être refusé a continué de se consolider. 86% (soit une hausse de +10 ppt) des titulaires du droit de vote désirant participer s’attendent à un refus du projet, 14% s’attendent à ce qu’il soit accepté (soit une baisse de -10 ppt). En moyenne, la part de Oui est estimée à 39,4%. De la sorte, l’attitude d’attente qui prévalait déjà clairement du côté du Non lors de la première vague d’enquête a continué de se décaler en direction du refus.

Stade moyen de formation de l’opinion

71% des personnes désireuses de participer manifestent une ferme intention de voter pour ou contre le projet. Comparé à la première vague d’enquête, cette part a nettement augmenté (+11 ppt). Seuls 3% restent indécis (-1 ppt). De la sorte, la formation de l’opinion s’est nettement affermie au fil de la campagne pour les votations.

Un regard rétrospectif sur la genèse des intentions de vote signale également une consolidation avancée. En particulier les personnes qui respectivement approuvent et désapprouvent résolument indiquent dans leur vaste majorité avoir dès le départ été de cet avis. Aussi chez les personnes tendant à s’être décidées, environ les quatre cinquièmes d’entre elles non pas modifié leur position en cours de campagne.

De la sorte, la formation de l’opinion s’est nettement affermie au fil de la campagne pour les votations. Simultanément, la position de refus s’est amplifiée.

Le schéma conflictuel préliminaire est marqué par la politique, sur fond de vaste tendance au Non

Le schéma conflictuel conserve en premier lieu un cachet politique. La ligne de séparation continue d’être la plus forte le long des attachements aux partis, sachant que les intentions de vote, comparé à la première vague d’enquête, ont migré vers le Non sur la quasi-totalité de l’éventail des partis. Uniquement chez les sympathisant-e-s des Vert-e-s, l’approbation conserve une claire majorité avec 78%, mais elle s’affaiblit aussi plus fortement (-6 ppt) qu’au début de la campagne pour les votations.

La situation de départ a changé avec une particulière netteté chez le PS et le PVL. Chez les sympathisant-e-s du PS, le taux d’approbation est redescendu à 49% (-15 ppt). La base du PVL, qui au début était encore majoritairement favorable à l’initiative, enregistre – fait nouveau – une approbation de 42% (-13 ppt) et tend donc en majorité vers le Non. Chez les partis bourgeois, le refus préexistant a continué de se renforcer : la part de Oui baisse au Centre à 22% (soit -15 ppt), à 17% au sein de l’UDC (soit -17 ppt) et à 12% au sein du PLR (soit -15 ppt). Chez les indépendant-e-s aussi, l’approbation régresse à 33% (soit -11 ppt), faisant que de la situation de départ approximativement équilibrée est née une claire majorité favorable au Non.

La tendance au Non s’avère large. Chez les femmes, l’approbation est supérieure aux hommes, mais elle régresse nettement dans les deux groupes. Chez les femmes, la part de Oui se situe – fait nouveau – à 38% (-17 ppt), et à 28% (-11 ppt) chez les hommes. Une observation par catégorie d’âge révèle un décalage en direction du Non dans tous les groupes.

 

 

Les plus jeunes membres de l’électorat restent comparativement les plus enclins à approuver l’initiative (39%, soit -15 ppt), tandis que les parts de Oui chez les 40-64 ans descendent à 31% (soit -14 ppt) et à 30%(soit -12 ppt) chez les plus de 65 ans.

La tendance au Non observée par régions linguistiques se présente également en tapis. En Suisse germanophone, l’approbation descend à 31% (soit -13 ppt). La régression est encore plus nette en Suisse francophone où la part de Oui, partie d’une majorité, descend à 38% (soit -19 ppt). En Suisse italophone aussi, l’approbation recule à 37% (soit -16 ppt). Par type d’habitat, un décalage en direction du Non se manifeste également sur tous les territoires : Sur les territoires ruraux, l’approbation se chiffre encore à 31% (-9 ppt), elle est de 34% (-13 ppt) dans les villes et de 29% (-19 ppt) sur les territoires intermédiaires. Il existe donc, et c’est nouveau, de claires majorité en faveur du Non dans ces trois espaces habités.

Les effets de catégorie sociale restent d’importance secondaire comparé aux différences de nature politique et régionale. Une observation par catégories de revenus des ménages continue de montrer une tendance à approuver plus élevée dans les bas revenus, sachant que les parts de Oui régressent nettement dans toutes les catégories de revenus. Comme au cours de la première vague d’enquête, une observation par niveaux d’éducation ne permet de discerner aucun schéma clair. Ici aussi, l’approbation diminue à tous les niveaux d’éducation.

Argumentaire : les problématiques de base demeurent capables de réunir une majorité, les arguments contre gagnent du poids

Dans la deuxième vague d’enquête, les arguments pour relatifs à l’initiative sur l’alimentation restent clairement capables de réunir une majorité, mais leur approbation s’érode légèrement comparé à la première vague. L’argument qui continue de convaincre le plus fortement est celui énonçant que le changement climatique et la pollution menacent les ressources en eau, ce qui rend nécessaire une planification nationale pour assurer la présence d’eau potable propre et d’eaux souterraines (78%, -6 ppt). L’affirmation selon laquelle la Suisse produit elle-même trop peu de denrées alimentaires et qu’en cas de crises elle dépend trop fortement des importations (71%, -4 ppt), demeure elle aussi clairement capable de réunir une majorité. L’argument selon lequel une biodiversité accrue promeut les rendements agricoles et que les systèmes culturaux durables renforcent la fertilité du sol, continue d’obtenir une claire majorité (62%, -4 ppt).

Face à cela, les arguments contre gagnent en approbation. Fait nouveau, l’argument qui convainc le plus est celui selon lequel il n’est guère réaliste de porter à 70% le taux d’autonomie alimentaire en l’espace de dix ans (74%, +6 ppt) A également augmenté le taux d’approbation dont fait l’objet l’affirmation que des délais rigides menaceraient les investissements en cours et engendreraient des coûts élevés (69%, +7 ppt). Peut en outre réunir une majorité la crainte que plus de produits alimentaires en provenance de la Suisse conduiraient à des réglementations publiques gouvernant l’alimentation (54%).

 

 

L’indexation montre que la situation argumentative de départ s’est donc légèrement décalée en direction du Non. 46% présentent un surplus argumentatif en direction du camp du Oui (-3 ppt), 45% un tel surplus en direction du camp du Non (+3 ppt), et 9% restent indifférents. De la sorte, et c’est nouveau, les deux camps argumentatifs sont à quasi-égalité sur la balance. Le décalage des intentions de vote en direction du Non s’avère toutefois nettement plus marqué que celui visible dans l’index des arguments.

L’analyse multivariée confirme ce tableau. Du côté pour, les trois arguments continuent de rester individuellement en lien avec une approbation accrue de l’initiative. L’effet le plus important est celui de l’argument sur la biodiversité. Demeurent également pertinents la sécurité de l’approvisionnement et la protection des ressources en eau. Dans le camp contre, l’argument le plus producteur d’effet est la crainte que des délais rigides ne menacent les investissements et entraînent des coûts élevés. Sont également générateurs de refus les doutes quant à la faisabilité d’un taux net d’auto-approvisionnement de 70%, ainsi que la crainte que des règlements publics ne viennent gouverner l’alimentation.

Tendance dans la formation de l’opinion

Du point de vue de l’approche dispositionnelle, l’évolution relative à l’initiative sur l’alimentation correspond typiquement à celle d’une initiative populaire. La situation d’impasse constatée au cours de la première vague a cédé le pas à une majorité clairement en faveur du Non au fil de la compagne pour les votations. L’approbation a clairement régressé tandis que le refus s’est renforcé. Pour les initiatives populaires, une telle évolution est typique lorsqu’en cours de campagne, à côté des problématiques fondamentales, la configuration concrète du projet et ses conséquences possibles passent à l’avant-plan.

La tendance au Non s’avère large, elle englobe différents groupes de la société et politiques. L’évolution le long de l’attachement à un parti est particulièrement pertinente : si au cours de la première vague d’enquête l’initiative avait reçu majoritairement du soutien chez les Vert-e-s mais aussi chez les sympathisant-e-s du PS et du PVL, entre-temps il ne reste plus de majorité claire pour le Oui que chez les Vert-e-s. La liberté des délégués, de voter contre l’attitude au Parlement, semble montrer ici ses effets. Aussi dans les groupes restants examinés, l’approbation a diminué pratiquement partout.

A ce titre, le débat tout autour de l’initiative sur l’alimentation continue de se tenir dans l’ombre de l’initiative sur la neutralité et elle ne bénéficie que de comparativement peu d’attention. Simultanément, il manque à l’initiative un vaste soutien politique : elle n’a trouvé aucun soutien au Parlement et aussi les mots d’ordre Non dominent au sein des partis (seuls le PST et les Jeunes Vert-e-x-s recommandent un Oui, les Vert-e-s ont décidé de la liberté de vote). Pour la suite de la formation de l’opinion, cette configuration devrait demeurer pertinente là où les sympathisant-e-s divergeaient encore, au cours de la première vague, des mots d’ordre des partis.

 

Un rapprochement vers les mots d’ordre de refus est déjà reconnaissable : chez les sympathisant-e-s du PS, la majorité initiale en faveur du Oui a cédé le pas à une situation presque équilibrée, et chez le PVL elle a basculé vers une majorité de Non. De la sorte, la formation de l’opinion évolue de plus en plus, dans les milieux de ces deux partis, en direction de recommandations politiques de voter Non.

Sur le plan de l’argumentation, la situation de départ demeure un peu moins claire que pour les intentions de vote. Les problématiques centrales entourant la biodiversité, la sécurité des approvisionnements ainsi que le changement climatique et l’approvisionnement en eau demeurent capables de générer une majorité. Simultanément, les arguments contre ont gagné en approbation, notamment les doutes quant à la faisabilité du degré d’auto-approvisionnement recherché ainsi qu’à la crainte de délais rigides et aux coûts les accompagnant. L’index d’argumentation est donc passé d’un léger avantage pour le camp du Oui à une situation de départ pratiquement équilibrée sur le plan de l’argumentation. De la sorte, les intentions de vote se sont ainsi plus fortement décalées en direction du Non que le jugement argumentatif d’ensemble.

Dans l’intervalle, l’attitude d’attente est elle aussi clairement orientée vers un refus. Simultanément, la formation de l’opinion a continué de se consolider.

De la sorte, aussi bien l’évolution des intentions de vote que la large tendance au Non couvrant différents groupes politiques, sociaux et régionaux parlent pour une opposition au projet. Cette tendance au Non devrait se poursuivre à l’ombre du débat entourant l’initiative sur la neutralité. La situation de départ pour l’initiative sur l’alimentation est devenue très claire comparé à la première vague d’enquête, et elle s’est rapprochée de ce à quoi les votant-e-s s’attendent clairement : à un refus de l’initiative.

Intentions de participer

Remarque sur l’interprétation des intentions de participer :

Les analyses des intentions de participer sont basées sur un nombre de cas (N=509 personnes interrogées, interviews CATI uniquement) inférieur à celui de l’échantillon total. La plage de l’incertitude statistique est donc plus grande en rapport ; l’erreur inhérente à l’échantillon est d’environ ±4,3 ppt. Les différences et changements à l’intérieur de ces analyses doivent donc être interprétés avec la prudence de rigueur, particulièrement dans les petits sous-groupes de l’échantillon (p. ex. dans l’analyse par parti où l’erreur inhérente à l’échantillon augmente encore d’un cran).

Jusqu’à présent, l’intention de participer aux votations du 27 septembre 2026 est légèrement supérieure à la moyenne

La volonté jusqu’à présent mesurée de participer aux votations du 27 septembre 2026 se situe avec 49% légèrement au-dessus de la moyenne à long terme (47,4% entre 2011 et 2026 selon l’OFS). Comparé à la première vague d’enquête, cela correspond à une augmentation de 5 ppt. De la sorte se dessine actuellement, pour le 27 septembre 2026 jour du scrutin, une participation moyenne à légèrement supérieure à la moyenne.

Profil des personnes désireuses de participer

Une observation différenciée par catégories d’âges montre que les différences par rapport à la première vague d’enquête se sont nettement aplanies. Chez les moins de 40 ans, l’intention ferme de voter a clairement augmenté et se situe légèrement au-dessus de la moyenne, ce qui est nouveau. Au sein de l’électorat plus âgé, l’intention d’aller voter demeure par contre stable et se tient approximativement dans la moyenne nationale. A l’aune de l’éducation, une sélectivité sociale claire se manifeste : les personnes détenant un haut niveau d’éducation sont mobilisées plus que la moyenne, tandis que celles détenant un bas niveau d’éducation sont mobilisées nettement moins que la moyenne.

Un regard sous l’angle politique montre qu’actuellement ce sont notamment les sympathisant-e-s du PVL et des Vert-e-s qui sont fortement mobilisés. Les sympathisant-e-s du PS et du Centre présentent eux aussi une intention ferme de voter supérieure à la moyenne. Les titulaires du droit de vote proches du PLR se situent approximativement dans la moyenne nationale.

 

En revanche, les sympathisant-e-s de l’UDC et en particulier les Indépendants sont moins mobilisés que la moyenne. La confiance éprouvée envers le gouvernement révèle également un schéma clair : L’électorat faisant confiance au gouvernement est nettement plus mobilisé que la moyenne, tandis que les milieux qui ne lui font pas confiance le sont clairement moins que la moyenne.

L’intention de vote ferme se situe à 50% en Suisse germanophone, à 47% en Suisse francophone et à 42% en Suisse italophone. Un examen par type d’habitat fait actuellement ressortir une mobilisation supérieure à la moyenne surtout dans les campagnes. Les territoires urbains se situent approximativement dans la moyenne, tandis que les territoires intermédiaires se situent légèrement en dessous.

Jusqu’au dimanche des votations, la composition du corps électoral est encore susceptible de changer.

Façon de citer

Deuxième session de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 27 septembre 2026, réalisée par l’institut de recherche gfs.bern entre le 2 septembre et le 9 septembre 2026 auprès de 12’916 titulaires du droit de vote. La marge d’erreur statistique est donc de +/- 2.8 points de pourcentage.

Méthode et base de données

La partie téléphonique de l’enquête présente a été réalisée par le Service d’enquête gfs, l’institut de recherche gfs.bern est en charge de l’évaluation et de l’analyse des données. Le sondage suit la procédure RDD/Dual Frame, via les réseaux fixe et mobile.

Dans le cadre du mandat SSR, le sondage téléphonique des électeurs est complété par un sondage en ligne depuis l’automne 2018, afin de renforcer la taille d’échantillonnage en Suisse romande et au Tessin. La partie en ligne a été réalisée sous forme de sondage opt-in (sondage participatif) via les portails en ligne de SRG SSR Médias.

 

 

Depuis le début de l’année 2024, avec l’aide de Boomerang Ideas, nous réalisons également des enquêtes systématiques sur les médias sociaux.

Nous ne pouvons émettre aucune affirmation sur la majorité des cantons vu que le nombre de personnes interrogées ne suffit pas pour effectuer des analyses assurées au niveau cantonal.

Vous trouverez ici plus d’informations sur la théorie et la méthode des sondages SRG Trend.

Rapport technique succinct

Commettant : Conférence CR de la SRG SSR
Corpus de base : Titulaires du droit de vote Suisses
Origine des adresses CATI : Plan d’échantillonnage Gabler/Häder pour RDD/dual-frame; corrigé par liste Swiss Interview
Origine des adresses en ligne : Sondage opt-in via les portails Internet de SRG SSR
Relevé des données : par téléphone, assisté par ordinateur (CATI) et en ligne
Nature de l’échantillonnage CATI : randomisé/par régions linguistiques; méthode de la date de naissance dans le foyer selon régions linguistiques
Nature de l’échantillonnage en ligne : Sondage de participation ouvert
Période d’enquête : 2 septembre – 9 septembre 2026
Jour médian de l’enquête : 5 septembre 2026
Taille des échantillons : minimum 1’200, réel 12’916 (Cati: 509, Online: 11’904, Boomerang Ideas: 503, n DCH: 10’893, n FCH: 1’657, n ICH: 366
Erreur d’échantillonnage : ± 2.8 points de pourcentage d’une valeur de 50% (et probabilité de 95%)
Particularités des quotas CATI : régions linguistiques
Particularités des quotas en ligne :
Pondération selon : Pondération dual-frame, langue, lieu de résidence, affinité avec un parti, recall, participation, pondération méthodologique
Durée de l’enquête moyenne CATI : 12.1 minutes (écart-type : 2.8 minutes)
Publication : 16 septembre 2026, 6h00