1ère enquête «SRG Trend» relative à la votation du 27 septembre 2026

Situation en début de campagne :

« Sauvegarder la neutralité suisse (initiative sur la neutralité) » – le camp du Non a une nette longueur d’avance

Initiative sur l’alimentation – au coude à coude

Etude sur mandat de la SRG SSR

Si les votations avaient eu lieu dès le 9 août 2026, l’initiative sur la neutralité aurait été rejetée. Avec l’initiative sur l’alimentation en revanche, la votation se serait soldée par une impasse.

Ces résultats sont un instantané pris à environ sept semaines de l’échéance des votations, et non pas un pronostic quant à l’issue de ces dernières. L’étude décrit la situation de départ, en phase initiale de la campagne principale.

En cette phase précoce de la campagne pour les votations, la formation de l’opinion relative à ces deux projets a progressé différemment. Pour l’initiative sur la neutralité, l’opinion se présente déjà comparativement bien affirmée. 73 % des personnes désireuses de participer indiquent avoir une intention ferme de voter pour ou contre le projet. La formation de l’opinion est moins avancée concernant l’initiative sur l’alimentation. Ici, 60 % seulement des personnes désireuses de participer manifestent un avis ferme pour ou contre cette initiative. L’argumentaire étayant les décisions de vote est déjà clairement reconnaissable lui aussi au début de la campagne principale autour de l’initiative sur la neutralité. Les contours de l’argumentaire entourant l’initiative sur l’alimentation demeurent par contre moins marqués.

Le taux de participation (44 %) au scrutin en cette phase initiale est inférieur à la moyenne sur de longues années (47,4 %) entre février 2011 et juin 2026 selon l’OFS.

Toutes les indications fournies valent avec une probabilité de 95 % affectée d’une marge d’imprécision de ±2,8 %. La campagne pour les votations et la formation de l’opinion viennent juste de commencer et elles peuvent, la preuve en est établie, influencer les proportions de Oui et de Non dans les votations. À cela s’ajoutent des effets découlant de la mobilisation, encore inconnue, déclenchée par les campagnes.

Les constats de l’enquête font l’objet d’un positionnement théorique par le gfs.bern à l’aide de l’approche dispositionnelle.

Ici sont disponibles des informations de fond sur les projets objets des votations du 27 septembre 2026, et ici sur la méthode des enquêtes de tendance SRG.

En outre, vous pouvez télécharger ici un recueil complet de graphiques.

Initiative sur la neutralité

Intentions de vote actuelles : une nette longueur d’avance pour le camp du Non

Début 2026, 54 % des titulaires du droit de vote désirant participer auraient résolument ou plutôt voté contre l’initiative sur la neutralité. 42 % auraient résolument ou plutôt voté pour, 4 % n’ont pas encore pu ou voulu se décider. Le camp du Non entre ainsi dans la campagne principale pour les votations avec une avance de 12 %. Dans cette première vague d’enquête, l’initiative sur la neutralité présente une prédisposition clairement négative.

L’estimation aussi de ce que sera l’issue de la votation s’oriente en direction du Non : 59 % des personnes désireuses de participer partent d’un refus et 41 % d’une adoption. En moyenne, la part de Oui est estimée à 48,2 %. Le résultat s’avère ainsi plus serré que les intentions de vote actuelles.

Le stade formation de l’opinion est avancé

La formation de l’opinion est déjà bien avancée. 73 % ont une intention de vote ferme : 30 % sont résolument pour et 43 % résolument contre. 23 % supplémentaires expriment une intention de vote moins ferme, tandis que seulement 4 % n’indiquent aucune intention de vote. La part comparativement faible d’indécis-e-s et la forte part de votes résolus parlent pour un tableau d’opinion déjà très bien dessiné.

Le schéma conflictuel préliminaire : le parti et la confiance envers le gouvernement structurent l’intention de vote

La ligne de démarcation la plus accusée longe l’attachement à un parti. Au sein de l’électorat UDC, 86 % veulent voter en faveur de l’initiative. Au sein de tous les autres électorats de partis, le Non domine clairement : il est de 78 % chez les Vert-e-s, de 86 % chez le PS, de 81 % chez le PVL, de 74 % au Centre et de 64 % chez le PLR. En situation de départ, les sympathisant-e-s de l’UDC paraissent ainsi, comparés aux sympathisant-e-s d’autres partis, plus isolés que lors d’autres initiatives de l’UDC en lien avec la politique étrangère ou de sécurité. Chez les Indépendant-e-s en revanche, une majorité ténue de Oui est présente (52 %), qui fait face à 44 % de Non. Et c’est exactement ici que l’initiative s’étend, avant la campagne principale, au-delà de la base de l’UDC.

Une autre ligne de démarcation capitale est tracée par la confiance envers le gouvernement. Les personnes n’ayant pas confiance dans le gouvernement soutiennent l’initiative à 59 %, tandis que celles qui lui font confiance la refusent à 69 %. Le projet rassemble ainsi, outre le soutien monolithique rencontré dans la sphère de l’UDC, également un potentiel plus large de personnes critiques envers le gouvernement.

Des différences se manifestent aussi sur le plan régional. En Suisse italophone, une majorité de 55 % est en place. En Suisse germanophone le Non prévaut avec 57 %, et en Suisse francophone 49 % sont critiques. Au moins pour l’instant, en Romandie, l’idée d’ancrer la neutralité dans la Constitution paraît assez intéressante comparée à la base électorale moindre de l’UDC (43 % d’approbation).

 

 

 

Une observation par type de zone habitée montre des différences nettes dès cette situation de départ : dans les villes, l’initiative est refusée par 59 %, tandis qu’une étroite majorité de 51 % est présente en milieu rural. Sur les territoires intermédiaires, le Oui et le Non se tiennent presque en équilibre (resp. 49 % et 48 %). Le fossé ville/campagne avait déjà été considérable lors de l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! ». Il semble que ce schéma se dessine à nouveau.

Une observation par critères sociodémographiques fait ressortir surtout le niveau d’éducation. Les personnes ayant un niveau d’éducation réduit soutiennent l’initiative à 59 %, celles détenant un background universitaire la refusent à 58 % ; chez celles ayant un niveau d’éducation moyen, les proportions sont approximativement équilibrées (50 % de Oui et 46 % de Non). Une observation par âges livre des Non majoritaires dans tous les groupes d’âges, ceci étant le plus net (60 %) chez les plus de 65 ans. Les générations qui ont connu la guerre froide ont tendance à être plus critiques vis-à-vis du projet. Les différences par catégories de revenus sont plus faibles et leur tracé n’est pas linéaire de bout en bout. L’observation par sexe et par domiciliation en Suisse ou à l’étranger ne révèle aucunes différences substantielles.

Argumentaire : le camp Contre s’appuie sur la base plus vaste ; l’ancrage dans la constitution est le plus puissant moteur du Oui

Au cours de cette première vague d’enquête, le camp du Non dispose d’une base d’argumentation plus largement étayée. Les trois arguments Contre testés sont tous clairement capables de réunir une majorité. 70 % ont approuvé l’affirmation énonçant que la coopération internationale pour la sécurité dicte de s’entraîner avant une attaque, et qu’un manque d’échanges menace la fiabilité et la sécurité de la Suisse. 68 % veulent préserver la marge de manœuvre offerte aujourd’hui par la politique de neutralité flexible. 65 % trouvent que la Suisse doit pouvoir valider des sanctions prises contre des Etats belligérants afin de ne pas affaiblir l’effort en faveur du droit international public et de l’ordre international.

Dans le camp Pour, l’argument d’un ancrage de la neutralité perpétuelle dans la Constitution est celui le mieux à même de réunir une majorité. 52 % ont reconnu que cela vise à empêcher qu’une interprétation diffère selon la situation politique du moment ; 41 % les ont contredits. L’affirmation selon laquelle une neutralité crédible, armée et complète maintient la Suisse en dehors de conflits extérieurs et accroît sa sécurité, reçoit l’adhésion de 50 % et le refus de 46 % de l’électorat. En revanche, l’exigence d’un renoncement fondamental à des mesures économiques coercitives ne trouve pas de majorité : 44 % ont approuvé cet argument et 50 % l’ont rejeté.

Une observation d’ensemble montre un net surplus argumentatif en direction du Non. Dans l’index des arguments, 60 % présentent un bilan de refus, 34 % un bilan d’approbation et 6 % un bilan indifférent.

 

 

 

La part actuelle de Oui (42 %) est donc supérieure de 8 points de pourcentage à la part argumentative de Oui. Ce schéma se manifeste dans tous les groupes rattachés à des partis. La différence est particulièrement marquée dans l’environnement de l’UDC avec 86 % d’intentions de vote en faveur de l’initiative face à un surplus argumentatif de 72 % pour le Oui, ainsi que chez les Indépendants avec 52 % face à 37 % Une partie de l’approbation d’aujourd’hui est donc plus fortement ancrée dans la proximité politique ou fondamentale vis-à-vis du projet que dans le bilan des arguments testés.

L’analyse multivariée précise le cœur argumentatif de la décision. La plus forte influence intrinsèque en faveur de l’initiative est exercée par l’exigence d’ancrer la neutralité perpétuelle dans la Constitution fédérale et d’empêcher ainsi une interprétation politique fluctuante. Intrinsèquement efficaces en faveur du Oui sont également la promesse de sécurité portée par une neutralité crédible, armée et complète ainsi que l’argument énonçant que les sanctions frappent fréquemment la population civile au lieu des responsables. Dans le camp du Non, c’est avant tout l’exigence de valider des sanctions prises à l’encontre d’Etats belligérants pour soutenir le droit international public et l’ordre international qui s’avère efficace. Les évocations largement acceptées de la coopération internationale pour la sécurité et d’une politique de neutralité flexible marquent certes le Non par leur contenu, mais elles n’exercent pas, sous le contrôle des arguments et particularités restants, d’influence supplémentaire indépendante sur l’intention de vote.

 

Évolution de la formation de l’opinion

Comparé à la première vague d’enquête sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! », la situation de départ est moins ouverte. Les parts de Oui et de Non étaient alors au coude à coude avec 47 % ; concernant l’initiative sur la neutralité, le Non domine avec 54 % contre 42 % et en plus avec un net surplus argumentatif. Les deux projets ont en commun de présenter un stade déjà avancé de formation de l’opinion. C’est depuis une situation de défensive structurelle que l’initiative sur la neutralité entre dans la campagne principale pour les votations. Le camp du Non dispose d’un nette avance en termes d’intentions de vote, il est plus souvent attendu d’avance comme gagnant et il est adossé à une base argumentaire plus large. Le Oui est capable de réunir une majorité principalement dans l’environnement de l’UDC, chez les personnes ne faisant pas confiance au gouvernement ainsi que dans certains groupes régionaux et sociaux. Or les sympathisant-e-s de l’UDC ont toutefois été mobilisés moins que la moyenne jusqu’à présent.

 

En Romandie, l’idée de l’initiative jouit d’un soutien plutôt large en situation de départ. Du point de vue du contenu, le projet se décide au contact de deux entendements de la neutralité concurrents : une neutralité durablement ancrée dans le droit constitutionnel à titre de promesse de sécurité, et une politique de neutralité flexible, qui continue d’admettre la coopération internationale et la prise de sanctions.

L’aspect-clé au cœur de ce qui va suivre : le camp du Oui parviendra-t-il à élargir son soutien argumentatif au-delà des milieux-clés actuels, ou la majorité en faveur du Non continuera-t-elle de se consolider ? Il est plutôt typique, avec les initiatives, que les sympathies initiales envers la problématique se résorbent au fil du débat sur les faiblesses. Un refus de l’initiative sur la neutralité constitue par conséquent le scénario le plus vraisemblable.

Initiative sur l’alimentation

Intentions de vote actuellement au coude à coude

Si la votation au sujet de l’initiative sur l’alimentation avait eu lieu dès le début du mois d’août 2026, 49 % des titulaires du droit de vote ayant fermement l’intention de voter auraient résolument ou plutôt voté contre elle, tandis que 47 % auraient résolument ou plutôt voté pour elle. Compte tenu de l’erreur d’échantillonnage, il s’agit là d’une situation d’impasse avec seulement 4 % d’indécis-e-s.

Les attentes quant à l’issue de la votation sont plus critiques. 76 % des personnes désireuses de participer s’attendent à un refus le 27 septembre 2026, et 24 % à une adoption. La part de Oui est estimée en moyenne à 42 %.

Stade moyen de formation de l’opinion

60 % des personnes jusqu’à présent mobilisées ont déjà résolument des intentions pour (27 %) ou contre (33 %). Cela est révélateur d’un stade de formation de l’opinion peu à moyennement avancé. Les intentions de vote ne coïncidant pas encore entièrement avec les attitudes argumentatives, il continue d’y avoir de la marge pour des effets de la campagne.

Le schéma conflictuel préliminaire : Oui à gauche et un soutien accru des femmes et des jeunes

Déjà en début de phase initiale, un schéma conflictuel clair touchant aux politiques partisanes se dessine autour de l’initiative sur l’alimentation. L’approbation est particulièrement marquée chez les sympathisant-e-s des Vert-e-s : 84 % veulent accepter le projet, sachant même qu’une majorité de 61 % est résolument pour. Chez les sympathisant-e-s du PS également, 64 % forment une majorité clairement favorable au projet tandis que l’approbation est plus serrée (55 %) chez les sympathisant-e-s du PVL. A la différence des sympathisant-e-s des Vert-e-s, l’approbation dans les deux groupes derniers cités est moins affermie : respectivement 36 % et 30 % sont résolument pour. Fait remarquable : les sympathisant-e-s du PS et du PVL tendent ainsi majoritairement vers le Oui malgré les recommandations de vote de ces partis. Chez les Vert-e-s, qui ont décidé de la liberté de vote, l’approbation ressort avec une particulière netteté aussi bien dans son ensemble que relativement à sa fermeté. Comme on l’observe fréquemment dans les projets touchant à la politique environnementale, la ligne de démarcation se situe, en situation de départ, entre les sympathisant-e-s du PVL et leurs homologues du Centre. En revanche, le refus prédomine chez les sympathisant-e-s des partis bourgeois classiques : le Centre, l’UDC et le PLR. Là, les parts de Oui sont de 37 %, 34 % et 27 %. Par contre, chez les titulaires du droit de vote sans attaches partisanes, le tableau se présente de façon presque équilibrée : 44 % veulent approuver le projet et 47 % le refusent. Simultanément, la part d’indécis-e-s est comparativement élevée dans ce groupe (9 %). De la sorte, aucune majorité claire n’est reconnaissable dans ce groupe.

Pour les objets de votation relevant de la politique environnementale, l’approbation est souvent plus forte en territoire urbain que dans les régions rurales. Dans l’initiative sur l’alimentation, ce schéma n’est qu’en partie reconnaissable :

 

 

dans les campagnes, l’approbation est la plus faible (40 %) ; elle s’avère la plus élevée dans les zones intermédiaires (48 %), légèrement devant les territoires urbains (47 %). Les différences entre femmes et hommes sont plus prononcées que celles observées par type de zone habitée. Tandis que 55 % des femmes veulent accepter l’initiative sur l’alimentation, ce n’est le cas que pour seulement 39 % des hommes. Des différences claires se manifestent aussi entre les groupes d’âge. Le taux d’approbation est le plus élevé chez les 18 à 39 ans (54 %). Chez les 40 à 64 ans, il se situe à 45 % et chez les plus de 65 ans à 42 %. L’approbation diminue, par conséquent, avec l’avancée en âge.

Le niveau d’approbation varie également selon le revenu du ménage. L’initiative sur l’alimentation bénéficie actuellement d’un vaste soutien chez les titulaires du droit de vote ayant de bas revenus : 57 % des personnes dont le revenu du ménage est inférieur à 3’000 francs, tout comme 57 % de celles dont le revenu se situe entre 3’000 et 5’000 francs sont certainement ou plutôt favorables à l’initiative. Par contre, une observation selon le niveau d’éducation scolaire ne fait ressortir aucun schéma clair. Chez les personnes ayant un niveau d’éducation scolaire réduit, la part de Oui est de 50 %, chez celles dont ce niveau est moyen elle est de 45 %, et de 48 % chez celles dont ce niveau est élevé.

En situation de départ, c’est en Suisse francophone que cette initiative rencontre le plus de sympathies (57 % résolument ou plutôt pour). En Suisse italophone également, l’initiative sur l’alimentation est majoritairement soutenue (53 %), tandis que les personnes interrogées en Suisse germanophone ont une attitude nettement plus critique (44 %).

Actuellement, les Suisses de l’étranger apportent à l’initiative un soutien nettement plus marqué (58 %) que les titulaires du droit de vote domiciliés en Suisse (46 %).

Argumentaire

Dans l’ensemble, les arguments en faveur de l’initiative sur l’alimentation rencontrent une vaste approbation. L’argument convaincant le plus fortement est celui selon lequel le changement climatique et la pollution menacent les ressources en eau et qu’il faut par conséquent une planification nationale pour assurer la présence d’eau potable propre et d’eaux souterraines (84 % absolument/plutôt d’accord). Est aussi nettement capable de réunir une majorité l’affirmation selon laquelle la Suisse, aujourd’hui, produit trop peu de denrées alimentaires elle-même et qu’elle dépend ainsi trop fortement d’importations en temps de crise (75 % absolument/plutôt d’accord). Autre argument un peu moins soutenu, mais lui aussi par une majorité claire : une biodiversité plus forte promeut les rendements agricoles, les systèmes de cultures durables renforcent la fertilité du sol et peuvent remplacer les pesticides et engrais (66 % absolument/plutôt d’accord).

Les arguments contre l’initiative sur l’alimentation bénéficient eux aussi d’une approbation majoritaire. L’affirmation la plus convaincante énonce que ce que la population suisse est autorisée ou non à manger ne devrait pas être dicté par des réglementations de l’Etat (69 % absolument/plutôt d’accord). Presque autant d’approbation reçoit l’argument énonçant qu’il n’est pas très réaliste de vouloir porter le taux d’auto-approvisionnement net à 70 % en l’espace de dix ans (68 % absolument/plutôt d’accord). La critique selon laquelle des délais rigides menacent les investissements en cours et qu’ils risquent de provoquer des coûts élevés (62 % absolument/plutôt d’accord) peut elle aussi réunir une majorité.

 

 

Une observation d’ensemble montre un léger surplus argumentatif en faveur de l’initiative sur l’alimentation : 49 % personnes interrogées tendent, sur le plan de l’argumentation, vers le camp du Oui, 42 % vers le camp du Non, tandis que 9 % restent indifférents. De la sorte, la situation argumentative de départ s’avère un peu plus positive que les intentions de vote actuelles.

L’analyse multivariée des arguments montre que la formation de l’opinion à propos de l’initiative sur l’alimentation est marquée aussi bien par des réflexions écologiques et relevant de la politique d’approvisionnement que par des doutes concernant sa mise en œuvre. L’argument qui joue le plus fortement en faveur de l’objet est la conviction qu’une biodiversité plus élevée favorise les rendements agricoles et que des systèmes de culture durables renforcent la fertilité des sols. D’une efficacité un peu plus faible mais non moins claire est la crainte d’une trop forte dépendance vis-à-vis des importations de denrées alimentaires, ainsi que le souhait d’une planification nationale pour la protection des ressources en eau. La crainte que des délais rigides menacent les investissements en cours et entraînent des coûts élevés agit le plus puissamment contre le projet. Selon une moindre ampleur mais avec tout autant de clarté agissent les doutes relatifs à la faisabilité d’un taux d’auto-approvisionnement net de 70 % au cours des dix prochaines années, ainsi que le refus de réglementation de l’Etat quant à ce que les Suisses sont autorisé-e-s à manger.

Tendance dans la formation de l’opinion

En l’absence d’une connaissance de la suite de la dynamique dans la formation de l’opinion, l’issue de la votation du 27 septembre 2026 reste ouverte. Les intentions de vote montrent actuellement un coude à coude, avec une légère avance du camp du Non. Simultanément, la situation d’ensemble en termes d’argumentaire penche légèrement en faveur de l’initiative sur l’alimentation. Cet écart suggère que la formation de l’opinion n’est pas encore achevée et que des décalages seront possibles durant la suite de la campagne pour la votation. A cela s’ajoute le fait que les sympathisant-e-s du PS et du PVL s’écartent en majorité, actuellement, des recommandations de refus émises par leurs partis respectifs. Dans ces groupes justement, un réalignement sur les recommandations de vote paraît vraisemblable aussi longtemps que la campagne et le débat se déroulent dans l’ombre de l’initiative pour la neutralité.

 

Actuellement, la formation de l’opinion est moyennement avancée, de sorte qu’une marge persiste pour la campagne principale. L’aspect décisif sera peut-être celui-ci : quels arguments prendront du poids au fil de la campagne pour la votation, bien que le débat ne suscite que peu d’intérêt ? Il est fréquent que de telles propositions perdent beaucoup de sympathies lorsque la formation de l’opinion approche de la fin. Cela est très fréquemment révélateur du cas normal de formation de l’opinion en direction de la position du Conseil fédéral et du Parlement : une partie des personnes (ayant tendance à être) Pour ainsi que les indécis-e-s tendent vers la fin – et malgré des sympathies pour la problématique – à voter plutôt Non.

Intentions de participer

Jusqu’à présent, une intention de participer aux votations du 27 septembre 2026 inférieure à la moyenne

La volonté jusqu’à présent mesurée de participer aux votations du 27 septembre 2026 se situe, avec 44 %, en dessous de la moyenne à long terme (47,4 % entre février 2011 et juin 2026 selon l’OFS). Dans cette phase précoce de la campagne pour les votations immédiatement consécutive aux vacances estivales, les deux projets ne mobilisent pas des pans vraiment importants de la population.

 

 

Ce taux devrait augmenter au fur et à mesure que le dimanche des votations approche, de sorte que le jour du scrutin, le 27 septembre 2026, une participation moyenne se dessine.

Profil des personnes désireuses de participer

Comme d’habitude en présence d’intentions de vote réduites, ce sont les titulaires du droit de vote d’un certain âge, détenant un niveau d’éducation élevé qui, comparés à leurs groupes antagonistes, manifestent des intentions accrues d’aller voter. Actuellement, les titulaires du droit de vote moins jeunes signalent une volonté accrue de participer (18-39 ans : 37%, 40-64 ans : 45%, 65 ans et plus : 53 %). L’intention de participer augmente aussi légèrement avec l’augmentation du niveau d’éducation scolaire (niveau bas : 41%, moyen : 43%, élevé : 45 %).

Une observation sous l’angle politique montre des intentions de participation fermes supérieures à la moyenne chez les sympathisant-e-s des Vert-e-s, du PLR, du Centre et du PS (67 %, 59 %, 49 %, 48 %). Sont en revanche mobilisés moins que la moyenne les sympathisant-e-s de l’UDC (40 %) et en particulier du PVL (36 %). Les titulaires du droit de vote ayant fondamentalement confiance dans le gouvernement présentent une intention de participer plus élevée (48 %). Face à eux, les milieux ne lui faisant pas confiance se situent en dessous de la moyenne avec 43 %.

 

Une observation par régions linguistiques montre que la mobilisation est plus élevée en Suisse germanophone et francophone qu’en Suisse italophone (DCH : 45 %, FCH : 44 %, ICH : 36 %). Une observation par type de zone habitée aussi révèle des différences, sachant que les titulaires du droit de vote vivant sur les territoires intermédiaires manifestent les plus fortes intentions de participer (52 %), suivis de leurs homologues vivant dans les campagnes (49 %). L’intention de participer est plus faible dans les villes (42 %).

Au fil de la campagne pour les votations, le débat devrait se propager à d’autres milieux. De la sorte, la composition du corps électoral est susceptible de changer d’ici le 27 septembre 2026.

Façon de citer

Première session de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 27 septembre 2026, réalisée par l’institut de recherche gfs.bern entre le 3 août et le 16 août 2026 auprès de 17’212 titulaires du droit de vote. La marge d’erreur statistique est donc de +/- 2.8 points de pourcentage.

Méthode et base de données

La partie téléphonique de l’enquête présente a été réalisée par le Service d’enquête gfs, l’institut de recherche gfs.bern est en charge de l’évaluation et de l’analyse des données. Le sondage suit la procédure RDD/Dual Frame, via les réseaux fixe et mobile.

Dans le cadre du mandat SSR, le sondage téléphonique des électeurs est complété par un sondage en ligne depuis l’automne 2018, afin de renforcer la taille d’échantillonnage en Suisse romande et au Tessin. La partie en ligne a été réalisée sous forme de sondage opt-in (sondage participatif) via les portails en ligne de SRG SSR Médias.

 

 

Depuis le début de l’année 2024, avec l’aide de Boomerang Ideas, nous réalisons également des enquêtes systématiques sur les médias sociaux.

Nous ne pouvons émettre aucune affirmation sur la majorité des cantons vu que le nombre de personnes interrogées ne suffit pas pour effectuer des analyses assurées au niveau cantonal.

Vous trouverez ici plus d’informations sur la théorie et la méthode des sondages SRG Trend.

Rapport technique succinct

Commettant : Conférence CR de la SRG SSR
Corpus de base : Titulaires du droit de vote Suisses
Origine des adresses CATI : Plan d’échantillonnage Gabler/Häder pour RDD/dual-frame; corrigé par liste Swiss Interview
Origine des adresses en ligne : Sondage opt-in via les portails Internet de SRG SSR
Relevé des données : par téléphone, assisté par ordinateur (CATI) et en ligne
Nature de l’échantillonnage CATI : randomisé/par régions linguistiques; méthode de la date de naissance dans le foyer selon régions linguistiques
Nature de l’échantillonnage en ligne : Sondage de participation ouvert
Période d’enquête : 3 août – 16 août 2026
Jour médian de l’enquête : 09 août 2026
Taille des échantillons : minimum 1’200, réel 17’212 (Cati: 504, Online: 16’161, Boomerang Ideas: 547), n DCH: 13’985, n FCH: 2’823, n ICH: 404
Erreur d’échantillonnage : ± 2.8 points de pourcentage d’une valeur de 50% (et probabilité de 95%)
Particularités des quotas CATI : régions linguistiques
Particularités des quotas en ligne :
Pondération selon : Pondération dual-frame, langue, lieu de résidence, affinité avec un parti, recall, participation, pondération méthodologique
Durée de l’enquête moyenne CATI : 11.6 minutes (écart-type : 2.7 minutes)
Publication : 21 août 2026, 6h00