Sur mandat de Novo Nordisk
À la demande de Novo Nordisk, gfs.bern a réalisé le « Baromètre de l'obésité », une étude en deux parties portant sur la perception, l'acceptation et la prise en charge de l'obésité en Suisse.
L’enquête a porté, d’une part, sur la population résidente suisse âgée de 16 ans et plus (N = 1 539) et, d’autre part, sur les médecins généralistes ainsi que sur les spécialistes de l’obésité (N = 116).
Cette étude examine la manière dont la population et le corps médical perçoivent l’obésité, le degré de stigmatisation dont sont victimes les personnes concernées, les expériences en matière de traitements et de prise en charge, l’efficacité perçue des mesures de prévention et des mesures politiques, ainsi que les acteurs considérés comme essentiels.
Les détails méthodologiques figurent à la fin du tableau de bord.
La population considère que trois maladies sont particulièrement stigmatisées :
Les maladies somatiques telles que les maladies cardiovasculaires (26 %) ou le diabète de type 2 (28 %) sont clairement associées à des niveaux de stigmatisation nettement plus faibles.
Au sein du corps médical, la perception de la stigmatisation est encore plus marquée : 97 % des médecins interrogés considèrent que les personnes en surpoids important sont très fortement (59 %) ou assez fortement (38 %) stigmatisées. L’obésité arrive ainsi en tête du classement d’un point de vue médical, suivie des addictions (90 %) et des maladies psychiques (91 %). La population et le corps médical parviennent donc à la même conclusion : en Suisse, l’obésité fait l’objet d’une stigmatisation d’un niveau comparable à celui des maladies psychiques et des addictions, et qui dépasse nettement celui de toutes les autres maladies courantes.
En ce qui concerne l’importance des mesures sociales et politiques de lutte contre les maladies courantes, le tableau qui se dégage au sein de la population est nuancé. Les cancers arrivent en tête (89 % jugent ces mesures très ou plutôt importantes), suivis des maladies cardiovasculaires (86 %) et des troubles psychiques (également 86 %). L’obésité atteint 81 %, ce qui la place en bas du classement, juste devant les troubles musculo-squelettiques (79 %).
Bien que la stigmatisation perçue soit la plus forte, l’obésité n’est pas considérée par la population comme le défi politique le plus urgent.
Au sein du corps médical, cet ordre s’inverse. 97 % des médecins considèrent que les mesures sociales et politiques de lutte contre l’obésité sévère sont très importantes (83 %) ou plutôt importantes (14 %). D’un point de vue médical, l’obésité se classe ainsi à la deuxième place, à égalité avec les troubles psychiques (97 %), juste derrière le diabète de type 2 (98 %).
Il existe donc un écart important entre la population et le corps médical en matière de hiérarchisation des priorités : ce que la population classe comme l’avant-dernière maladie courante, les médecins la considèrent comme l’une des plus importantes.
Une majorité de la population s’est activement intéressée à la question de l’obésité au cours des douze derniers mois : 59 % des personnes interrogées déclarent avoir entendu, vu ou lu quelque chose à ce sujet.
36 % répondent par la négative, 5 % ne se prononcent pas. L’obésité occupe donc une place importante dans la perception du grand public.
Chez les personnes qui se souviennent d’informations assorties d’un contenu, ce sont les thèmes liés aux traitements qui prédominent : 19 % se souviennent d’articles sur le traitement médicamenteux, 11 % se souviennent d’articles de presse ou de documentaires télévisés. 11 % des personnes interrogées citent également divers thèmes liés au traitement (c’est-à-dire la catégorie « Autres » regroupant les mentions individuelles dans le domaine « Traitement » : par exemple, la prise en charge des frais, l’influence des parents, des indications vagues sur les possibilités de mener une vie saine, des déclarations vagues et générales). 13 % mentionnent le débat sur l’obésité en tant que maladie, et environ une personne sur dix se souvient des causes, d’histoires personnelles ou de la prévalence croissante de cette pathologie.
Parmi les personnes ayant pris connaissance de contenus concernant Novo Nordisk, 17 % les jugent positifs, 13 % neutres et 14 % négatifs ; 42 % déclarent n’avoir rien entendu de spécifique concernant Novo Nordisk.
En ce qui concerne les opinions sur l’obésité, on observe une double tendance au sein de la population : d’une part la reconnaissance de cette maladie est forte mais, d’autre part, on attribue aux personnes concernées une grande part de responsabilité personnelle.
Au sein du corps médical, la reconnaissance de cette affection en tant que maladie est encore plus évidente :
En ce qui concerne les causes, la situation s’inverse toutefois par rapport à celle observée au sein de la population :
Le point de vue médical décharge ainsi plus nettement les personnes concernées de toute attribution individuelle de responsabilité, tout en continuant, à l’instar de la population, à mettre l’accent sur la responsabilité individuelle (83 % d’avis favorables).
En ce qui concerne la connaissance des complications, la population présente un tableau nuancé. L’obésité est principalement associée aux maladies cardiovasculaires (83 %), aux problèmes articulaires et musculo-squelettiques (81 %) ainsi qu’au diabète de type 2 (74 %). Les maladies respiratoires (63 %), les troubles psychiques (61 %) et la stéatose hépatique (61 %) sont également cités par une majorité des personnes interrogées.
En revanche, il existe un manque de connaissances manifeste concernant le lien avec les cancers : seuls 29 % de la population associent certains types de cancer à l’obésité, bien que ce lien soit médicalement bien établi.
Ce problème touche une grande partie de la population. 9 % des personnes interrogées déclarent être elles-mêmes touchées par l’obésité. 29 % connaissent des personnes concernées dans leur entourage proche, 27 % dans leur entourage lointain ; 42 % déclarent ne connaître personne dans ce cas.
Chez les personnes concernées, la durée moyenne de la maladie se situe majoritairement entre 5 et 30 ans, avec des pics marqués à 10 et 20 ans, ce qui témoigne de la nature chronique de la maladie.
L’évaluation des soins médicaux par les personnes concernées est très contrastée : sur une échelle allant de 1 (très mauvaise) à 10 (très bonne), 18 % attribuent la note la plus basse (1) et 10 % supplémentaires la note 2.
Parallèlement, un deuxième pic se situe dans la fourchette positive (notes 7 à 8 : 27 % au total), la moyenne s’établissant à 5 (17 %). La prise en charge n’est donc perçue ni comme uniformément bonne, ni comme uniformément mauvaise, mais comme très inégale.
Parmi les traitements suivis, ce sont les offres facilement accessibles qui prédominent chez les personnes concernées : 71 % ont eu recours à un régime ou à des conseils nutritionnels, et 55 % à une kinésithérapie ou à une thérapie par le sport. 43 % déclarent avoir déjà suivi un traitement médicamenteux prescrit par un médecin, et 30 % une thérapie comportementale ou une psychothérapie.
Les programmes pluridisciplinaires (22 %) et, en particulier, la chirurgie bariatrique (11 %) sont nettement moins souvent cités. Seuls 5 % des personnes interrogées déclarent n’avoir eu recours à aucune de ces formes de traitement.
Parmi les personnes concernées qui ont déjà bénéficié d’un traitement médical, 51 % sont encore actuellement sous traitement.
Les déclarations des personnes directement concernées au sujet des traitements médicaux mettent en évidence des lacunes importantes dans la prise en charge.
Dans l’ensemble, le constat est sans appel : la discrimination, tant de la part de la population que des professionnels de santé, ainsi que le manque d’offres en ligne compliquent l’accès au traitement.
Parmi les personnes concernées qui ont arrêté leur traitement, ce sont les raisons psychosociales et organisationnelles qui prédominent :
Viennent ensuite la stigmatisation pendant le traitement (22 %) et les coûts financiers (20 %). Seuls 17 % des participants ont arrêté le traitement parce qu’ils avaient atteint leur poids cible.
84 % des médecins interrogés prescrivent eux-mêmes des traitements médicamenteux pour traiter le surpoids ou l’obésité.
Parmi les médecins qui prennent eux-mêmes l’initiative de prescrire des traitements (n = 97), 72 % font état d’une augmentation des consultations liées à l’obésité au cours des douze derniers mois, tandis que 28 % indiquent que leur fréquence est restée stable. Aucune diminution n’est signalée. La demande de traitements médicaux est donc clairement en hausse.
80 % confirment que les contraintes administratives compliquent la mise en place d’un accompagnement structuré. 75 % indiquent qu’il manque des offres interdisciplinaires structurées vers lesquelles les patient·e·s pourraient être orienté·e·s. 52 % font état d’un manque de temps.
Le corps médical voit également un large potentiel d’impact dans le domaine de l’accompagnement précoce. C’est en mettant davantage l’accent sur l’activité physique que l’on estime obtenir les meilleurs efficacité : 92 % considèrent cette mesure comme très efficace ou plutôt efficace. Le taux d’adhésion est presque aussi élevé en ce qui concerne la sensibilisation accrue à une alimentation saine, avec 90 %.
Une collaboration renforcée avec les professionnels (84 %) et une attention accrue accordée aux services de conseil aux mères et aux pères (84 %), ainsi que des campagnes de sensibilisation auprès des groupes à risque (83 %), recueillent également un large soutien. Un plan d’action national pour la prévention et le traitement de l’obésité est jugé efficace par 74 % des personnes interrogées, mais c’est avec 48 % qu’il affiche le deuxième pourcentage le plus élevé de réponses « très efficace ». 76 % considèrent que l’assouplissement des critères de remboursement des médicaments est efficace, et 71 % estiment qu’une meilleure prise en compte des prestations dans les tarifs est efficace.
En ce qui concerne les déclarations relatives à la prévention, un consensus clair se dégage au sein de la population : 96 % des personnes interrogées estiment que l’éducation à une alimentation saine et à l’activité physique doit commencer dès l’enfance. 90 % considèrent qu’une meilleure compréhension des causes de l’obésité contribue à lutter contre les préjugés. La population est divisée quant à l’accès universel à la prévention : 57 % estiment qu’il suffit que les personnes présentant un risque accru en bénéficient, tandis que 39 % rejettent cette approche sélective.
Le corps médical adhère encore plus clairement à ce consensus : 97 % des médecins sont tout à fait d’accord (80 %) ou plutôt d’accord (17 %) pour dire que l’éducation en matière d’alimentation et d’activité physique doit commencer dès l’enfance. 95 % d’entre eux considèrent qu’une meilleure compréhension des causes permet de lutter contre les préjugés. L’approche sélective (« il suffit que les personnes à risque en bénéficient ») recueille ici nettement moins d’adhésion que dans la population (40 % contre 57 %). D’un point de vue médical, la prévention est clairement considérée comme une mission globale devant débuter dès le jeune âge.
Les personnes interrogées directement concernées jugent globalement positive l’efficacité potentielle de mesures de prévention concrètes. Elles considèrent que les mesures les plus efficaces consistent à sensibiliser davantage à une alimentation saine (82 %) et à mettre davantage l’accent sur l’activité physique (82 %) – soit donc précisément les mesures qui font l’objet d’un consensus tant au sein de la population générale que parmi le corps médical.
Des directives claires en matière de traitement (76 %) sont également jugées efficaces.
En revanche, la sensibilisation de la population (63 %), l’assouplissement des critères de rémunération (61 %), l’accent mis davantage sur les conseils aux mères et aux pères (61 %) ainsi qu’un plan d’action national sont jugés avec plus de réserve par les personnes concernées (58 % d’efficacité contre 74 % parmi le corps médical).
La population perçoit de manière très variable l’engagement des différents acteurs dans la lutte contre l’obésité. En tête se trouve le corps médical (53 % engagement très élevé ou plutôt élevé), suivi des individus et de leur entourage privé (46 %), de Promotion Santé Suisse (43 %) ainsi que des entreprises pharmaceutiques (42 %).
Les caisses d’assurance maladie (38 %), les autorités fédérales (33 %), l’Alliance suisse contre l’obésité (33 %) et les départements cantonaux de la santé (28 %) sont bien plus faiblement perçus.
Les fabricants de produits alimentaires et de boissons (21 %), iMpuls (17 %), le Parlement national (15 %) et les employeurs (13 %) occupent les dernières places.
La faible notoriété de l’Alliance suisse contre l’obésité ainsi que d’iMpuls s’explique principalement par une forte proportion de réponses « je ne sais pas / sans réponse » (38 %).
Au sein de l’industrie pharmaceutique, l’attention se concentre clairement sur certains acteurs. Parmi la population ayant perçu un engagement de la part de l’industrie pharmaceutique, Novo Nordisk arrive en tête (43 % le perçoivent comme très ou plutôt fortement engagée)
Viennent ensuite Roche (37 %), AstraZeneca (28 %) et Eli Lilly (21 %). Amgen (11 %) et Boehringer Ingelheim (11 %) sont nettement moins souvent associés à ce sujet.
En ce qui concerne les attentes futures en matière d’engagement, on constate au sein de la population un souhait largement partagé de voir tous les acteurs s’impliquer davantage. C’est de l’industrie agroalimentaire et des boissons qu’on attend le plus d’engagement (72 %), suivie du corps médical (58 %), des caisses d’assurance maladie (57 %), des départements cantonaux de la santé (57 %) et de l’OFSP (57 %).
La majorité attend également davantage d’engagement de la part de Promotion Santé Suisse (56 %), du Parlement national (50 %) et des entreprises pharmaceutiques (46 %). En ce qui concerne iMpuls, la proportion de personnes dont les attentes ne sont pas claires (« je ne sais pas ») est relativement élevée, à 35 %.
En Suisse, l’obésité est considérée, tant par la population que par le corps médical, comme figurant en tête du classement des causes de stigmatisation, au même titre que les maladies mentales et les addictions. Cette stigmatisation touche également le système de santé lui-même : près de deux personnes concernées sur trois déclarent avoir déjà été victimes de discrimination de la part de professionnels de santé.
L’obésité est reconnue comme une maladie nécessitant traitement. Dans le même temps, près d’une personne sur deux dans la population et deux médecins sur cinq continuent d’attribuer la responsabilité à l’individu : selon eux, le mode de vie et le manque de discipline seraient à l’origine de la maladie. Il en résulte un conflit entre la logique médicale et l’attribution quotidienne de la faute.
Plus d’un quart des personnes concernées attribuent une mauvaise note aux soins de santé liés à l’obésité. Toutefois, elles sont tout aussi nombreuses à leur attribuer les meilleures notes. Les arrêts de traitement sont principalement justifiés par un manque de soutien de l’entourage, le stress psychologique et la charge financière. L’expérience en matière de soins n’est pas uniformément mauvaise, mais il existe des lacunes évidentes dans la prise en charge.
Parmi les médecins traitants, près de trois médecins interrogés sur quatre font état d’une augmentation du nombre de consultations au cours des douze derniers mois. Parallèlement, un très grand nombre d’entre eux se plaignent d’obstacles administratifs, de l’absence de structures interdisciplinaires et, pour la moitié d’entre eux, d’un manque de temps. Du point de vue du corps médical, un plan d’action national en matière de prévention et de traitement serait efficace.
Tant la population que le corps médical considèrent que commencer la sensibilisation dès l’enfance constitue un levier essentiel. Presque tous voient dans une meilleure compréhension des causes un moyen efficace de lutter contre les préjugés. Quant à savoir si la prévention doit être universelle ou sélective, la population est divisée, tandis que le corps médical penche clairement en faveur d’une approche universelle.
La population comme le corps médical attendent de tous les acteurs concernés qu’ils s’engagent davantage, en particulier de la part de l’industrie agroalimentaire et des pouvoirs publics. L’industrie pharmaceutique est clairement perçue comme telle, mais la moitié de la population estime néanmoins que ce secteur devrait lui aussi faire preuve d’un engagement plus poussé.
Client : Novo Nordiskk
Période d’enquête : avril-mai 2026
Échantillon de la population :
Échantillon du corps médical :
(CH26OB00079_06/2026)