2e enquête "SRG Trend" relative à la votation du 8 mars 2026

Avant la mobilisation finale:

Initiative pour l’argent liquide et contre-projet – Intentions de voter Oui actuellement majoritaires

Initiative SSR – Intentions de voter Non actuellement majoritaires

Initiative pour un fonds climat – Intentions de voter Non actuellement majoritaires

Loi fédérale sur l’imposition individuelle – Intentions de voter Oui actuellement majoritaires de justesse

Etude sur mandat de la SRG SSR

Si le vote avait eu lieu le 14 février 2026, l’Initiative pour l’argent liquide ainsi que le contre-projet correspondant auraient été acceptés. Dans le cadre de la question subsidiaire, une majorité des participants se serait prononcée en faveur du contre-projet. L’Initiative SSR ainsi que l’Initiative pour un fonds climat auraient été refusées, tandis que la Loi fédérale sur l’imposition individuelle aurait été adoptée sur le fil.

Les stades de formation de l’opinion continuent d’être inégalement avancés : la formation d’opinion est la plus avancée avec l’Initiative SSR : 85 % des personnes désireuses de participer indiquent avoir l’intention ferme de voter pour ou contre le projet. Plus des deux tiers disent avoir déjà des avis bien arrêtés aussi sur l’Initiative pour l’argent liquide, l’Initiative pour un fonds climat et la Loi fédérale sur l’imposition individuelle. À l’inverse, l’opinion est beaucoup moins avancée sur le contre-projet à l’Initiative sur l’argent liquide : seulement 55 % des personnes désireuses de participer ont déjà une opinion arrêtée pour ou contre. Avant la mobilisation finale, les arguments justifiant les décisions de vote sont clairement identifiables, surtout pour l’Initiative SSR et l’Initiative pour un fonds climat, mais moins pour l’Initiative pour l’argent liquide et son contre-projet. Le projet d’imposition individuelle se situe dans la moyenne en ce qui concerne l’ancrage des arguments mobilisés.

Avec 48 %, le taux de participation reste jusqu’à présent proche de sa moyenne à long terme (47,1 % entre 2011 et 2024 selon l’OFS).

Toutes les indications fournies valent avec une probabilité de 95 % affectée d’une marge d’imprécision de ±2,8 %. La campagne pour les votations et la formation de l’opinion ne font que commencer, faits manifestement susceptibles d’influencer la proportion de Oui et de Non lors des votations populaires. À cela s’ajoutent des effets dus à la mobilisation, encore inconnue, déclenchée par les campagnes.

Les constats du sondage font l’objet d’un positionnement théorique par le gfs.bern à l’aide de l’approche dispositionnelle.

Vous trouverez ici des informations de fond sur les quatre projets soumis aux votations de mars 2026, et ici sur la méthodologie utilisée pour les sondages SSR sur les tendances.

En outre, vous pouvez télécharger ici un recueil complet des graphiques.

Initiative sur l’argent liquide et contre-projet direct

Intentions de voter Oui actuellement majoritaires

Le 14 février, une majorité de 61 % des personnes désireuses de participer (-4 % comparé à la première enquête) aurait certainement ou plutôt voté en faveur de l’Initiative pour l’argent liquide et 36 % certainement ou plutôt contre l’initiative (+5 %). 3 % des personnes étaient encore indécises.

Le contre-projet direct du Conseil fédéral et du Parlement rencontre actuellement une approbation nettement plus forte et, contrairement à l’initiative, il a légèrement gagné du terrain : à la mi-février, 70 % (+3 %) s’expriment en sa faveur, 24 % (-2 %) en sa défaveur et 6 % (-1 %) se disent encore irrésolus.

Comparé à la première vague d’enquête, les personnes voulant certainement participer préfèrent de façon légèrement plus nette le contre-projet de l’initiative. Dans le cadre de la question subsidiaire, 41 % (-2 %) voteraient pour l’initiative et 54 % (+3 %) pour le contre-projet. Seulement 5 % restent indécis dans le cadre de la question subsidiaire.

En outre, les personnes titulaires du droit de vote désireuses de participer partent d’une acceptation des deux projets. Seulement 36 % (+1 %) s’attendent à un Non à l’Initiative pour l’argent liquide le 8 mars 2026. Ce pourcentage a encore diminué avec 19 % (-7 %) au sujet du contre-projet. En moyenne, la part de Oui à l’Initiative pour l’argent liquide est estimée à un taux inchangé de 53,0 % ; le taux relatif au contre-projet est légèrement plus élevé avec 56,2 %. Ainsi, un soutien à la fois pour l’initiative et pour le contre-projet direct est attendu le jour du scrutin.

Opinion encore peu formée

Comme le mois dernier, la formation de l’opinion au sujet de l’Initiative pour l’argent liquide n’est encore que peu affermie. 44 % des personnes interrogées s’expriment clairement en faveur du projet, et 25 % clairement en sa défaveur. Au total, 69 % des personnes interrogées expriment ainsi une position claire. Bien que la formation d’opinion sur le contre-projet continue de se présenter comparativement peu affermie, elle a toutefois acquis des contours perceptibles au fil de la phase principale de campagne. 55 % (+11 %) manifestent ici des intentions de vote arrêtées.

Les arguments étayant les décisions de vote se révèlent également très limités comparé à ceux des trois autres projets soumis au vote le 8 mars 2026. De la sorte, il continue d’y avoir de la marge pour les effets de campagne chez les 28 % et 39 % respectifs de personnes désireuses de participer mais qui seulement tendent à s’être décidées ou ne l’ont pas encore du tout fait.

Le schéma conflictuel préliminaire : le marquage par la politique de parti et la confiance envers le gouvernement sont déterminants

Dans l’Initiative pour l’argent liquide, l’attachement à un parti trace la ligne au centre de la conflictualité. Tandis que le camp UDC continue de clairement l’approuver, on observe un décalage en direction du refus dans l’environnement de presque tous les autres partis. Cette tendance au Non s’avère particulièrement marquée au sein du PVL, mais aussi dans les rangs du PS, du Centre et du PLR les parts de Non ont notablement augmenté par rapport à la première vague d’enquête. Chez les personnes désireuses de participer proches du Centre et du PLR, la part de Non croissante à eu entre-temps pour répercussion que les majorités de Oui initiales, issues de la phase précoce de la campagne pour les votations, ont disparu. Ainsi les deux camps ne se présentent plus majoritairement approbateurs mais au contraire nettement plus ouverts et légèrement décalés vers le Non. De la sorte, le camp du refus situé en dehors de l’UDC se consolide de plus en plus. Le contre-projet en revanche reste apte à réunir une majorité tous partis confondus, et il continue de rencontrer plus d’approbation que de refus auprès de tous les électorats des partis.

En dehors des partis de centre-gauche, on ne rencontre aucun autre sous-groupe le refusant, mais des niveaux tout à fait différents d’approbation de l’Initiative pour l’argent liquide. Par catégories d’âge, la tendance est nuancée comme suit : Chez les 18-39 ans, le niveau d’approbation s’est légèrement renforcé de la première vague d’enquête à la seconde, tandis qu’il a régressé chez les 40-64 ans et notamment chez les plus 65 ans. À l’aune de l’éducation, l’approbation diminue dans toutes les catégories, le plus nettement chez les personnes ayant un niveau d’éducation moyen et réduit.

 

 

 

Simultanément, la part accrue de Non se maintient chez celles ayant un niveau d’éducation croissant. Aussi à l’aune du revenu du foyer, le gradient social s’amplifie : plus le revenu du foyer est bas et plus le vote va en faveur de l’Initiative pour l’argent liquide. Chez toutes les autres catégories de revenus s’est déclenchée à l’unisson une tendance au Non. À l’aune spécifique des sexes, l’approbation ne diminue que légèrement chez les hommes et les femmes, sachant que les parts de Oui s’avèrent similaires pour les deux sexes.

Et enfin une division se consolide à l’aune de la confiance envers le gouvernement. Les personnes méfiantes envers le gouvernement continuent d’être clairement plus favorables à l’initiative que les personnes interrogées faisant confiance au gouvernement.

À l’aune des zones habitées, les différences demeurent pour l’ensemble limitées ; un décalage se manifeste toutefois, notamment dans les zones urbaines, par rapport à la situation de départ : tandis que l’approbation de l’Initiative pour l’argent liquide augmente sur les territoires ruraux, une tendance au Non s’enclenche en milieu urbain. Sur les zones intermédiaires, le soutien demeure stable.

Le contre-projet se présente aussi, pendant le phase principale de campagne, comme un projet plus consensuel bénéficiant d’un plus large soutien politique et sociétal, et dont les lignes de conflictualité sont nettement estompées. Toutes les sous-catégories analysées dans cette étude un soutiennent majoritairement le contre-projet direct. Dans l’ensemble et à peu d’exceptions près se dessine une tendance en direction du Oui.

Arguments : liberté et autonomie personnelles vs des incertitudes juridiques

En termes de contenu, l’intention de vote manifestée et l’argumentation continuent de se côtoyer de près, quoiqu’un peu moins fortement que ce n’était le cas en situation de départ : Indexés et au travers de l’argumentation, 67 % personnes désireuses de participer sont plus proches du camp du Oui, et 24 % du camp du Non (contre-projet : 60:32). Respectivement 9 % et 8% ne sont pas clairement rattachables à l’un des deux camps.

Comparé à la situation de départ, les arguments Pour fondamentaux relatifs à l’Initiative pour l’argent liquide / au contre-projet se maintiennent à un niveau d’approbation très élevé et stable. Les citoyens interrogés sur leurs échelles de valeurs continuent donc d’être beaucoup ouverts à l’argent liquide que ne le manifeste la tendance chez les clients et dans les flux de paiements en direction d’un comportement de paiement digital. L’importance des billets de banque et des pièces de monnaie en tant que forme de paiement immune aux crises (92 %) ainsi qu’expression de la liberté personnelle (82 %) n’est pratiquement pas remise en question. La protection explicite des pièces de monnaie et des billets de banque rencontre un soutien clairement majoritaire (71 %). Est jugée en revanche avec nettement plus de réserve l’exigence selon laquelle c’est d’abord la politique et non pas la Banque nationale suisse qui devrait décider de la sécurisation de l’argent liquide (48 %) ; ici, le tableau d’opinion demeure comparativement réservé et il souligne un certain scepticisme vis-à-vis d’une plus forte politisation de la réglementation monétaire. Sur l’échelle temps, les arguments Pour s’avèrent dans l’ensemble très stables.

Du côté des arguments Contre, une légère consolidation est reconnaissable. L’affirmation selon laquelle le contre-projet direct protège suffisamment l’argent liquide a gagné du terrain par rapport à la situation de départ, pour atteindre 58 % d’approbation (+6 %).

 

L’estimation aussi, que la Banque nationale suisse garantit déjà de manière fiable la mise en circulation d’argent liquide (54 %) ainsi que l’avis selon lequel la législation actuelle est suffisante (49 %), gagnent légèrement du terrain (resp. +2 % et +4 %). L’argument selon lequel la formulation de l’initiative est trop imprécise et crée des incertitudes juridiques, demeure le plus controversé (46 % ; +5 %). Ainsi se dessine dans l’ensemble un affermissement prudent des arguments proches du Contre, tandis que les positions Pour, au cachet fortement normatif, se maintiennent à un niveau constamment élevé.

L’analyse des effets confirme le schéma argumentatif déjà reconnaissable : l’approbation de l’Initiative pour l’argent liquide se nourrit en premier lieu de l’argument de la liberté. Qui associe l’argent liquide avec la liberté personnelle et l’autodétermination tend nettement plus au Oui (effet positif le plus puissant). De même, l’exigence de protéger explicitement les pièces de monnaie et les billets de banque a un effet – certes nettement plus faible – promoteur d’approbation.

Ont en revanche un effet négatif sur l’approbation les arguments qui remettent en question la nécessité de l’initiative. Pèse particulièrement lourd sur la balance l’objection selon laquelle l’initiative est formulée de manière trop imprécise et crée des incertitudes juridiques (effet négatif le plus puissant). De même, les deux avis selon lesquels la législation actuelle est suffisante ou la Banque nationale suisse protège déjà suffisamment la mise en circulation de l’argent liquide, ont des effets négatifs – certes modérés – sur la décision de vote.

Un autre schéma se manifeste pour le contre-projet : ici, l’argument qui a un effet mobilisateur est avant tout celui énonçant que le contre-projet direct protège suffisamment l’argent liquide et rend l’initiative superflue. Face à cela, les arguments classiques favorables à l’argent liquide jouent un rôle subalterne dans le soutien du contre-projet.

Tendance dans la formation de l’opinion

Comparé à la situation de départ, un décalage est reconnaissable dans l’Initiative pour l’argent liquide : le Oui demeure certes majoritaire mais l’avance initiale qu’avait le camp approbateur s’est érodée. Les parts de Oui sont en légère régression, tandis que le camp du Non se consolide notablement. Ainsi commence à se concrétiser, au moins partiellement, le « scénario du cas normal » esquissé en situation de départ, à savoir d’un rapprochement de la position du Conseil fédéral.

Parallèlement à cela, le profil du contre-projet direct s’étoffe. Il monte légèrement en puissance, bénéfice d’un préférence claire dans la question subsidiaire et se présente de plus en plus comme une alternative mieux apte au consensus. Tandis que l’initiative voit son approbation diminuer, le contre-projet creuse son avance et parvient à gagner du terrain aussi dans l’attitude d’attente des titulaires du droit de vote. Vu que les titulaires du droit de vote continuent de s’attendre à une adoption des deux projets, les personnes critiques envers les deux projets peuvent envisager d’opter pour un Oui au contre-projet en tant qu’alternative plus faible.

En termes de contenu, le schéma de base reste stable : les arguments normatifs en faveur de l’argent liquide en tant que symbole de liberté et d’immunité aux crises se maintiennent à un très haut niveau.

 

Simultanément se consolident toutefois les arguments Contre remettant en question la nécessité ou la précision de l’initiative. Cette consolidation prudente des arguments proches du Contre se reflète dans le léger recul des parts de Oui. Ainsi, l’avantage initial au démarrage de l’initiative n’est pas gommé mais relativisé.

Au niveau structurel se manifeste, en dehors de l’UDC, une concentration croissante dans le camp du refus. Dans les environnements de plusieurs partis, des majorités initiales de Oui ont disparu. Aussi sur le plan sociodémographique, les premiers phénomènes d’érosion sont visibles, en particulier chez les titulaires du droit de vote âgés ainsi que dans les zones urbaines. Le contre-projet en revanche conserve, tous partis et groupes confondus, sa capacité de réunir une majorité et il présente des lignes de conflictualités moins nettes.

Dans l’ensemble, le déroulement de la campagne jusqu’à présent suggère une normalisation par étapes de la formation de l’opinion : le bonus sympathie – dont bénéficiait au départ la problématique « Protéger l’argent liquide » – demeure, mais les objections de nature institutionnelle et juridique acquièrent du poids.  Si cette tendance se maintenait, le rapport de forces pourrait continuer à se décaler en faveur du contre-projet.

Initiative SSR

Intentions de voter Non actuellement majoritaires

À la mi-février, l’Initiative SSR aurait été rejetée de justesse. 54 % des titulaires du droit de vote ayant une intention ferme de participer auraient voté certainement ou plutôt contre l’initiative (+2 %), tandis que 44 % auraient voté certainement ou plutôt pour elle (-2 %). Seulement 2 % de ces personnes sont indécises.

Compte tenu des votations du 8 mars 2026, l’estimation des personnes titulaires du droit de vote désireuses de participer s’avère différente, comme déjà au cours de la première d’enquête : 54 % s’attendent à une adoption de l’initiative, 46 % à un refus. En moyenne, la part de Oui est estimée à 50,6 %. De la sorte persiste un écart entre l’intention de vote actuelle et l’attitude d’attente : bien que les intentions de vote se soient légèrement décalées en direction du Non, beaucoup de personnes titulaires du droit de vote déterminées à participer continuent de partir d’une acceptation.

Opinion à un stade de formation avancé

85 %, soit un pourcentage en hausse (+7 %) manifestent une intention de vote ferme ; 13 % des personnes désireuses de participer, soit un pourcentage en baisse (-7 %) indiquent ne pas encore avoir d’intention ferme de vote, et seulement 2 % sont totalement indécises. L’ancrage des décisions de vote sur des arguments s’est également affermi (pouvoir explicatif de la régression : 77,8 %). Durant la phase principale de campagne pour les votations, le tableau d’opinions s’avère par conséquent avancé. En raison de la ténuité du rapport de majorité, des effets de mobilisation durant la suite de la campagne pour les votations demeurent toutefois décisifs.

Le schéma conflictuel préliminaire : structuré en premier lieu par l’affinité avec des partis et par la confiance envers les institutions.

Le schéma conflictuel de l’Initiative SSR demeure clairement marqué par la politique des partis, et il obéit à une polarisation gauche-droite caractérisée. Tandis que les sympathisants-es de l’UDC soutiennent nettement l’approbation (pour les quatre cinquièmes environ), cette dernière est refusée presque en bloc dans l’environnement des Verts-es et du PS. Les personnes désireuses de participer proches du PVL et du Centre se positionnent elles aussi dans le camp du Non. Le refus prédomine aussi dans l’environnement du PLR, bien que ce soit de façon moins claire. Les Indépendants continuent de se montrer divisés, bien qu’ici aussi se dessine une légère tendance en direction du refus. De la sorte se confirment des camps politiquement prévisibles le long des mots d’ordre des partis.

Par-delà l’attachement à un parti, la confiance envers le gouvernement demeure un facteur structurant central dans la formation de l’opinion. Les personnes désireuses de participer se méfiant du gouvernement continuent de soutenir majoritairement l’Initiative SSR. Inversement, les personnes qui font confiance au gouvernement refusent clairement le projet, et l’appel au Non s’est légèrement étendu dans ce groupe (+5 %). De la sorte, la ligne de conflictualité longe de plus en plus la confiance envers les institutions.

Les différences sociodémographiques sont moins marquées que la polarisation selon les politiques des partis. Dans presque toutes les catégories de revenus et niveaux d’éducation, la part de Non a augmenté comparé à la première vague d’enquête, ce qui suggère une consolidation tous azimuts dans le camp du refus. Toutefois, dans la catégorie de revenus compris entre 5 et 7’000 CHF par foyer, seule une minorité ténue est contre l’Initiative SSR.

 

 

 

Des différences plus nettes sont détectables entre les différents niveaux d’éducation : Chez les personnes titulaires du droit de vote déterminées à participer et détenant un niveau d’éducation réduit, une tendance au Oui s’est installée pendant la phase principale de la campagne, de sorte que ce groupe continuerait d’approuver majoritairement l’Initiative SSR. Une majorité de Oui ressort aussi chez les personnes dont le foyer a des revenus moyens, sachant qu’ici une comparaison entre les deux vagues d’enquête ne permet pas de détecter d’évolution nette de la tendance. Face à cela, une tendance au Non s’est accentuée chez les titulaires du droit de vote détenant un haut niveau d’éducation. Dans ce groupe, l’initiative serait clairement rejetée actuellement.

Sur le plan spécifique des sexes, un schéma univoque persiste : tandis que les hommes continuent de s’avérer divisés et s’expriment majoritairement mais de justesse en faveur de l’initiative, les femmes refusent clairement l’Initiative SSR. Une observation par catégories d’âges livre également une image stable : le refus prédomine dans toutes les catégories d’âges. Les jeunes titulaires du droit de vote toutefois sont un peu moins ancrés dans le camp du Non que le mois précédent, et les moins jeunes le sont en revanche plus.

Les différences observées par régions demeurent modérées ; dans toutes les régions, la tendance pointe en direction du Non. Toutes les régions linguistiques refusent majoritairement l’Initiative SSR. Des différences de pourcentages se manifestent cependant entre les régions linguistiques. Tandis qu’en Suisse germanophone le projet est clairement refusé, le vote critique est plus net en Suisse francophone et italophone. Par type de zone habitée, le refus s’accentue en particulier en milieu urbain et intermédiaire, tandis que les territoires ruraux ont plutôt tendance à soutenir l’Initiative SSR.

 

Argumentaire : mission de service public réalisable malgré une coupure budgétaire vs Démocratie menacée par l’affaiblissement de la SSR

Aussi au cours de la deuxième vague d’enquête, les arguments en faveur de l’Initiative SSR ne reçoivent qu’un soutien comparativement faible, et ils ne parviennent toujours pas à une majorité assurée. L’argument, selon lequel la SSR peut remplir sa mission de service public aussi avec une dotation financière moins étoffée, reçoit le plus d’approbation (45 %). Il est talonné par l’affirmation selon laquelle la redevance audiovisuelle actuelle est trop élevée et qu’une réduction à 200 Francs déleste notablement le budget des foyers (44 % d’accord ; -2 %). L’argument demeurant le moins capable de réunir une majorité énonce qu’une redevance audiovisuelle n’est plus de notre époque (41 % ; -1 %). Dans l’ensemble, les arguments Pour comparés dans les des deux vagues d’enquête s’avèrent stables, sans que se dessine de renforcement clair du camp Pour.

Face à cela, les arguments Contre continuent bien plus fortement de pouvoir réunir une majorité et ils ont continué en partie à s’affermir. L’affirmation selon laquelle la redevance audiovisuelle est un signe de solidarité vis-à-vis de parties du pays de plus petite taille, est l’argument producteur du soutien le plus puissant avec 67 % d’approbation (+3 %). La crainte également qu’une SSR affaiblie menace l’objectivité de l’information de la population et ainsi la démocratie directe, demeure clairement apte à réunir une majorité (58 %).

 

 

 

Une désaccord tendanciel persiste en revanche sur la question d’évaluer si le rapport coût/utilité entre les programmes fournis et les redevances est correct (54 % ; +2 %).

Dans l’ensemble se confirme ainsi un poids accru de l’argumentaire des opposants, poids qui a plutôt eu tendance à s’accroître durant la phase principale de la campagne : 57 % des personnes interrogées tendent vers l’argumentation des positions Contre, 41 % vers les arguments Pour, 2 % se montrent indifférentes. Le tableau complet des arguments reflète ainsi les intentions de vote sous une forme accentuée.

L’analyse des effets continue cependant de suggérer des avantages pour le camp Pour : les trois arguments Pour sont tous en lien positif avec une approbation de l’initiative. Cela vaut le plus fortement pour les arguments selon lesquels la mission de service public est exécutable aussi avec peu d’argent, et qu’une diminution de la redevance déleste sensiblement les foyers. Comparé à cela, c’est l’argument Contre sur la menace pesant sur l’objectivité de l’information qui produit l’effet de refus le plus puissant. Eu égard aussi aux effets des arguments, une polarisation s’est instaurée entre la qualité malgré la réduction des coûts dans le camp Oui, et la sécurisation de l’infrastructure informationnelle dans le camp Non.

Tendance dans la formation de l’opinion

Partie d’un coude à coude, l’Initiative SSR est entrée avec une légère avance du Non dans la phase principale de la campagne pour les votations. Simultanément, les personnes désireuses de participer continuent majoritairement de partir d’une adoption de l’initiative le jour du scrutin. Cet écart béant entre l’intention de vote actuelle et l’attente renvoie à un schéma d’attente persistant et suggérant que la société se fait l’écho de la problématique, même si dans l’intervalle les intentions de vote effectives se sont déplacées en direction du refus.

La résistance s’est consolidée en particulier dans le camp gauche-vert, chez les personnes désireuses de participer proches du gouvernement ainsi que dans des pans du centre politique. Par-delà l’attachement à un parti, la ligne de conflictualité longe de plus en plus la confiance envers les institutions.

Sur le terrain des arguments, les adversaires continuent de disposer d’une avance quantitative, avance qui a eu plutôt tendance à se renforcer au fil de la phase principale de la campagne. Des arguments Pour capitaux des initiateurs-trices n’en produisent pas moins des effets avérés. En particulier l’argument énonçant que la SSR peut remplir sa mission de service public aussi avec des moyens financiers nettement inférieurs, ainsi que l’évocation d’un net délestage des foyers, se trouvent en lien positif avec l’approbation de l’initiative.

 

Simultanément, la crainte de déficits informationnels potentiels et les risques concomitants pour la démocratie directe continuent de marquer de façon déterminante le tableau d’opinions.

On sait empiriquement qu’au fur et à mesure qu’avance la campagne des votations, la perception, avec les initiatives, se décale de la définition du problème par les initiateurs-trices vers les risques de l’ébauche de solution proposée. Cette dynamique typique semble se dessiner ici : la part de Non s’est légèrement élargie comparé à la situation de départ, en particulier dans les zones urbaines, en Suisse francophone ainsi que chez les titulaires du droit de vote ayant un niveau d’éducation élevé et proches du gouvernement. L’ancrage de l’approbation reste stable surtout dans l’environnement de l’UDC ainsi que dans les milieux se méfiant du gouvernement, tandis qu’il paraît moins affermi dans d’autres groupes.

En raison de la ténuité du rapport de majorité, l’issue de la votation reste ouverte bien que le stade de formation de l’opinion soit avancé. En raison de la part déjà élevée d’intentions de vote fermes, ce sont moins de nouveaux décalages des contenus des positions que les effets mobilisateurs qui devraient décider de la suite de l’évolution. Les deux camps continuent de disposer d’un potentiel de mobilisation, sachant que compte tenu de la dynamique actuelle, des avantages sont reconnaissables dans le camp du Non.

Initiative pour un fonds climat

Intentions de voter Non actuellement majoritaires

Si la votation s’était déroulée à la mi-février, l’Initiative pour un fonds climat aurait clairement échoué. 65 % des personnes titulaires du droit de vote désireuses de participer sont certainement ou plutôt contre, 31 % pour et 4 % ne se sont pas décidées. Comparé à janvier, le refus s’est légèrement amplifié tandis que l’approbation reculait légèrement. La dynamique s’exerce donc unilatéralement au détriment de l’initiative.

Qui veut participer s’attend en vaste majorité (87 %) à un Non. La part de Oui est estimée en moyenne à 39 %, soit nettement plus faible que dans d’autres projets et plus faible encore que lors de la première vague d’enquête.

Opinion à un stade de formation avancé

Maintenant, le tableau d’opinions sur l’Initiative pour un fonds climat est clair. 71 % des personnes désireuses de participer expriment une intention de vote claire (certainement Oui ou Non). Un peu plus des trois quarts des intentions de vote se laissent expliquer avec les arguments testés. Le stade de formation de l’opinion est avancé, ce qui annonce une marge d’influence restreinte laissée à la campagne. Le changement modéré entre la première et la deuxième vague d’enquête signale également consolidation des camps du Oui et du Non.

Le schéma conflictuel : Attachement au camp gauche-vert et nettes différences par sexe et par région linguistique

L’Initiative pour un fonds climat est clairement structurée selon les politiques des partis. Le camp qui l’approuve se réduit de facto au camp gauche-vert. Chez les Verts-es, le soutien fait pratiquement bloc, et l’initiative est portée par une majorité aussi chez le PS.

Compte tenu du mot d’ordre donné par le PVL, le projet perd toutefois la possibilité de gagner le centre politique. À peine la moitié de la base du PVL est encore favorable au projet : la tendance pointe en direction du Non. Au Centre, chez le PLR et l’UDC, les majorités de Non sont encore plus nettes. Il manque ainsi à l’initiative cette fonction de pont vers le centre politique, ce qui restreint structurellement son aptitude à réunir une majorité.

Outre l’attachement à un parti, ce sont le sexe et la région linguistique qui ont un effet structurant. Malgré une tendance au Non, les femmes se montrent plus ouvertes à l’initiative que les hommes chez qui le refus domine clairement. Sur le plan régional, l’approbation à un bas niveau en Suisse francophone est supérieure à celle de la Suisse germanophone où le refus est particulièrement marqué. En Suisse italophone, le Non prédomine certes, mais la tendance au Non n’est que faiblement accusée jusqu’à présent.

Des différences cohérentes mais moins marquées se manifestent en fonction de l’âge, de l’éducation et du revenu : les personnes plus jeunes et celles ayant un niveau d’éducation élevé ont tendance à plus approuver, mais sans former de majorité porteuse. L’approbation décline légèrement avec l’augmentation des revenus. Dans l’ensemble, le schéma de base reste stable dans les différents groupes : le refus prédomine.

Argumentaire : orientation vers le statu-quo / les investissements existants sont considérés suffisants

Par le contenu, le camp adverse domine l’argumentation. Tous arguments testés confondus, 61 % des personnes interrogées se positionnent plus près des arguments Contre que des arguments Pour.

Dans le camp Contre, c’est la crainte que les milliards d’investissement prévus ne pèsent trop lourd dans le budget fédéral qui recueille le plus de soutiens. Est également partagée par une majorité l’estimation selon laquelle l’État prend en charge trop de responsabilités avec le fonds climat, au lieu de renforcer les initiatives privées. L’argument aussi, selon lequel les instruments de politique climatique existants sont par définition suffisants, rencontre un vaste soutien.

 

 

Dans le camp Pour, c’est l’argument énonçant que des investissements dans les énergies renouvelables accroissent la sûreté des approvisionnements qui est le mieux à même de réunir une majorité. Cet argument n’a toutefois pas de répercussion mesurable sur la formation de l’opinion. L’estimation conserve sa pertinence, qu’un fonds public est un instrument adapté pour accélérer la protection du climat, et qu’il faut que la Suisse investisse des milliards supplémentaires pour avancer suffisamment vite dans la protection du climat. Ces arguments sont particulièrement efficaces dans le camp gauche-vert, mais ils ne convainquent plus que 38 % des personnes jusqu’à présent désireuses de participer, raison pour laquelle ils ne suffisent plus pour recueillir une majorité.

Tendance dans la formation de l’opinion

La tendance actuelle est clairement au rejet de l’initiative. L’approbation régresse, le refus se stabilise. La formation de camps selon les politiques des partis s’affermit tandis que l’initiative ne recueille pratiquement aucun soutien supplémentaire en dehors du camp central gauche-vert.

Comme fréquemment avec les initiatives populaires, la perception au fil de la campagne pour les votations s’éloigne de la définition du problème par les initiateurs-trices, pour se rapprocher des coûts, des risques et des questions liées à la mise en œuvre.

 

Actuellement, ce mécanisme agit au détriment du projet.

L’opinion en formation s’est certes relativement affermie, mais elle n’est pas encore achevée. Il reste encore théoriquement de la place pour des effets de mobilisation. Compte tenu des rapports de majorité clairs, de l’isolation politique en dehors du PS et des Verts, et de fortes dépenses publiques en perspective, la dynamique actuelle parle clairement plutôt pour un rejet que pour une acceptation de l’Initiative pour un fonds climat.

Loi fédérale sur l’imposition individuelle

Intentions de voter Oui actuellement majoritaires de justesse – nette tendance au Non.

Si la votation sur l’imposition individuelle avait eu lieu le 14 février 2026, donc à mi-chemin dans la deuxième vague d’enquête, le projet aurait été adopté de justesse. 52 % des personnes désireuses de participer veulent voter certainement ou plutôt pour la loi fédérale. 44 % sont certainement ou plutôt contre. Comme avant, 4 % n’ont pas encore pris de décision.

La façon de voir se décale, de l’idée bien acceptée en direction des points faibles du projet sinon typiques avec les initiatives. Une régression de 12 % du Oui en l’espace d’à peine un mois est extraordinairement élevée.

Relativement à l’issue de la votation, l’opinion est certes aussi un peu plus réservée qu’il y a un mois, mais 73 % des personnes interrogées désireuses de participer continuent de s’attendre à une approbation. En moyenne, le taux d’approbation est estimé à 54 % de Oui.

Stade de formation de l’opinion : moyennement avancé.

Avec 68 %, plus des deux tiers de ces personnes expriment des opinions arrêtées pour ou contre le projet. 4 % sont encore totalement indécises. Près des deux tiers des intentions de vote sont explicables avec des arguments (pouvoir explicatif de la régression : 66 %).

La formation de l’opinion continue d’être moyennement avancée, ce qui laisse un espace inchangé à des effets de la campagne. Malgré des influences reconnaissables du débat public, de l’incertitude persiste. Cela peut avoir, jusqu’à la fin, des effets dans les deux directions.

Le schéma conflictuel : composante politique chargée

Comparé à la première vague d’enquête, le schéma conflictuel s’est nettement exacerbé. Si en janvier le projet était encore capable de réunir une majorité dans presque tous les groupes de population, des décalages clairs se manifestent en février, nettement le long de l’attachement à un parti et de la confiance envers le gouvernement.

C’est au niveau des politiques de partis que l’écart entre les majorités est le plus grand. Chez la base de l’UDC, la part de personnes qui refusent certainement le projet augmente fortement. L’approbation s’effondre de façon correspondante, dans le sillage du mot d’ordre Non émis par le parti. Au Centre aussi, la part de Oui diminue notablement. La base se rapproche du mot d’ordre également fixé. Face à cela, le PLR perd certes également en approbation, mais il reste divisé – malgré le mot d’ordre Oui – avec une part de Non en nette augmentation. Dans le camp gauche-vert, le projet conserve un soutien majoritaire même si l’approbation chez le PS et les Vert régresse un peu. Dans l’ensemble, la polarisation en fonction des politiques des partis est nettement plus marquée qu’au début de la phase principale de la campagne.

La confiance envers le gouvernement a également un effet structurant plus puissant qu’avant.

 

 

Chez les personnes faisant confiance au gouvernement, l’approbation demeure certes majoritaire mais elle recule nettement. Chez les personnes ne lui faisant pas confiance, la majorité bascule clairement vers le Non, accompagnée d’une forte augmentation d’adversaires résolus-es.

D’autres décalages sont visibles, mais leurs contours sont plus flous : Tandis que les femmes continuent plutôt d’approuver le projet, la majorité de Oui jusqu’alors présente chez les hommes a disparu. En Suisse germanophone, le soutien diminue notablement ; la Suisse francophone quant à elle reste comparativement stable. Suivant la formation scolaire, l’approbation diminue nettement dans tous les groupes, en particulier chez les personnes détenant un bagage éducatif moyen. En fonction du revenu, du type de zone habitée et du lieu de résidence se manifestent également des régressions sans que ne s’en dégage de schéma conflictuel proprement dit.

Dans l’ensemble, une approbation large antérieurement a cédé la place à une formation plus claire de camps. L’imposition individuelle ne bénéfice plus d’un large soutien, elle est désormais nettement plus fortement structurée, entre les camps conservateurs et progressistes de la société, que ce n’était encore le cas en janvier.

Argumentaire : incitatifs à l’emploi et suppression de la pénalité du mariage dominent l’opinion positive

Le tableau d’opinions, plus critique quant à l’intention de vote, se reflète également dans le contenu. Sur l’ensemble des six arguments testés, 48 % seulement des personnes désireuses de participer se positionnent, en termes de contenu, plus près du camp approbateur.

L’argument en faveur de l’égalité de traitement fiscal entre personnes mariées et non mariées reçoit le soutien le plus clair. L’effet de cet argument n’est cependant pas capital. L’argumentation autour de l’égalité de traitement et des incitatifs à l’emploi demeure pertinente ; même si les chiffres d’approbation régressent pour cet argument, il continue de convaincre une majorité (58 %). Nettement moins stable continue de se présenter l’argument selon lequel une majorité paierait tout autant ou moins d’impôts : ici les doutes sont manifestes et l’approbation baisse pour n’être plus que de 51 %.

Dans le camp adverse, le tableau est nuancé.

 

 

La critique générale de la bureaucratie (deux déclarations d’impôts, plus de travail, frais accrus) demeure certes l’argument du Non bénéficiaire du plus fort soutien, mais son pouvoir exclusif d’explication décline. Au cours de la deuxième vague d’enquête, des doutes portant plus fortement sur le contenu et assortis de conséquences individuelles parviennent au premier plan : La crainte d’inconvénients pour les foyers dont une seule personne génère le revenu, ainsi que de charges accrues pour les classes moyennes et les foyers monoparentaux, est plus fortement associée qu’auparavant à une intention de voter Non.

De la sorte, cette régression continue de confirmer la haute pertinence de l’argumentaire sur l’égalité de traitement dans le camp Pour, mais elle montre simultanément que l’argumentation du camp Non s’élargit. L’argumentation s’éloigne d’une critique purement abstraite de la bureaucratie pour se rapprocher d’arguments concrets touchant à la répartition et au point auquel les gens sont affectés. Par conséquent, le schéma conflictuel s’étoffe en substance et il s’individualise plus fortement.

Tendance dans la formation de l’opinion

Au cours de la deuxième vague d’enquête, la formation de l’opinion est devenue nettement plus ouverte. Certes les intentions de vote agrégées continuent de montrer de légers avantages pour le camp approbateur, mais cette avance s’est rétrécie et elle est adossée à des arguments moins clairs qu’encore au début de la phase de campagne principale. Une indexation montre que les arguments testés ne convainquent plus de majorités, indice que les contenus sur lesquels l’approbation reposait se sont fragilisés.

Sur le plan thématique, la situation de départ n’est plus clairement marquée par le camp Pour. Tandis que les arguments relatifs à l’égalité de traitement et à l’équité continuent de convaincre, le camp adverse a réussi à prendre plus fortement pied en particulier avec la critique générale de la bureaucratie ainsi qu’avec des doutes quant aux conséquences individuelles.

Le camp du Non dispose ainsi d’une interprétation plus claire du problème et du risque, même s’il n’est pas capable de réunir une majorité dans tous les camps.

Avec les mots d’ordre du Centre et de l’UDC, le scepticisme des milieux bourgeois conservateurs se concentre de surcroît. Simultanément reste ouverte la question de savoir si une éventuelle mobilisation finale agirait en premier lieu contre l’imposition individuelle ou contre l’Initiative SSR. Compte tenu précisément de l’incertitude diffuse et des avis non encore arrêtés, il est difficile d’estimer quelle dynamique prédominera en phase finale.

Ainsi et de la sorte, l’issue est clairement ouverte. De légers avantages structurels continuent d’être positionnés dans le camp approbateur, mais le leadership thématique au sens d’une définition du problème marquant le conflit tend, lui, plutôt vers le camp adverse. Lequel des deux camps parviendra en phase finale à y puiser plus de force de mobilisation ? La question à ce stade n’est pas tranchée.

Intentions de participer

Intention moyenne, jusqu’à présent, de participer au scrutin du 8 mars 2026

La volonté de participation mesurée jusqu’à présent pour le 8 mars 2026 est de 48%, soit proche de la moyenne sur le long terme (47,1% entre 2011 et 2024 selon l’OFS).

 

Ainsi se dessine pour le moment une participation dans la moyenne au scrutin du 8 mars 2026.

Profil des personnes désireuses de participer

Une observation par âges montre une nette mobilisation des 18-39 ans, leur part au sein des personnes déterminées à participer augmente notablement (34 % ; +10 %). Néanmoins, ils restent en-deçà des autres catégories d’âges : chez les 40-64 ans, la part de personnes déterminées à participer reste stable à un haut niveau (58 %). Chez les plus de 65 ans par contre, cette part cède légèrement du terrain (56 % ; -6 %).

Spécifiquement par sexe, la part de femmes déterminées à participer augmente clairement (59 % ; +12 %), tandis qu’elle baisse légèrement chez les hommes (40 % ; -6 %). Les femmes présentent donc – fait nouveau –, une plus forte intention de voter.

Une distinction par catégories de revenus fait ressortir notamment la forte augmentation dans les catégories de revenus respectivement très bas et élevés. Un recul est à observer en revanche dans des parties des segments de revenus moyens. L’intention de participer augmente nettement avec le niveau d’éducation. Comparé à la situation de départ, elle a crû chez les personnes ayant un haut niveau d’éducation, pour régresser inversement chez les personnes diplômées détenant un niveau d’éducation réduit et moyen.

Sur le plan politique, des différences marquantes se manifestent dans l’intention de participer.

Actuellement, les titulaires du droit de vote proches du PVL et du PS sont fortement mobilisés, même chose pour les sympathisants-es des Verts-es dont la part de personnes déterminées à participer se situe à un niveau élevé et qui a augmenté de façon marquante comparé à la situation de départ. Notamment dans l’environnement des Verts, l’intention de participer certainement a fortement augmenté par rapport à la situation de départ. Également chez les sympathisants-es du PLR, la part de personnes voulant certainement participer augmente elle aussi, bien que de façon moins nette. Face à cela, une diminution du nombre de personnes déterminées à participer s’observe chez les titulaires du droit de vote proches de l’UDC et du Centre. Ressort particulièrement l’évolution chez les Indépendants, dont la part de personnes déterminées à participer a nettement augmenté comparé à la situation de départ.

En termes de confiance envers le gouvernement, l’intention de participer dans le camp lui faisant confiance augmente nettement (59 % ; +17 %), tandis qu’elle régresse notoirement dans le camp qui s’en méfie (32 % ; -26 %).

En termes de répartition géographique, la part de personnes déterminées à participer diminue nettement dans les territoires ruraux (38 % ; -23 %), tandis qu’elle augmente en territoires urbains (50 % ; +10 %).  En territoires intermédiaires, une légère régression est reconnaissable (54 % ; -8 %).

Une analyse par région linguistique ne révèle que de légers décalages. En Suisse germanophone, 50 % (+3 %) des personnes manifestent une intention de vote ferme, 45 % (-3 %) en Suisse francophone et 43 % (+5 %) en Suisse italophone.

Façon de citer

Deuxième session de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 8 mars 2026, réalisée par l’institut de recherche gfs.bern entre le 11 février et le 19 février 2026 auprès de 11’754 titulaires du droit de vote. La marge d’erreur statistique est donc de +/- 2.8 points de pourcentage.

Méthode et base de données

La partie téléphonique de l’enquête présente a été réalisée par le Service d’enquête gfs, l’institut de recherche gfs.bern est en charge de l’évaluation et de l’analyse des données. Le sondage suit la procédure RDD/Dual Frame, via les réseaux fixe et mobile.

Dans le cadre du mandat SSR, le sondage téléphonique des électeurs est complété par un sondage en ligne depuis l’automne 2018, afin de renforcer la taille d’échantillonnage en Suisse romande et au Tessin. La partie en ligne a été réalisée sous forme de sondage opt-in (sondage participatif) via les portails en ligne de SRG SSR Médias.

 

 

Depuis le début de l’année 2024, avec l’aide de Boomerang Ideas, nous réalisons également des enquêtes systématiques sur les médias sociaux.

Nous ne pouvons émettre aucune affirmation sur la majorité des cantons vu que le nombre de personnes interrogées ne suffit pas pour effectuer des analyses assurées au niveau cantonal.

Vous trouverez ici plus d’informations sur la théorie et la méthode des sondages SRG Trend.

Rapport technique succinct

Commettant : Conférence CR de la SRG SSR
Corpus de base : Titulaires du droit de vote Suisses
Origine des adresses CATI : Plan d’échantillonnage Gabler/Häder pour RDD/dual-frame; corrigé par liste Swiss Interview
Origine des adresses en ligne : Sondage opt-in via les portails Internet de SRG SSR
Relevé des données : par téléphone, assisté par ordinateur (CATI) et en ligne
Nature de l’échantillonnage CATI : randomisé/par régions linguistiques; méthode de la date de naissance dans le foyer selon régions linguistiques
Nature de l’échantillonnage en ligne : Sondage de participation ouvert
Période d’enquête : 11 février – 19 février 2026
Jour médian de l’enquête : 14 février 2026
Taille des échantillons : minimum 1’200, réel 11’754 (Cati: 505, Online: 10’744, Boomerang Ideas: 505), n DCH: 8’649, n FCH: 2’538, n ICH: 567
Erreur d’échantillonnage : ± 2.8 points de pourcentage d’une valeur de 50% (et probabilité de 95%)
Particularités des quotas CATI : régions linguistiques
Particularités des quotas en ligne :
Pondération selon : Pondération dual-frame, langue, lieu de résidence, affinité avec un parti, recall, participation, pondération méthodologique
Durée de l’enquête moyenne CATI : 17.6 minutes (écart-type : 4.3 minutes)
Publication : 25 février 2026, 6h00