Etude sur mandat de la SRG SSR
Si le vote avait eu lieu le 18 janvier 2026, l’initiative sur l’argent liquide ainsi que le contre-projet correspondant auraient été acceptés. Dans le cadre de la question subsidiaire, une majorité des participants se serait prononcée en faveur du contre-projet. L’initiative SSR aurait, elle, conduit à une impasse. Enfin, l’initiative pour un fonds climat aurait été rejetée, tandis que la loi fédérale sur l’imposition individuelle aurait été acceptée.
Ces résultats constituent un instantané pris environ sept semaines avant le jour du scrutin et ne doivent pas être considérés comme des prévisions. L’étude décrit la situation de départ, en début de phase de la campagne principale.
À ce stade précoce de la campagne référendaire, l’opinion publique varie selon les propositions. C’est sur l’initiative SSR que l’opinion est la plus avancée: 78% des personnes disposées à participer indiquent une intention de vote arrêtée pour ou contre le projet. Près des deux tiers des personnes interrogées ont déjà exprimé des positions fermes concernant l’initiative sur l’argent liquide, l’initiative pour un fonds climat et la loi fédérale sur l’imposition individuelle. À l’inverse, l’opinion est beaucoup moins avancée sur le contre-projet à l’initiative sur l’argent liquide: seuls 44% des participants ont déjà une opinion arrêtée pour ou contre. Au début de la campagne principale, les arguments justifiant les décisions de vote sont clairement identifiables, surtout pour l’initiative SSR et l’initiative pour un fonds climat, mais moins pour l’initiative sur l'argent liquide et son contre-projet. Le projet d’imposition individuelle se situe dans la moyenne en ce qui concerne la solidité des arguments mobilisés.
Avec 47%, le taux de participation reste proche de sa moyenne à long terme (47,1% entre 2011 et 2024, selon l’OFS).
Toutes les indications fournies valent avec une probabilité de 95% affectée d’une marge d’imprécision de ±2,8 points de pourcentage. La campagne pour les votations et la formation de l’opinion ne font que commencer, faits manifestement susceptibles d’influencer la proportion de Oui et de Non lors des votations populaires. À cela s’ajoutent des effets dus à la mobilisation, encore inconnue, déclenchée par les campagnes.
Les constats du sondage font l’objet d’un positionnement théorique par le gfs.bern à l’aide de l’approche dispositionnelle.
Vous trouverez ici des informations de fond sur les quatre projets soumis aux votations de mars 2026, et ici sur la méthodologie utilisée pour les sondages SSR sur les tendances.
En outre, vous pouvez télécharger ici un recueil complet des graphiques.
Soutien actuel à l’initiative
Les premières réactions à l’initiative sur l’argent liquide sont favorables: 65% des personnes disposées à participer auraient voté pour le projet le 18 janvier 2026, contre 31% pour le vote contraire. À savoir que 4% des personnes étaient encore indécises.
Le contre-projet direct du Conseil fédéral et du Parlement bénéficie d’un soutien comparable: à la mi-janvier, 67% des participants potentiels s’y déclaraient favorables, 26% contraires et 7% indécis. À la question subsidiaire, une préférence pour le contre-projet se dessine: 43% des personnes interrogées se déclarent plutôt favorables à l’initiative sur l’argent liquide, 51% plutôt en faveur du contre-projet et 6% restent indécises.
Les personnes disposées à participer estiment que l’initiative sur l’argent liquide ainsi que le contre-projet direct seraient adoptés. Seuls 35% des personnes interrogées s’attendent à un rejet de l’initiative sur l’argent liquide le 8 mars 2026, et ce taux est encore plus faible pour le contre-projet, à 26%. En moyenne, le pourcentage de votes favorables à l’initiative sur l’argent liquide est estimé à 53,0 %, celui en faveur du contre-projet direct à 54,4 %. Ainsi, un soutien à la fois pour l’initiative et pour le contre-projet direct est attendu le jour du scrutin.
Opinion encore peu formée
L’opinion sur l’initiative sur l’argent liquide reste peu consolidée: 46% des participants potentiels se déclarent clairement favorables, 18% clairement opposés. Au total, 64% des personnes interrogées expriment ainsi une position claire.
Le contre-projet suscite une opinion moins consolidée, avec seulement 44% d’intentions de vote arrêtées.
Les justifications fournies pour orienter les décisions de vote se révèlent nettement plus limitées que pour les trois autres projets soumis au vote le 8 mars 2026. Les campagnes disposent ainsi d’une marge d’action sur les 36% et 56% de participants potentiels qui restent indécis ou n’ont pas encore arrêté leur décision.
Conflit préliminaire: le rôle central de l’orientation politique et de la confiance dans le gouvernement
Les intentions de vote initiales sur l’initiative sur l’argent liquide révèlent un clivage marqué selon l’appartenance politique. Le soutien le plus marqué à l’initiative sur l’argent liquide provient des partisans de l’UDC ainsi que des personnes non affiliées à un parti. Dans le camp de gauche-vert, l’opinion est divisée: si les partisans du PS et des VERT-E-S sont partagés, les électeurs du parti vert’libéral rejettent déjà l’initiative sur l’argent liquide dès le départ. Au sein des participants potentiels proches du PLR et du Centre, l’opinion est divisée. Dans l’ensemble, les positionnements partisans anticipés se vérifient pour l’UDC et le parti vert’libéral, alors qu’ils sont moins marqués parmi le PS, les VERT-E-S, le Centre et le PLR. L’opinion peu consolidée pourrait être fortement influencée dans les semaines à venir par les consignes officielles de vote encore incomplètes. Pour le contre-projet, tous les groupes d’électeurs montrent jusqu’à présent un soutien majoritaire.
À l’exception des sympathisants du parti vert’libéral, aucune autre sous-catégorie ne rejette l’initiative sur l’argent liquide, même si les niveaux de soutien diffèrent nettement.
L’adhésion tend à augmenter avec l’âge, et les caractéristiques socio-économiques exercent également une influence significative. Les niveaux d’approbation de l’initiative sur l’argent liquide sont supérieurs parmi les personnes à faible éducation et revenus modestes, et diminuent avec l’élévation du niveau d’instruction et du revenu.
Enfin, la confiance dans le gouvernement marque une ligne de division: les personnes qui se méfient du gouvernement sont nettement plus favorables à l’initiative que celles qui lui accordent leur confiance.
Par région linguistique, le rejet de l’initiative sur l’argent liquide est plus marqué en Suisse alémanique, sans toutefois empêcher une majorité de se déclarer favorable.
Le contre-projet apparaît comme plus consensuel, avec un soutien politique et sociétal étendu et des lignes de conflit moins prononcées. Toutes les sous-catégories analysées dans cette étude expriment un soutien majoritaire au contre-projet direct.
Arguments: liberté et autonomie personnelles face aux incertitudes juridiques
Dans le détail, la situation de départ de l’initiative sur l’argent liquide correspond en grande partie aux intentions de vote déclarées: 70% des participants potentiels se rapprochent des arguments des partisans, contre 23% de ceux des opposants (contre-projet: 64% vs 30%). Pour l’initiative et le contre-projet, 7 et 6% des participants potentiels ne se rattachent à aucun des deux camps.
Les principaux arguments en faveur de l’argent liquide bénéficient d’un soutien très large auprès de la population. L’argent liquide est largement considéré comme un moyen de paiement sûr en période de crise et étroitement lié à la liberté individuelle et à l’autodétermination. L’appréciation des dispositions spécifiques de l’initiative se révèle moins nette. Si la protection explicite des pièces et billets reçoit un soutien majoritaire, celui-ci reste nettement moins prononcé. Seule une majorité relative considère que la décision principale concernant la sécurisation de l’argent liquide devrait relever des autorités politiques plutôt que de la Banque nationale. Une certaine réticence apparaît face à une politisation accrue de la monnaie.
Dans l’ensemble, les contre-arguments bénéficient d’un soutien moins marqué et génèrent plus d’incertitudes.
Les déclarations indiquant que l’approvisionnement actuel en espèces est déjà garanti ou que le contre-projet parlementaire assure une protection suffisante convainquent de justesse une majorité de la population votante, mais sont rejetées par des fractions significatives. Les avis sont partagés quant à savoir si le cadre légal actuel assure une sécurisation adéquate de l’approvisionnement en espèces. L’assertion selon laquelle l’initiative manque de précision et crée une incertitude juridique ne peut être évaluée, ou n’est pas évaluée, par une part importante des participants potentiels.
Les premières intentions de vote pour l’initiative sur l’argent liquide sont surtout motivées par l’idée que l’argent liquide assure la liberté et l’autonomie personnelles. La protection explicite des pièces et billets, par opposition à une définition générale de l’argent liquide, soutient également l’adhésion. En revanche, les arguments qui mettent en doute la nécessité de l’initiative exercent un effet dissuasif: la réglementation actuelle serait suffisante, la Banque nationale suisse garantirait déjà l’approvisionnement en espèces et l’initiative serait trop vague. La perception selon laquelle l’initiative est peu claire contribue particulièrement à diminuer l’adhésion.
Tendance de l’opinion
Typologiquement, l’initiative sur l’argent liquide se présente comme une initiative prédisposée positivement, offrant un avantage initial au camp des partisans. Cette estimation se fonde aussi bien sur les intentions de vote mesurées que sur la situation et le contenu de l’argumentation. Pour une initiative populaire, ce schéma est courant, sans toutefois assurer le succès au scrutin.
Globalement, un modèle cohérent se dessine: l’argent liquide, considéré comme valeur et principe, recueille un large soutien, tandis que l’approche institutionnelle et le recours constitutionnel de l’initiative suscitent davantage de controverses, offrant une marge pour le contre-projet encore peu profilé.
Dans le scénario typique de formation de l’opinion, les intentions de vote se rapprochent au fil de la campagne des recommandations émises par le Conseil fédéral et le Parlement.
Au sein du débat public, les arguments contre acquièrent plus de poids, ce qui renforce les incertitudes ou les doutes semés envers le projet.
Dans le débat public, les arguments opposés pèsent plus lourd, accentuant les incertitudes ou les réserves sur la proposition. Dans ce scénario type, le contre-projet, en levant les incertitudes juridiques, est susceptible de bénéficier d’un regain d’adhésion. L’ampleur exacte d’un tel décalage reste toutefois incertaine.
Le soutien à l’initiative pourrait se stabiliser ou légèrement augmenter si les partisans maintiennent la pression liée à l’autodétermination et à la digitalisation de l’argent, ou s’ils discréditent le contre-projet.
Faute de visibilité sur l’évolution de l’opinion, le résultat du scrutin demeure incertain, même si les initiants partent avec certains avantages.
Les intentions de vote au coude à coude
Si l’initiative de la SSR avait été mise au vote à la mi-janvier, 52% des électeurs certains de participer se seraient prononcés contre, contre 46% en faveur. Compte tenu de la marge d’erreur de l’échantillon, la situation au début de la phase principale de la campagne est équilibrée, avec seulement 2% d’indécis.
L’opinion des électeurs certains de voter pour le scrutin du 8 mars 2026 diffère toutefois: 59% anticipent l’adoption de l’initiative, tandis que 41% prévoient son rejet. La part de votes favorables est estimée à 51,9% en moyenne.
Opinion déjà bien formée
À ce stade précoce, l’opinion est relativement consolidée: 78% des électeurs sont fermement décidés et leurs choix de vote sont solidement argumentés (degré d’explication: 78,5%). Parmi les électeurs certains de voter, seuls 20% n’ont pas encore de décision ferme et commencent seulement à se diriger dans un sens, tandis que 2% demeurent complètement indécis.
L’opinion étant déjà à un stade moyen à avancé, la capacité de la campagne à modifier les décisions de vote reste limitée. La faible majorité prévue rendra les efforts de mobilisation particulièrement déterminants pour le reste de la campagne.
Modèle de conflit provisoire: essentiellement déterminé par l’appartenance partisane et la confiance institutionnelle
Le conflit lié à l’initiative SSR est fortement structuré par l’appartenance partisane, avec une nette fracture gauche-droite. L’initiative rencontre un soutien marqué chez les électeurs de l’UDC et un rejet tout aussi net chez ceux du PS et des VERT-E-S. L’initiative est également perçue de manière majoritairement critique par les partisans décidés du parti vert-libéral et du Centre. Le rejet de l’initiative l’emporte également chez les partisans du PLR, quoique de façon moins nette. Les partisans sans affiliation montrent des opinions partagées, tandis que l’ensemble des électorats tend à suivre majoritairement la ligne ou la position attendue de leur parti national.
L’initiative SSR crée, au-delà des partis, une polarisation marquée selon le niveau de confiance dans le gouvernement. Le soutien à l’initiative est majoritaire chez les électeurs méfiants envers le gouvernement, tandis qu’il est rejeté de manière nette par ceux qui lui font confiance.
Les différences sociodémographiques sont peu marquées: le soutien est légèrement plus élevé chez les personnes à faible ou moyen niveau d’éducation et dans les groupes de revenus modestes, tandis que l’opposition croît avec l’éducation et le revenu. Les hommes montrent initialement un soutien légèrement supérieur à celui des femmes, et les électeurs plus âgés déjà décidés à voter sont un peu plus favorables que les plus jeunes.
Les différences régionales restent, quant à elles, modérées, la Suisse alémanique montrant un rejet moins prononcé que les régions francophones et italophones. Les électeurs germanophones affichent des intentions de vote équilibrées. Les écarts selon le type d’habitat restent limités: le soutien à l’initiative SSR est le plus faible en milieu urbain, alors que dans les zones intermédiaires et rurales, les intentions de vote se tiennent également à égalité.
Arguments: mission de service public possible malgré les coupes vs risque démocratique lié à une SSR affaiblie
Les arguments pro-initiative SSR divisent l’opinion, aucun ne rassemble une majorité claire. L’argument le plus approuvé est que la redevance radio TV actuelle est trop élevée et qu’une réduction à 200 francs allégerait sensiblement la charge des ménages (46% d’accord). L’idée que la SSR pourrait accomplir son mandat de service public avec des ressources financières nettement réduites est également peu soutenue (45%). Le soutien à l’argument selon lequel une redevance obligatoire pour la radio et la télévision n’est plus adaptée à notre époque est encore plus faible (42%).
Parmi les contre-arguments, 64% des personnes disposées à voter estiment que la redevance radio TV constitue un acte de solidarité envers les autres régions du pays. La crainte d’un affaiblissement de la SSR et de ses conséquences sur l’information et la démocratie directe est soutenue par 58% des participants.
À l’inverse, l’appréciation du rapport entre les prestations fournies et le montant de la redevance fait l’objet de divergences (52% d’accord).
Globalement, le camp des opposants présente un avantage argumentatif: 55% des sondés se rattachent aux contre-arguments, 43% aux arguments en faveur, et 2% demeurent neutres. Les arguments reflètent clairement les intentions de vote.
Malgré tout, l’impact des arguments profite au camp des partisans: les trois principaux points favorables sont liés à un soutien à l’initiative. Cela s’applique surtout aux arguments indiquant que la mission de service public reste réalisable avec des ressources réduites et qu’une baisse de la redevance allégerait concrètement la charge des ménages. Le principal effet dissuasif vient du contre-argument sur le risque pour l’information objective.
Tendance de l’opinion
L’initiative SSR débute la campagne dans une situation de statu quo. Parallèlement, la majorité des électeurs prévoient une adoption de l’initiative lors du scrutin. Cela traduit une perception d’adhésion sociale à l’initiative.
L’opposition se manifeste déjà, notamment au sein du camp gauche-vert, chez les électeurs proches du gouvernement et dans certaines parties du centre politique.
Bien que les opposants disposent d’un avantage numérique, les arguments principaux des initiants continuent de peser sur l’opinion. Les arguments les plus efficaces pour susciter l’adhésion à l’initiative sont ceux indiquant que la SSR peut remplir sa mission de service public avec moins de ressources et que cela soulagerait concrètement les ménages. En parallèle, la crainte de lacunes informationnelles et de menaces pour la démocratie directe pèse fortement sur l’opinion initiale.
À mesure que la campagne progresse, le débat sur les initiatives se recentre souvent des problèmes identifiés par les initiants vers les faiblesses et dangers de leur solution. Le camp des opposants démarre déjà bien organisé, et la campagne a généralement pour effet de faire croître la part de «non». Le soutien parmi les partisans de l’UDC et les personnes méfiantes envers le gouvernement paraît stable, alors que les appuis plus réservés dans d’autres groupes, tels que les hommes, les électeurs âgés ou ceux des zones rurales, risquent de se dissiper au cours de la campagne.
Étant donné l’équilibre de départ et la structure argumentaire polarisée, l’issue du vote demeure incertaine, malgré une opinion déjà bien formée. Compte tenu d’un profil d’opinion déjà relativement stable, la progression de la formation de l’opinion se jouera davantage sur la mobilisation que sur la conviction argumentaire. Les deux camps peuvent encore accroître leur mobilisation.
Intentions de vote actuellement critiques
Si l’initiative pour un fonds climat avait été soumise au vote le 18 janvier 2026, une majorité relative de 60% des électeurs disposés à participer se serait prononcée contre ou plutôt contre celle-ci. Une proportion de 35% se serait prononcée en faveur de l’initiative, tandis que 5% n’auraient exprimé aucune opinion. L’avance du camp opposé s’élève ainsi à 25 points de pourcentage, ce qui place clairement l’initiative en position défensive à l’entrée de la phase principale de la campagne.
L’appréciation des électeurs est tout aussi nette: 82% anticipent un rejet de l’initiative le 8 mars 2026, contre 18% qui tablent sur une acceptation. La part moyenne de votes favorables attendue s’élève à 42,21%.
Évolution moyenne de l’opinion
Dès une phase précoce, l’opinion sur l’initiative relative au fonds climat apparaît moyennement stabilisée. Parmi les électeurs disposés à voter, 64% affichent une intention de vote claire (oui ou non), 31% tendent vers une option sans que leur choix soit encore définitif, et 5% demeurent actuellement indécis.
Un peu plus des trois quarts des intentions de vote précoces peuvent être expliqués par les arguments testés (degré d’explication de la régression: 77%). Le niveau de consolidation de l’opinion est donc moyen, suggérant un potentiel de campagne restreint, mais présent. Étant donné le stade précoce et l’attention publique encore limitée, cela indique un réflexe défensif fondamental face à la proposition.
Modèle de conflit provisoire: préférence partisane, sexe et région linguistique comme lignes de fracture principales
Le conflit lié à l’initiative sur un fonds climat est clairement déterminé par l’appartenance partisane. La division la plus nette s’observe selon l’appartenance partisane. Les partisans des VERT-E-S soutiennent l’initiative presque unanimement (94% de votes favorables, dont 77% de manière catégorique), tandis que le PS affiche également un soutien net, avec 81% de votes favorables et 13% de votes défavorables.
Les partis bourgeois manifestent un rejet net de l’initiative: 86% des électeurs de l’UDC y sont opposés (71% fermement), 81% des partisans du PLR s’y opposent, et les électeurs du Centre rejettent majoritairement l’initiative, avec 63% de votes défavorables et 30% favorables. Les électeurs non affiliés à un parti montrent eux aussi un scepticisme majoritaire, avec 58% de votes défavorables et 32% favorables.
Le genre constitue une seconde ligne de fracture: les femmes sont plus favorables à l’initiative (42% de votes favorables, 51% défavorables), tandis que les hommes rejettent majoritairement le projet (68% de votes défavorables, 28% favorables).
La région linguistique joue également un rôle structurant: en Suisse alémanique, 65% des électeurs sont opposés à l’initiative et 31% la soutiennent; en Suisse romande, les intentions de vote sont quasiment équilibrées (47% pour, 45% contre, 8% indécis); en Suisse italienne, le rejet prédomine avec 56% de votes défavorables et 37% favorables.
Le soutien varie modérément, mais de manière cohérente selon les caractéristiques sociodémographiques. Les électeurs âgés de 18 à 39 ans manifestent un soutien plus marqué à l’initiative que les groupes plus âgés, et l’adhésion tend à diminuer légèrement avec le niveau de revenu. Selon le niveau d’éducation, le soutien est le plus élevé chez les personnes très instruites, tandis que le type d’habitat ne montre que de faibles différences, avec une adhésion légèrement plus forte dans les zones urbaines.
Enfin, un lien apparaît avec la confiance dans le gouvernement: 56% des individus faisant confiance au Conseil fédéral votent contre, contre 68% parmi ceux qui lui font peu confiance.
Arguments institutionnels déterminants des deux camps
Dans la situation de départ, les arguments concernant l’initiative sur un fonds climat présentent un bilan globalement critique. En considérant les six arguments examinés, 58% des électeurs prêts à participer se situent du côté des opposants, 37% du côté des partisans, et une minorité demeure indifférente.
Du côté des soutiens, l’argument le plus déterminant est que les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique contribuent à renforcer la sécurité d’approvisionnement de la Suisse. Une majorité de 69% des électeurs adhère pleinement ou plutôt à cet argument. En revanche, l’idée qu’un fonds climat public soit un outil adapté pour soutenir spécifiquement les mesures de protection du climat bénéficie d’un soutien plus limité: 40% des électeurs y sont favorables, tandis que 53% s’y opposent. L’affirmation selon laquelle la Suisse ne pourrait pas avancer suffisamment vite en matière de protection du climat sans milliards d’investissements supplémentaires est également majoritairement rejetée, avec 39% de votes favorables et 55% défavorables.
Du côté des opposants, les trois arguments testés recueillent la majorité des suffrages. Les deux arguments les plus largement soutenus chez les opposants concernent le budget et le rôle de l’État:
64% craignent que les dépenses prévues pour un fonds climat ne pèsent trop sur le budget fédéral, et 59% estiment qu’un fonds transfère trop de responsabilités à l’État au lieu de créer des incitations pour les acteurs privés. L’affirmation selon laquelle les instruments actuels de la politique climatique suisse sont globalement adéquats est également soutenue par une majorité nette, à hauteur de 58%.
Selon l’analyse d’impact, les intentions de vote sont avant tout structurées par des arguments de nature institutionnelle et politique. Selon l’analyse des effets, les intentions de vote sont principalement guidées, chez les partisans, par l’argument d’un fonds climat comme instrument approprié et par la nécessité d’investissements pour un climat protégé efficacement, tandis que chez les opposants, les préoccupations concernant la pression sur le budget fédéral et la suffisance des instruments existants jouent le rôle explicatif majeur.
Dans l’ensemble, les opposants disposent, dans la situation initiale, d’arguments plus largement soutenus et solidement ancrés. Parallèlement, la formation de l’opinion n’est pas encore définitivement achevée, ce qui, malgré les majorités nettes en faveur des arguments des opposants, laisse entrevoir un certain espace de manœuvre pour la campagne.
Tendance de l’opinion
L’initiative sur un fonds climat entre dans la phase principale du vote en partant d’une situation initiale nettement défensive. Même à un stade précoce, le rejet de l’initiative l’emporte, et les prévisions relatives à l’issue du scrutin sont clairement défavorables à la proposition. Dès le début, les opposants disposent d’arguments solidement ancrés et susceptibles de recueillir la majorité, notamment concernant les coûts, le rôle de l’État et les instruments climatiques existants. Ces arguments jouent un rôle structurant dans la formation de l’opinion et contribuent à consolider la part des votes contre.
Conformément aux tendances habituelles des initiatives populaires, le soutien à la proposition pourrait continuer de baisser au cours de la campagne si ses faiblesses sont mises en évidence, même dans un contexte où d’autres projets captent davantage l’attention publique.
Dans l’ensemble, la dynamique actuelle tend plutôt à consolider le rejet qu’à provoquer un retournement en faveur de l’initiative.
Soutien actuel à la loi
Selon les intentions de vote exprimées à un stade précoce, la loi fédérale sur l’imposition individuelle recueille un soutien majoritaire: 64% des électeurs prêts à participer se seraient prononcés en faveur de la proposition, contre 30% contre.
Quant aux prévisions concernant le scrutin, le climat est nettement en faveur de la loi: plus de 75% des électeurs estiment que la proposition sera acceptée. En moyenne, la part de votes favorables est toutefois estimée à près de 55%.
État de la formation de l’opinion: peu avancé
Parmi les électeurs prêts à participer, 65% ont déjà une position bien établie pour ou contre la proposition, alors que 6% demeurent complètement indécis. Les arguments permettent d’expliquer près des deux tiers des intentions de vote précoces, avec un pouvoir explicatif de 63,3% selon la régression. Ce niveau est sensiblement plus faible que celui observé, par exemple, pour l’initiative «200 francs, ça suffit!».
Le niveau de formation de l’opinion est au plus moyen, ce qui laisse une marge pour l’influence de la campagne. Les personnes indécises ou celles d’un avis peu affermi peuvent encore être persuadées dans l’une ou l’autre direction.
Schéma de conflit préliminaire: fort soutien à gauche et parmi les femmes
L’opinion précoce sur l’imposition individuelle est globalement marquée par une approbation étendue à travers la quasi-totalité des groupes de population. L’analyse des intentions de vote préalables ne permet pas de repérer de groupes manifestant un rejet majoritaire. Les différences se manifestent principalement dans l’intensité du soutien et l’ampleur de l’opposition, et non dans l’existence de majorités claires contre la proposition.
Le soutien des femmes à l’imposition individuelle est particulièrement net, avec 69% en faveur de la proposition, tandis que 60% des hommes y sont favorables.
Les segments de l’électorat de droite sont ceux qui adoptent le plus souvent une position critique. La base électorale de l’UDC se montre légèrement favorable à la proposition (53%), mais c’est également là que l’opposition est la plus marquée: 42% des électeurs sont plutôt ou fermement contre, dont 29% de manière catégorique. Aucun autre électorat partisan ne présente une proportion aussi élevée d’opposants déterminés, tandis que chez les électeurs du Centre, le soutien à la proposition est nettement majoritaire, à 62%. Bien que le soutien soit moins unanime que chez le PS, les VERT-E-S ou le parti vert’libéral, le conflit entre élites et base demeure au sein du Centre: ses délégués recommandent un vote contre.
Des variations régionales sont également visibles, mais elles ne conduisent pas à une opposition majoritaire. La proportion d’électeurs favorables s’établit à 62% en Suisse alémanique, 73% en Suisse romande, et 62% en Suisse italienne.
Les variations liées au type de zone d’habitat sont limitées: le soutien à la proposition atteint 65% en milieu urbain, 64% dans les zones intermédiaires et 63% dans les zones rurales. Il n’existe donc pas de clivage systématique entre milieux urbains et ruraux.
Les variations selon l’âge sont modérées et ne conduisent pas à une opposition majoritaire: 70% des 18–39 ans, 63% des 40–64 ans et 64% des 65 ans et plus soutiennent la proposition. Les discussions actuelles sur les effets fiscaux individuels pourraient accentuer le clivage lié à l’âge.
L’opinion précoce se révèle étonnamment uniforme à travers les catégories socio‑économiques, toutes les tranches de revenu affichant un soutien à la proposition compris entre 64% et 68%. Des majorités nettes apparaissent également selon le niveau de formation, avec 60% d’adhésion chez les personnes à faible scolarité, 62% chez les niveaux intermédiaires et 66% chez les niveaux élevés. Ces caractéristiques contribuent donc peu à structurer le clivage autour de la proposition.
La confiance dans le gouvernement révèle un léger différentiel: 71% des personnes ayant confiance dans le Conseil fédéral approuvent la proposition, contre 58% parmi celles qui lui font moins confiance, avec une part d’opposants fermes de 24%. Cependant, même dans ce contexte, l’approbation de la proposition demeure majoritaire.
Arguments: incitations à l’emploi et suppression de la pénalité du mariage dominent l’opinion positive
Au départ, les arguments favorables à l’imposition individuelle suscitent une approbation bien plus large que les arguments opposés. Dans l’ensemble des six arguments examinés, 60% des électeurs prêts à voter s’alignent sur les positions des partisans, près d’un tiers sur celles des opposants, tandis qu’une minorité demeure indifférente.
L’argument en faveur de l’égalité fiscale entre personnes mariées et non mariées ayant le même revenu est le plus convaincant, recueillant l’approbation d’une très large majorité. L’argument selon lequel l’imposition individuelle créerait des incitations au travail pour les deux partenaires, renforcerait l’indépendance financière et favoriserait l’égalité entre femmes et hommes est également majoritairement soutenu. En revanche, l’argument concernant l’allègement fiscal pour la majorité des contribuables apparaît moins solidement ancré: il recueille encore une majorité, mais des doutes largement répandus subsistent quant à son effet réel.
Chez les opposants, les préoccupations concernant l’augmentation de la bureaucratie et des coûts de gestion dominent et sont majoritairement partagées.
L’éventuelle pénalisation des ménages où un partenaire réduit son activité professionnelle (notamment pour s’occuper des enfants) reçoit le soutien d’une majorité relative. L’argument le moins convaincant, en termes de majorité, concerne la crainte que les ménages de la classe moyenne et les familles monoparentales soient davantage pénalisés, tandis que les couples à double revenu et à hauts revenus en bénéficieraient. Ceux qui adhèrent à cet argument sont nettement plus enclins à rejeter la proposition.
Les opinions s’expliquent principalement par l’argument des incitations au travail et par l’indépendance financière des femmes. De plus, les positions sur la suppression de la pénalité du mariage et sur les conséquences fiscales individuelles contribuent également à soutenir le camp des partisans. Globalement, les partisans disposent d’arguments solides et persuasifs, alors que les opposants ne parviennent qu’à susciter un soutien restreint au départ. Cependant, la formation de l’opinion n’est pas encore pleinement consolidée à ce stade, ce qui laisse une marge pour l’action de la campagne.
Tendance de l’opinion
Dans l’ensemble, l’opinion précoce sur la réforme de l’imposition individuelle est positive, bien que les positions ne soient pas encore solidement établies. Les intentions de vote sont favorables à la proposition, et les arguments des partisans prévalent dans l’opinion précoce. Les arguments portant sur l’égalité d’imposition, les incitations à l’emploi et l’autonomie financière des femmes sont particulièrement solides et structurent les intentions de vote initiales bien plus fortement que les contre-arguments.
Chez les opposants, les préoccupations liées à une bureaucratie accrue dominent, alors que les autres arguments, même soutenus par les recommandations de rejet des deux partis gouvernementaux (Centre et UDC), ne suscitent qu’un soutien limité.
Dans l’ensemble, les opposants ne parviennent pas, dans la situation initiale, à établir une position de rejet majoritaire.
Parallèlement, la formation de l’opinion n’est pas encore achevée. Le degré d’explication modéré et la stabilité partielle des opinions laissent entrevoir une marge d’action pour la campagne. Si le scénario habituel de formation de l’opinion pour les initiatives gouvernementales se confirme, cela plaiderait en faveur de l’adoption de la proposition. Étant donné que la dynamique reste incertaine, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives quant au résultat du scrutin.
Intention moyenne de participation au scrutin du 8 mars 2026
La volonté de participation mesurée jusqu’à présent pour le 8 mars 2026 est de 47%, soit proche de la moyenne sur le long terme (47,1% entre 2011 et 2024 selon l’OFS).
Même à ce stade précoce de la campagne, les cinq projets mobilisent déjà une grande partie de la population. Cette valeur devrait toutefois encore augmenter à l’approche du dimanche de vote, ce qui laisse présager une participation supérieure à la moyenne pour le scrutin du 8 mars 2026.
Profil des personnes désireuses de participer
Actuellement, les électeurs plus âgés et ceux issus de ménages de statut socio-économique moyen à élevé déclarent des intentions de participation plus élevées que leurs homologues.
Sur le plan politique, les sympathisants du parti vert-libéral se distinguent par des intentions de participation particulièrement élevées, mais à un niveau un peu plus modéré, on retrouve également celles des électeurs du PS, du Centre et de l’UDC. Jusqu’à présent, les électeurs des VERT-E-S et ceux sans affiliation partisane sont nettement moins mobilisés que la moyenne, tandis que les sympathisants du PLR se situent à un niveau proche de celle-ci.
Au début de la phase principale de la campagne, la mobilisation précoce se distingue par une forte critique du gouvernement. Les électeurs méfiants à l’égard du gouvernement (58% de participation prévue) sont nettement plus mobilisés que ceux qui lui font globalement confiance.
D’un point de vue linguistique, la mobilisation initiale est plus élevée en Suisse alémanique et en Suisse romande qu’en Suisse italienne.
Au fil de la campagne, le débat devrait toucher un public plus large, ce qui pourrait encore modifier la composition de l’électorat d’ici le 8 mars 2026.
Première session de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 8 mars 2026, réalisée par l’institut de recherche gfs.bern entre le 12 janvier et le 26 janvier 2026 auprès de 15’371 titulaires du droit de vote. La marge d’erreur statistique est donc de +/- 2.8 points de pourcentage.
La partie téléphonique de l’enquête présente a été réalisée par le Service d’enquête gfs, l’institut de recherche gfs.bern est en charge de l’évaluation et de l’analyse des données. Le sondage suit la procédure RDD/Dual Frame, via les réseaux fixe et mobile.
Dans le cadre du mandat SSR, le sondage téléphonique des électeurs est complété par un sondage en ligne depuis l’automne 2018, afin de renforcer la taille d’échantillonnage en Suisse romande et au Tessin. La partie en ligne a été réalisée sous forme de sondage opt-in (sondage participatif) via les portails en ligne de SRG SSR Médias.
Depuis le début de l’année 2024, avec l’aide de Boomerang Ideas, nous réalisons également des enquêtes systématiques sur les médias sociaux.
Nous ne pouvons émettre aucune affirmation sur la majorité des cantons vu que le nombre de personnes interrogées ne suffit pas pour effectuer des analyses assurées au niveau cantonal.
Vous trouverez ici plus d’informations sur la théorie et la méthode des sondages SRG Trend.
Rapport technique succinct
Commettant : Conférence CR de la SRG SSR
Corpus de base : Titulaires du droit de vote Suisses
Origine des adresses CATI : Plan d’échantillonnage Gabler/Häder pour RDD/dual-frame; corrigé par liste Swiss Interview
Origine des adresses en ligne : Sondage opt-in via les portails Internet de SRG SSR
Relevé des données : par téléphone, assisté par ordinateur (CATI) et en ligne
Nature de l’échantillonnage CATI : randomisé/par régions linguistiques; méthode de la date de naissance dans le foyer selon régions linguistiques
Nature de l’échantillonnage en ligne : Sondage de participation ouvert
Période d’enquête : 12 janvier – 26 janvier 2026
Jour médian de l’enquête : 18 janvier 2026
Taille des échantillons : minimum 1’200, réel 15’371 (Cati: 502, Online: 14’367, Boomerang Ideas: 502), n DCH: 11’590, n FCH: 3’333, n ICH: 448
Erreur d’échantillonnage : ± 2.8 points de pourcentage d’une valeur de 50% (et probabilité de 95%)
Particularités des quotas CATI : régions linguistiques
Particularités des quotas en ligne : –
Pondération selon : Pondération dual-frame, langue, lieu de résidence, affinité avec un parti, recall, participation, pondération méthodologique
Durée de l’enquête moyenne CATI : 17.5 minutes (écart-type : 4.7 minutes)
Publication : 30 janvier 2026, 6h00