Enquête effectuée auprès des jeunes et des entreprises sur mandat du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation SEFRI
Objectifs et profil de l’étude
L’objectif du Baromètre des transitions est de recenser les choix des jeunes en matière de formation à la fin de leur scolarité obligatoire et d’évaluer la situation sur le marché des places d’apprentissage en Suisse.
Une enquête en ligne (disponible en trois langues) est menée chaque année à cet effet auprès des jeunes âgés de 15 à 17 ans (sauf au Tessin: 14 à 16 ans) et des entreprises comptant au minimum deux employés. Cette enquête est systématiquement réalisée en deux vagues (avril/mai et août, archives baromètre des transitions).
Les graphiques ci-après donnent un aperçu des principaux résultats de la deuxième vague d’enquête 2025. Les données présentées ont été obtenues par extrapolation. Les résultats des échantillons ont été extrapolés à l’ensemble de la population.
Les résultats de cette deuxième vague de 2025 se fondent sur une enquête représentative effectuée auprès de 1 943 jeunes et de 3 927 entreprises dans toute la Suisse. La méthodologie est détaillée à la fin de ce cockpit.
Le rapport succinct sur l’enquête d’avril peut être consulté sous le lien suivant : Cockpit Avril 2025. Le rapport de recherche détaillé sera disponible début décembre 2025.
Sur les 93 026 jeunes qui ont achevé l’école obligatoire à l’été 2025, 50 % ont commencé une formation professionnelle initiale et 34 % ont opté pour une voie de formation générale. 16 % ont opté pour une solution intermédiaire pour différentes raisons : 11 % se sont orientés vers une offre transitoire et 5 % vers une année intermédiaire.
Cette année, la part de jeunes qui ont choisi la voie de formation générale est identique à celle de 2024 (2025 : 34 %). La tendance observée depuis 2020 ne se poursuit pas, du moins pour le moment. Parallèlement, la proportion de jeunes qui ont commencé une formation professionnelle initiale duale a légèrement augmenté (2024 : 41 %, 2025 : 46 %). La proportion de jeunes ayant opté pour une offre transitoire est restée stable. En 2025, le nombre de jeunes effectuant une année intermédiaire diminue considérablement. Il revient au niveau des années 2018 à 2022, les valeurs élevées des deux années précédentes constituant de fait des exceptions.
À noter que seule une partie de la demande en places d’apprentissage est représentée ici, à savoir celle des 14-17 ans qui terminent leur scolarité obligatoire.
Parmi les entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête, 56 % forment des apprentis. En 2025, elles ont proposé au total 87 342 formations professionnelles initiales duales ayant commencé à l’été 2025. La forte proportion d’entreprises formatrices est liée à la composition de l’échantillon : les entreprises qui forment sont surreprésentées, car ce sont elles qui intéressent particulièrement le Baromètre des transitions.
Sur les places d’apprentissage proposées en 2025, une proportion stable de 90 % correspond à des formations professionnelles initiales menant au certificat fédéral de capacité (CFC) et 10 % à des formations professionnelles initiales débouchant sur une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP).
En 2025, la majeure partie des entreprises formatrices a maintenu une offre constante par rapport à 2024 (72 %). 12 % des entreprises ont proposé davantage de places d’apprentissage et 8 % ont réduit leur offre.
Les candidatures inadaptées ou l’absence de candidatures sont les principales raisons mentionnées par les entreprises pour expliquer les places d’apprentissage vacantes.
87 % (75 839) des places d’apprentissage proposées ont été attribuées au plus tard en août 2025. Ce taux est proche des valeurs des années précédentes et renvoie globalement à une attribution régulière des places d’apprentissage à l’été 2025.
La raison la plus fréquemment invoquée par les entreprises pour expliquer les places d’apprentissage vacantes est l’insuffisance du nombre de candidatures. L’absence de candidatures arrive juste derrière. L’offre est donc supérieure à la demande. Les jeunes déclarent de leur côté un peu moins souvent que dans les années antérieures à 2023 que le métier d’apprentissage choisi correspond à l’apprentissage qu’ils souhaitent. Du côté de la demande, des compromis ont par conséquent été faits un peu plus souvent dans le choix du métier.
À noter cependant que le Baromètre des places d’apprentissage ne tient pas compte des jeunes qui ont achevé l’école obligatoire avant 2025 – qui entrent donc sur le marché des places d’apprentissage plus tardivement que les personnes interrogées. En conséquence, il n’est pas possible de procéder à une évaluation complète de la situation sur le marché des places d’apprentissage en Suisse. Selon les données fournies par les entreprises, la part des personnes âgées de plus de 16 ans qui commencent une formation professionnelle initiale en 2025 s’élève à 44 %.
Jeunes
Pour la grande majorité des jeunes intéressés par un apprentissage, le processus de candidature constitue une expérience positive : 45 % émettent un jugement très positif et 42 % un jugement plutôt positif. À l’inverse, une minorité de seulement 7 % exprime des sentiments négatifs à l’égard du processus de candidature.
La situation actuelle en matière de candidature correspond au tableau ainsi dressé : jamais depuis le début de l’enquête, il n’y a eu en moyenne moins de refus de candidatures de jeunes qu’en 2025. Il est frappant de constater que les jeunes de Suisse alémanique évaluent leur processus de candidature de manière beaucoup plus positive que les jeunes de Suisse romande et de Suisse italienne.
Il ressort clairement des appréciations des jeunes concernant les difficultés rencontrées pour postuler à une place d’apprentissage qu’ils soulignent surtout les difficultés pratiques. La préparation du dossier de candidature est la plus souvent citée. 34 % considèrent qu’il s’agit de la plus grande difficulté. Presque autant de jeunes (32 %) ont du mal à trouver une place d’apprentissage appropriée. Un peu moins d’un quart d’entre eux font état de nombreuses réponses négatives reçues durant le processus de candidature.
Trouver le métier adéquat constitue également un problème : 22 % des jeunes y voient la plus grande difficulté. Les autres difficultés évoquées sont l’absence de réponse des entreprises (17 %) ou la peur du rejet (15 %). Pour 14 %, l’entretien d’embauche représente une difficulté importante.
D’autres difficultés sont beaucoup moins fréquemment citées : début tardif du processus de candidature (8 %), manque de soutien de la part des parents ou de l’école (4 %), problèmes de langue ou de communication et discriminations (3 % chaque). Rares sont les jeunes qui mentionnent des problèmes avec les candidatures en ligne ou l’impossibilité d’accéder à un ordinateur et à Internet.
Dans l’ensemble, il apparaît que seule une petite partie des jeunes est confrontée à des difficultés d’ordre structurel ou social et que les difficultés résident surtout dans les exigences essentielles du processus de candidature proprement dit, c’est-à-dire la préparation des documents, la recherche d’une place d’apprentissage et la gestion des réponses négatives.
Entreprises
Les entreprises portent un regard plus critique sur le processus de candidature. Non seulement la raison la plus souvent invoquée pour expliquer les places d’apprentissage vacantes est l’absence de candidatures ou l’inadéquation des candidatures, mais elles déplorent aussi l’adéquation insuffisante entre les candidats potentiels et les exigences de la profession. Concrètement, 36 % des entreprises formatrices déclarent recevoir assez souvent à très souvent des candidatures de personnes non adaptées pour le poste.
Par ailleurs, 35 % reçoivent occasionnellement ce type de candidatures.
On ne peut toutefois parler d’une faiblesse générale de l’offre que pour 12 % au plus des entreprises. 14 % déclarent qu’elles ne reçoivent parfois aucune candidature. Néanmoins, la grande majorité des entreprises précisent qu’il ne leur est que rarement ou jamais arrivé de ne recevoir aucune candidature pour les places d’apprentissage proposées.
Les mauvaises notes scolaires sont la critique concrète la plus souvent citée par les entreprises concernant les candidatures pour des places d’apprentissage. Les lacunes linguistiques telles que les fautes d’orthographe et de grammaire ainsi qu’une motivation peu claire ou les candidatures impersonnelles sont également très souvent évoquées.
Environ un tiers des entreprises mentionnent une adéquation insuffisante entre la candidature et les exigences du métier, suivie de près par l’absence de représentation de la profession ou des attentes irréalistes.
Les documents incomplets sont cités par un quart d’entre elles. Plus rare, mais significatif : le manque de fiabilité ou le non-respect des rendez-vous, une attitude peu affirmée lors de l’entretien ou des documents mal structurés. L’absence de soutien de la part de l’école ou des parents est citée par 9 % des entreprises. Les difficultés techniques en cas de candidature en ligne sont rares (3 %).
Les entreprises qui déclarent qu’il leur est arrivé de n’avoir reçu aucune candidature pensent que le problème est principalement qu’il n’y a pas assez de candidats appropriés. Elles estiment également que l’académisation et la faible attractivité du métier sont les principales raisons de l’absence de candidatures. Pour environ une entreprise sur cinq, la concurrence avec les autres entreprises formatrices explique le faible nombre ou l’absence de candidatures.
La situation en matière de places de formation joue également un rôle. Si des places d’apprentissage sont proposées dans des régions difficiles d’accès pour les jeunes, l’offre d’emploi diminue encore plus.
Enfin, quelques entreprises font preuve d’autocritique et invoquent un manque de notoriété de l’entreprise, une activité de recrutement insuffisante ou encore l’absence d’avantages extra-salariaux.
Les jeunes vivent le processus de candidature de manière majoritairement positive. Les difficultés résident surtout dans des obstacles pratiques tels que la préparation du dossier de candidature, la recherche de places d’apprentissage et la gestion des réponses négatives. De leur côté, les entreprises se montrent plus critiques à l’égard de la qualité des candidatures et déplorent les mauvais résultats scolaires, les lacunes linguistiques et une motivation peu claire.
On ne peut guère parler d’une faiblesse générale de l’offre. Les réponses des entreprises et des jeunes soulignent des divergences entre les attentes des entreprises, les compétences des jeunes et leur perception de leur propre image. Il est donc essentiel d’améliorer de manière ciblée la concordance entre les exigences et les compétences.
État d’esprit des jeunes au moment de la transition I
Au moment de la transition I, les jeunes voient de plus en plus l’avenir avec des sentiments mitigés. Une petite majorité d’entre eux (51 %) restent confiants vis-à-vis de l’avenir, mais ce chiffre n’a jamais été aussi faible au cours des cinq dernières années.
Quant à l’avenir de la société dans son ensemble, les jeunes tempèrent leur enthousiasme et pensent qu’il sera sombre.
Cela se confirme également en 2025.
En 2025, les jeunes en fin de scolarité continuent de juger de manière positive leur situation en matière de formation. Bien que l’on observe un léger recul de leur satisfaction sur le court terme, la valeur moyenne reste stable par rapport à 2024. Sur une échelle de 0 à 10, les valeurs moyennes de la satisfaction à l’égard de la formation après la scolarité obligatoire sont de 7,1 (+0.1). Cette année, les jeunes sont plus satisfaits de la vie en général. La valeur moyenne est de 7,4 en 2025 (+0,3).
En 2025, le choix de la formation reste une décision libre pour la plupart.
La grande majorité des jeunes se réjouissent de suivre leur formation. Toutefois, ces valeurs sont en baisse depuis 2021. 73 % décrivent toujours leur choix comme la formation de leurs rêves ou la solution idéale. Néanmoins, cette valeur est actuellement à son niveau le plus bas depuis le début de l’enquête.
Les jeunes sont aussi nombreux qu’en 2024 à déclarer que le choix de la formation a été difficile (39 %). Pour 20 % d’entre eux, le choix opéré est un compromis (-2 points de pourcentage) et 27 % déclarent qu’il s’agit d’une solution transitoire, cette dernière réponse étant moins souvent citée que les deux années précédentes.
En 2025 également, la situation au moment de la transition I peut par conséquent être décrite comme globalement satisfaisante du point de vue des jeunes. La formation choisie est moins souvent qualifiée de solution transitoire que lors des deux dernières enquêtes. L’enthousiasme suscité par les formations relevé au début de la série d’enquêtes s’est toutefois quelque peu atténué au cours des dernières années.
Choix de la formation après la scolarité obligatoire
78 % des jeunes ont commencé la formation qu’ils souhaitaient à l’été 2025, selon l’enquête d’avril. Cette valeur marque un léger recul sur le court terme et passe pour la deuxième fois sous la barre des 80 %. Elle avait oscillé entre 81 % et 86 % de 2018 à 2023. 11 % font autre chose que leur premier ou deuxième choix. Après une légère hausse de 3 points de pourcentage l’année dernière, la valeur est retombée à son niveau de 2023 (11 %).
La formation professionnelle initiale, qu’elle se présente sous la forme d’une formation professionnelle initiale duale (42 986 jeunes, soit 46 %) ou d’une formation en école (3 747 jeunes, soit 4 %), reste l’option la plus fréquente au sortir de la scolarité obligatoire. Ce constat vaut surtout pour les garçons (54 % contre 46 % de filles), les filles privilégiant la formation générale (38 % contre 29 % de garçons). En 2025, l’écart entre filles et garçons est un peu moins marqué que les années précédentes pour la troisième fois consécutive. Dans l’ensemble, 34 % des jeunes entre 14 et 17 ans commencent un cursus dans une école de maturité gymnasiale ou une école de culture générale (+2 points de pourcentage).
Cette année, la voie de formation générale a été un peu plus souvent choisie que l’année précédente.
Ce choix reste répendue en Suisse romande et italienne (Suisse alémanique : 22 %, Suisse romande : 55 %, Suisse italienne : 68 %).
Un peu plus de jeunes que les années précédentes optent pour une offre transitoire après la scolarité obligatoire (10 084, soit 11 %), le rapport entre les sexes restant équilibré (garçons : 11 %, filles : 10 %). 5 % décident d’effectuer une année intermédiaire (voyages, séjours linguistiques, année d’économie domestique, etc.) (-8 points de pourcentage). Les filles continuent à choisir cette voie plus souvent que les garçons (garçons : 3 %, filles : 5 %). Les deux dernières années semblent donc avoir été des exceptions, alors que le niveau précédent se rétablit actuellement.
Au cours des trois dernières années, la part des jeunes souhaitant s’engager dans une filière de formation générale avait diminué. Cette tendance ne s’est toutefois pas confirmée pour le moment. La proportion de jeunes optant pour une formation générale en fin de scolarité n’a pas poursuivi sa baisse cette année. Cela vaut pour les deux sexes. En particulier, la proportion de garçons qui se tournent vers la voie de formation générale a augmenté, même si elle reste plus souvent choisie par les filles (garçons : 29 %, filles : 38 %).
Formation professionnelle initiale
La catégorie Formation professionnelle initiale (46 732 personnes) englobe les jeunes qui commencent une formation professionnelle initiale duale (42 986/92 %) et ceux qui entreprennent une formation professionnelle initiale en école (3 747/8 %). Ces derniers représentent clairement une minorité à l’échelle nationale et le rapport est resté stable en 2025. Ce choix varie toutefois selon les régions linguistiques : en Suisse romande, la proportion de jeunes qui suivent une formation professionnelle initiale en école est plus élevée qu’en Suisse alémanique et italienne. Pour 40 % des jeunes, la décision de s’orienter vers une formation professionnelle initiale en école tient le plus souvent au fait qu’ils estiment que la voie scolaire leur convient mieux (2018 : 52 %, 2019 : 55 %, 2020 : 50 %, 2021 : 51 %, 2022 : 53 %, 2023 : 59 %, 2024 : 54 %). Comme les années précédentes, la deuxième raison la plus souvent mentionnée est le fait qu’ils n’ont pas trouvé de place d’apprentissage qui leur convenait (2022 : 22 %, 2023 : 21 %, 2024 : 21 %, 2025 : 33 %). Ce chiffre a augmenté par rapport aux années précédentes.
La plupart des jeunes ont commencé une formation professionnelle initiale de trois ou quatre ans (respectivement 61 % et 33 %) couronnée par un certificat fédéral de capacité (CFC). Rares (6 %) sont celles et ceux qui ont opté pour une formation professionnelle initiale de deux ans sanctionnée par une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP).
En 2025, 22 % des jeunes qui ont commencé une formation professionnelle initiale prévoient de préparer une maturité professionnelle en parallèle. Cette valeur a légèrement baissé par rapport à 2021 et 2022 et se situe actuellement au niveau des deux premières années de l’enquête ainsi que des années précédentes (2018 : 21 %, 2019 : 20 %, 2020 : 30 %, 2021 : 31 %, 2022 : 26 %, 2023 : 23 %, 2024 : 21 %). 58 % des jeunes n’envisagent pas cette option, un pourcentage en légère baisse (-6 points de pourcentage). Toutefois, une part plus élevée de jeunes se disent encore incertains à ce sujet.
Le plus souvent, les apprentis se décident pour une maturité professionnelle en raison des meilleures opportunités de carrière qu’elle offre. Après avoir augmenté l’année passée, cette valeur est revenue au niveau de 2023 (2023 : 51 %, 2024 : 58 %, 2025 : 48 %). La deuxième raison la plus citée pour justifier le choix de la maturité professionnelle est que les apprentis souhaitent faire des études plus tard (2023 : 32 %, 2024 : 23 %, 2025 : 29 %). Cette valeur a de nouveau légèrement progressé.
En ce qui concerne la répartition entre les sexes, il apparaît que les garçons mentionnent plus souvent les meilleures opportunités de carrière (garçons : 57 %, filles : 37 %) et, inversement, les filles citent plus souvent le souhait de faire des études (filles : 35 %, garçons : 24 %). En 2025, les filles justifient plus souvent leur décision par d’autres raisons (filles : 17 %, garçons : 9 %).
Les jeunes qui font le choix de ne pas effectuer la maturité professionnelle invoquent plusieurs raisons : ils craignent que le double cursus ne soit trop stressant (2022 : 19 %, 2023 : 19 %, 2024 : 23 %, 2025 : 25 %), ils ne sont pas intéressés (2022 : 26 %, 2023 : 24 %, 2024 : 21 %, 2025 : 22 %) ou ils ont l’intention d’effectuer la maturité professionnelle après leur formation professionnelle initiale (21 %). La crainte du stress poursuit donc sa hausse, tandis que l’intention d’effectuer la maturité professionnelle après l’apprentissage est moins souvent citée par les jeunes.
91 % des jeunes qui commenceront une formation professionnelle initiale en 2025 déclarent que leur apprentissage actuel correspond à leur apprentissage souhaité.
Le tableau ci-après répertorie les dix professions les plus prisées par les jeunes en 2025. À noter que de fortes variations peuvent survenir d’une année à l’autre : la taille de l’échantillon étant relativement petite, elle présente une grande marge d’erreur. En 2025, les formations professionnelles initiales de mécatronicien/mécatronicienne d’automobiles et de logisticien/logisticienne figurent à nouveau dans le top 10. En sont donc sorties les formations professionnelles initiales de dessinateur/dessinatrice et d’assistant médical/assistante médicale, cette dernière n’en étant sortie que de justesse. On notera le nouveau recul de la formation professionnelle initiale d’employé/employée de commerce, la plus plébiscitée. Sur le court terme se dessine donc une tendance à la baisse du nombre d’entrées en apprentissage. En revanche, les proportions de jeunes qui effectuent une formation professionnelle initiale dans le domaine de la santé et de ceux qui suivent une formation de gestionnaire du commerce de détail ont nettement augmenté.
Parmi les jeunes qui ont commencé une formation professionnelle initiale en 2025, les garçons sont plus nombreux (24 222/56 %) que les filles (18 763/44 %). Cette répartition entre les sexes a été relativement stable jusqu’à présent. En 2025, un léger glissement a été enregistré : certes, les garçons sont toujours plus nombreux à suivre une formation professionnelle initiale, mais la proportion de jeunes femmes a sensiblement augmenté.
Par ailleurs, des différences nettes se confirment en 2025 en ce qui concerne le choix de la profession en fonction du sexe.
Seule la formation professionnelle initiale d’employé/employée de commerce est prisée quel que soit le sexe.
Ce qui reste inchangé, c’est que les jeunes femmes ont tendance à se diriger davantage vers des formations professionnelles initiales dans les domaines de la santé et du social, les jeunes hommes plutôt vers des formations professionnelles initiales techniques et artisanales.
Les filles font leur choix parmi un éventail de professions plus large que les garçons.
Employée de commerce
Assistante en soins et santé communautaire
Assistante socio-éducative
Gestionnaire du commerce de détail
Assistante médicale
Employé de commerce
Polymécanicien
Informaticien
Logisticien
Installateur-électricien
Les jeunes qui ont commencé une formation professionnelle initiale duale en 2025 ont envoyé en moyenne 8 candidatures, ce qui correspond à la à la deuxième valeur la plus basse depuis le début de l’enquête (2019: 10.3, 2020: 7.1, 2021 : 9,4, 2022 : 8,4, 2023 : 9,7, 2024 : 10,3). En 2025, le nombre de réponses positives à des candidatures a légèrement diminué par rapport à l’année précédente et se rapproche ainsi des valeurs enregistrées en 2021 et 2022 (2021 : 1,9, 2022 : 1,9, 2023 : 2,4, 2024 : 2,4, 2025 : 2,1).
Le nombre de réponses en suspens (2021 : 2,0, 2022 : 1,5, 2023 : 1,1, 2024 : 0,8, 2025 : 1,1) a de nouveau augmenté par rapport à l’année passée, tandis que les refus n’ont jamais été aussi peu nombreux qu’en 2025 (2021 : 5,5, 2022 : 5,0, 2023 : 6,1, 2024 : 4,9).
On constate un retour à la normale du processus de candidature au cours des trois dernières années. Dans le contexte de la pandémie, il avait été clairement plus court.
Aujourd’hui, la tendance est à un processus de candidature plus long : il y a eu à nouveau moins de jeunes que l’année précédente qui déclarent avoir commencé à postuler seulement trois mois avant l’enquête, c’est-à-dire au printemps (2018 : 4 %, 2019 : 6 %, 2020 : 8 %, 2021 : 22 %, 2022 : 21 %, 2023 : 9 %, 2024 : 11 %, 2025 : 8 %). Cette valeur reste cependant légèrement supérieure à celles enregistrées avant la pandémie. La majorité des personnes interrogées ont toutefois commencé à postuler il y a un an (44 %), voire avant (32 %).
Les ruptures de contrats d’apprentissage avant le début de la formation professionnelle initiale restent clairement une exception. Avec une valeur stable de 5 % de jeunes déclarant que leur contrat d’apprentissage a été résilié, les ruptures de contrat ont néanmoins été plus fréquentes entre 2023 et 2025 que les années précédentes (2021 : 2 %, 2022 : 2 %, 2023 : 5 %, 2024 : 5 %).
Voies de formation générale
31 241 jeunes au total (soit 34 %) ont entamé une formation générale après les vacances d’été. 24 463 d’entre eux (soit 78 %) fréquentent une école de maturité gymnasiale, tandis que les 6 777 autres (22 %) sont scolarisés dans une école de culture générale. La répartition entre ces deux types d’écoles de formation générale se révèle relativement stable. En 2025, les filles (17 320/55 %) ont de nouveau été plus nombreuses que les garçons (12 239/45 %) à opter pour une voie de formation générale. Ce rapport est connu et reste relativement stable.
La majorité des élèves des écoles de formation générale ont pu trouver l’option spécifique de leur choix dans l’école qu’ils fréquentent (82 %). Les options spécifiques choisies par la majorité des gymnasien(ne)s et des élèves des écoles de culture générale sont illustrées ci-dessous. En 2025, les gymnasien(ne)s ont à nouveau le plus souvent opté pour l’économie, le commerce et le droit. Cette année, l’option spécifique biologie et chimie est un peu plus prisée que les langues modernes, la physique et les mathématiques appliquées.
Aucune tendance à long terme ne se dégage en ce qui concerne le choix de l’option spécifique. Les variations d’une année sur l’autre sont plutôt hétérogènes en raison du faible nombre de personnes interrogées.
Par rapport aux années précédentes, on observe toutefois que les arts visuels et la musique ont perdu du terrain, tandis que l’option spécifique biologie et chimie a été plus souvent choisie.
Aucune tendance nette ne se dégage non plus dans le choix de l’option spécifique dans les écoles de culture générale. Les écarts dans les séries de données à partir de 2023 doivent être interprétés avec prudence, car plusieurs réponses ont été autorisées pour cette question à partir de cette date. L’année dernière, la santé et les sciences naturelles, jusqu’alors en tête, avaient été supplantées par la pédagogie. Cette évolution s’est confirmée en 2025. À la troisième position, on trouve toujours l’économie, le commerce et le droit. Ces trois options spécifiques occupent les premières places d’une année sur l’autre, mais pas toujours dans le même ordre. Le travail social se classe à la quatrième place, les arts visuels et les arts appliqués à la cinquième place. En 2025, 12 % des nouveaux élèves des écoles de culture générale n’ont pas encore choisi définitivement leur option spécifique. Cette valeur est de nouveau en hausse après avoir enregistré son plus bas niveau l’année passée.
Outre l’intérêt, l’élément essentiel qui motive les élèves dans le choix d’une option spécifique est le bagage qu’elle peut leur apporter pour la suite de leurs études. Les points forts et les faiblesses sur le plan scolaire ont également tendance à être décisifs. En revanche, l’élève ne se laisse guère influencer par l’option spécifique que choisit son cercle d’amis.
Offres de formation transitoire
En 2025, 10 084 jeunes, soit 11 %, un taux en légère augmentation (+2 points de pourcentage), se sont décidés pour une offre de formation transitoire à l’issue de la scolarité obligatoire. Parmi eux, on compte en 2025 un peu plus de garçons (54 %) que de filles (46 %). La répartition entre les sexes est donc plus déséquilibrée que les années précédentes, où les filles étaient plus nombreuses à choisir une offre transitoire.
Pour la première fois depuis 2022, plus de la moitié des jeunes suivant une formation transitoire se sont dirigés vers des offres purement scolaires (2025 : 57 %, +15 points de pourcentage). En 2025, 15 % des jeunes ont préféré une offre combinant école et pratique professionnelle et 13 % une offre transitoire axée sur la pratique. La répartition, qui était jusqu’à présent stable, a évolué : en 2025, les jeunes ayant choisi une offre de formation transitoire se sont davantage tournés vers la variante scolaire.
La principale raison pour expliquer le choix d’une offre transitoire reste la recherche infructueuse d’une place d’apprentissage (53 %). En 2025, cette raison est à nouveau plus fréquemment avancée que l’année précédente (+6 points de pourcentage).
Les jeunes sont légèrement plus nombreux à déclarer opter pour une offre transitoire parce que la formation visée par la suite l’exige (9 %, +3 points de pourcentage). D’autres raisons ne jouent qu’un rôle limité et sont mentionnées dans des proportions similaires : échec aux examens d’admission pour l’école souhaitée, souhait d’améliorer ses notes ou de combler ses lacunes scolaires. Comme en 2024, la volonté d’améliorer ses connaissances linguistiques pour justifier le choix d’une offre transitoire est de nouveau beaucoup moins souvent citée en 2025 qu’en 2023 et la valeur se rapproche de celle des années précédentes (2021 : 8 %, 2022 : 6 %, 2023 : 14 %, 2024 : 5 %, 2025 : 6 %).
Après une offre transitoire, l’objectif reste pour la plupart des jeunes de commencer une formation professionnelle initiale. La proportion de jeunes participant aux offres transitoires qui ne savent pas (encore) ce qu’ils aimeraient faire ensuite a de nouveau baissé en 2025.
Année intermédiaire
En 2025, le nombre de jeunes ayant déclaré effectuer une année intermédiaire (voyages, séjours linguistiques, année d’économie domestique, etc.) après la scolarité obligatoire a été beaucoup moins élevé (2025 : 5 %, -8 points de pourcentage). Contrairement à 2024, les garçons sont actuellement plus nombreux que les filles. C’est la première fois qu’un tel résultat est enregistré depuis le début de la série d’enquêtes. Un rééquilibrage de la répartition entre les sexes avait déjà été observé ces dernières années (2019 : filles : 66 %/ garçons : 34 %, 2020 : 61 %/39 %, 2021 : 66 % : 34 %, 2022 : 66 %/34 %, 2023 : 57 %/43 %, 2024 : 54 %/46 %, 2025 : 48 %/52 %).
Les raisons qui motivent le choix d’une solution intermédiaire sont aussi différentes que les solutions intermédiaires elles-mêmes. La catégorie « Autre raison » reflète ce résultat. Alors que la réponse « Autre raison » avait été moins citée au cours des deux dernières années, elle progresse en 2025 (48 %).
La recherche infructueuse d’une place d’apprentissage ou le désir de prendre un peu de temps pour soi sont autant cités que l’année précédente pour justifier une année intermédiaire.
Les jeunes sont de nouveau plus nombreux à avoir une idée de ce qu’ils feront après l’année intermédiaire (« Je ne sais pas encore », 2018 : 11 %, 2019 : 16 %, 2020 : 6 %, 2021 : 19 %, 2022 : 7 %, 2023 : 30 %, 2024 : 31 %, 2025 : 9 %). L’option concrète après l’année intermédiaire la plus fréquemment citée est la formation professionnelle initiale duale (2024 : 25 %, 2025 : 51 %). Ce chiffre a doublé par rapport à l’année précédente. La formation professionnelle initiale en école est en revanche moins plébiscitée par les jeunes qui effectuent une année intermédiaire (2024 : 7 %, 2025 : 2 %). Ceci s’est encore vérifié en 2025. De même, l’intention de commencer une école de maturité après l’année intermédiaire est à nouveau en recul par rapport à l’année précédente (2019 : 15 %, 2020 : 17 %, 2021 : 16 %, 2022 : 21 %, 2023 : 8 %, 2024 : 18 %, 2025 : 11 %). La valeur fluctue donc au fil du temps, en particulier au cours de la période récente.
Offre de places d’apprentissage
56 % des entreprises qui ont participé à l’enquête proposent des places d’apprentissage. Ce chiffre est à peu près identique à celui de l’année passée, mais nettement supérieur à celui enregistré lors des enquêtes précédentes, où l’échantillon comportait environ un quart d’entreprises formatrices. Depuis 2023, il est possible de définir la part d’entreprises formatrices dans l’échantillon brut de la présente enquête, ce qui permet de mieux cibler les entreprises formatrices. Ce mode de fonctionnement explique l’augmentation des chiffres à partir de 2023 et pourrait aussi éclairer certaines fluctuations dans l’offre de places d’apprentissage chez les entreprises interrogées.
La majorité des entreprises indiquent à nouveau avoir maintenu leur offre de places d’apprentissage à un niveau constant par rapport à l’année précédente. De même, la part des entreprises qui ont diminué ou augmenté leur offre n’a presque pas changé. Dans la chronologie, il apparaît que davantage d’entreprises avaient exprimé leur inquiétude à ce sujet pendant les années de pandémie.
Les entreprises qui proposent plus de places d’apprentissage que l’an dernier indiquent le faire avant tout dans un souci d’assurer la relève.
Cette raison est à nouveau plus souvent citée que les années précédentes (2023 : 44 %, 2024 : 41 %, 2025 : 49 %).
En deuxième position, environ un quart des entreprises invoquent la fluctuation naturelle de l’offre de places d’apprentissage (2024 : 36 %, 2025 : 27 %).
Les entreprises qui proposent moins de places d’apprentissage que l’année passée mentionnent toujours en premier lieu les fluctuations naturelles pour expliquer la réduction de leur offre. En 2025, la deuxième raison la plus souvent citée est la situation économique actuelle (2023 : 14 %, 2024 : 16 %, 2025 : 22 %). Cette valeur se rapproche de celles enregistrées durant la pandémie et est en hausse après deux ans de reprise. Les restructurations au sein de l’entreprise constituent la troisième raison la plus fréquente (2025 : 18 %). Le manque de formateurs (2025 : 13 %) et de candidats qualifiés (2023 : 16 %, 2024 : 17 %, 2025 : 12 %) sont les quatrième et cinquième raisons les plus fréquemment citées.
11 % des places d’apprentissage proposées en 2025 sont des formations professionnelles initiales AFP et 89 % des formations professionnelles initiales CFC. Ce rapport se révèle extrêmement stable au fil du temps.
Le graphique ci-dessous illustre l’offre de places d’apprentissage par secteur. Quatre secteurs sur les quinze proposent la moitié des places en 2025 : les secteurs de la santé et services sociaux, du commerce, de l’agriculture et de la sylviculture et de la construction.
Dans l’ensemble, l’offre de places d’apprentissage reste de nouveau stable dans de nombreux secteurs en 2025. Elle a augmenté dans quatre secteurs et diminué dans trois.
Après avoir accusé un léger recul dans les secteurs commerce et santé et services sociaux pour la deuxième année consécutive en 2023, l’offre de places d’apprentissage enregistre une hausse durable dans la Santé et services sociaux, tandis qu’elle stagne dans le commerce. Les deux secteurs offrant le plus de places d’apprentissage connaissent donc une évolution inverse : reprise dans le secteur de la santé, stagnation dans le commerce.
Au cours des dernières années, l’agriculture et la sylviculture sont passées d’un secteur marginal à une composante fixe du marché des places d’apprentissage et maintiennent ce niveau élevé.
Si le nombre de places d’apprentissage proposées dans le secteur de la construction a cessé de diminuer, l’offre stagne à un niveau comparativement bas. Il en va de même pour l’industrie manufacturière. Les deux secteurs présentent une offre structurellement plus basse.
Dans le secteur de l’enseignement, on observe d’importantes fluctuations d’une année à l’autre, qui sont particulièrement frappantes en raison de sa faible proportion globale.
Dans les secteurs Administration publique et Activités financières et d’assurance, l’offre de places d’apprentissage reste faible, comme en 2024. Après les pics de 2021, les deux secteurs représentent aujourd’hui un segment stable, mais relativement petit, dans l’offre globale.
La majorité des entreprises prévoient de proposer le même nombre de places d’apprentissage en 2026 que l’année précédente. Cette part constitue le groupe le plus important depuis le début des enquêtes, bien qu’elle ait légèrement diminué dernièrement. Seule une petite minorité d’entreprises ont l’intention de proposer davantage de places d’apprentissage. Cette part a légèrement augmenté depuis 2020, mais reste à un faible niveau. De même, le nombre d’entreprises qui prévoient de réduire leur offre de places d’apprentissage varie très peu et reste stable en comparaison. Une part croissante d’entreprises déclarent n’avoir encore pris aucune décision ou ne répondent pas. Cette prudence ou cette incertitude vis-à-vis de la planification progresse légèrement.
La proportion d’entreprises qui déclarent qu’elles n’ont pas encore pris de décision concernant la planification des places d’apprentissage pour les années à venir reste à un niveau élevé dans les secteurs de la construction, du commerce, des transports, de l’information et de la communication, des activités scientifiques et des autres activités de services.
Les grandes entreprises employant plus de 100 personnes maintiennent leur activité de formation et sont beaucoup plus nombreuses à dire vouloir proposer plus de places d’apprentissage l’année prochaine (plus de places d’apprentissage, 100 collaborateurs et plus : 16 %, 10-99 collaborateurs : 6 %, 2-9 collaborateurs : 7 %). En revanche, les petites entreprises éludent plus souvent la question (je ne sais pas / pas de réponse, 100 collaborateurs et plus : 3 %, 10-99 collaborateurs : 7 %, 2-9 collaborateurs : 13 %).
La planification est également influencée par d’autres facteurs, tels que l’offre de postes à temps partiel : la majorité des entreprises restent neutres (30 %, -3 points de pourcentage) ou favorables (29 %, -2 points de pourcentage) à l’égard de l’apprentissage à temps partiel. Les critiques formulées à l’encontre de ce modèle gagnent toutefois du terrain par rapport à l’année passée : 29 % (+ 4 points de pourcentage) des entreprises se prononcent contre une réduction du taux d’occupation et l’allongement de la durée de l’apprentissage qui en découle. On remarque que les entreprises de Suisse italienne et romande sont plus nombreuses à être indécises quant à la question de l’apprentissage à temps partiel que celles de Suisse alémanique (je ne sais pas / pas de réponse, Suisse italienne : 25 %, Suisse romande : 20 %, Suisse alémanique : 9 %).
Attribution des places d’apprentissage
87 % des places d’apprentissage proposées ont pu être pourvues (état août 2025). Cette proportion est similaire à celle enregistrée à la même période les années précédentes. À l’échelle nationale, l’attribution des places d’apprentissage reste donc régulière en 2025. Comme toujours, l’attribution des places d’apprentissage dans les formations professionnelles initiales duales débouchant sur une attestation fédérale de formation professionnelle est légèrement inférieure à celle des formations professionnelles initiales sanctionnées par un certificat fédéral de capacité (AFP : 81 %, CFC : 88 %).
En 2025, l’offre de places d’apprentissage varie fortement entre les secteurs. Dans la construction, une place d’apprentissage sur quatre reste vacante, alors que l’offre est plutôt modeste par rapport aux années précédentes. Dans le secteur de l’hébergement, qui représente une part relativement faible de l’ensemble du marché des places d’apprentissage, la proportion de places d’apprentissage vacantes est également élevée (18 %).
L’offre de places d’apprentissage est en hausse depuis 2023 dans l’agriculture et la sylviculture. La proportion de places d’apprentissage vacantes a toutefois grimpé à 20 % en 2025, ce qui est le signe d’une progression des problèmes de recrutement.
L’industrie manufacturière représente une part importante de l’ensemble de l’offre, mais elle doit également faire face à des difficultés récurrentes de recrutement avec 18 % de places d’apprentissage vacantes.
La situation est similaire dans le commerce : si, avec 14 % de l’offre, le secteur compte toujours parmi les branches proposant le plus de places d’apprentissage, une part élevée et stable de 15 % des places d’apprentissage restent vacantes.
Le secteur de la santé et services sociaux représente 18 % de l’offre totale et reste ainsi l’un des principaux marchés de places d’apprentissage. Malgré cette offre élevée, la proportion de places d’apprentissage vacantes est relativement faible (8 %), ce qui témoigne d’une forte demande.
Dans le secteur des activités de services administratifs et de soutien, l’attribution des places d’apprentissage est revenue à la normale après avoir atteint un niveau record en 2023 (40 % de places d’apprentissage vacantes) : en 2025, seulement 7 % des places d’apprentissage sont vacantes. Dans le même temps, la part dans l’offre totale est stable à 6 %, ce qui a nettement amélioré la situation.
L’évolution est inverse dans le secteur de l’enseignement : alors que l’offre reste relativement faible (5 %), la proportion de places d’apprentissage vacantes augmente à 15 % en 2025, ce qui indique des difficultés de recrutement croissantes.
D’autres secteurs, comme l’administration publique, les activités financières et d’assurance ou l’information et la communication, représentent une faible part dans l’ensemble de l’offre (2-3 %) et enregistrent un faible taux de places d’apprentissage vacantes.
Explications et solutions concernant les places d’apprentissage non pourvues
En 2025, les entreprises sont toujours confrontées à un double défi en ce qui concerne les places d’apprentissage : à la fois recevoir suffisamment de candidatures et trouver des candidats adéquats.
Le plus souvent, les entreprises ayant des places d’apprentissage vacantes déclarent n’avoir reçu que des candidatures inadéquates. Avec 56 %, cette valeur reste à un niveau élevé, même si elle est légèrement inférieure aux années record.
Elles sont également nombreuses à dire n’avoir reçu aucune candidature. Avec 53 %, cette proportion est certes à nouveau inférieure à celle des deux années précédentes, mais elle reste l’une des principales raisons pour des places d’apprentissage vacantes.
D’autres raisons jouent un rôle comparativement moins important. 12 % des entreprises indiquent que les candidats se sont désistés à la dernière minute, une valeur en baisse par rapport à l’année précédente. Une même proportion mentionne d’autres raisons pour expliquer les places d’apprentissage vacantes.
La différence entre les places d’apprentissage AFP et CFC reste frappante. Pour les places d’apprentissage AFP, le problème de l’absence de candidatures l’emporte encore (57 %), mais celui des candidatures inadéquates a également connu une hausse importante en 2025 (50 %).
En ce qui concerne les places d’apprentissage CFC, les candidatures inadéquates dominent (51 %), l’absence de candidatures restant une raison importante (46 %). De même, les entreprises sont plus souvent touchées par des annulations de dernière minute pour les places d’apprentissage CFC que pour les places d’apprentissage AFP.
La décision de supprimer ou de ne plus proposer les places d’apprentissage restées vacantes reste certes l’exception, mais est aujourd’hui plus souvent envisagée que jamais par les entreprises (2023 : 5 %, 2024 : 4 %, 2025 : 9 %). La plupart des places non pourvues seront à nouveau proposées l’année prochaine (2023 : 84 %, 2024 : 85 %, 2025 : 77 %), même si cette valeur baisse légèrement.
La proportion d’entreprises ayant l’intention de laisser ouvertes les places d’apprentissage non pourvues pour les attribuer éventuellement durant l’année en cours reste élevé depuis le début de la pandémie (2018 : 52 %, 2019 : 50 %, 2020 : 66 %, 2021 : 61 %, 2022 : 64 %, 2023 : 74 %, 2024 : 70 %, 2025 : 59 %). Alors que le nombre d’entreprises ayant manifesté cette intention n’avait jamais été aussi élevé en 2023, il marque actuellement un recul.
Profil des nouveaux apprentis
Parmi les nouveaux apprentis qui ont commencé une formation professionnelle initiale duale à l’été 2025, les garçons restent majoritaires : 58 % contre 42 % de filles. La répartition entre les sexes est relativement stable au fil du temps, mais penche désormais légèrement en faveur des garçons.
En 2025, une proportion stable de 44 % de nouveaux apprentis ont plus de 16 ans, ce qui est proche de la valeur moyenne depuis le début des enquêtes (2018 : 60 %, 2019 : 49 %, 2020 : 37 %, 2021 : 44 %, 2022 : 43 %, 2023 : 47 %, 2024 : 42 %, 2025 : 44 %). Les entrées en apprentissage sont donc loin d’avoir toutes lieu directement après la scolarité obligatoire. Ce constat est soutenu par l’affirmation des entreprises selon laquelle 8 % des apprentis qui ont commencé un apprentissage à l’été 2025 sont déjà titulaires d’un CFC ou d’une AFP. Si cette proportion est très inférieure au pic de 2023, elle est plus élevée que l’année précédente (6 %) et s’inscrit globalement dans la tendance d’environ 8-9 %, stable sur le long terme.
En 2025, de nouveau plus de la moitié des entreprises formatrices offrent la possibilité de préparer la maturité professionnelle parallèlement à l’apprentissage (2020 : 58 %, 2021 : 53 %, 2022 : 59 %, 2023 : 50 %, 2024 : 54 %, 2025 : 54 %).
Comme l’année passée, 6 % des nouveaux apprentis font usage de cette possibilité (2018 : 5 %, 2019 : 8 %, 2020 : 6 %, 2021 : 9 %, 2022 : 9 %, 2023 : 10 %, 2024 : 6 %, 2025 : 6 %). Pour la deuxième fois consécutive, cette valeur se situe dans la plage inférieure des valeurs mesurées jusqu’à présent et varie considérablement selon les secteurs. 16 % des nouveaux apprentis visent une maturité professionnelle dans le secteur des services professionnels et 36 % dans le secteur des activités financières et d’assurance. Ces secteurs caracolent en tête de classement en 2025.
Diplômes de fin d’apprentissage
Les PME suisses assument une part importante de la formation professionnelle initiale. Comme l’année passée, la plupart des jeunes ayant terminé leur apprentissage en 2025 l’ont effectué dans des petites entreprises comptant entre deux et neuf collaborateurs (42 %) ou dans des entreprises employant entre 10 et 99 personnes (27 %).
Les secteurs santé et services sociaux et commerce concentrent une nouvelle fois les plus grandes proportions d’apprentis. En 2025, le secteur de l’agriculture et de la sylviculture rejoint ces branches qui forment le plus. L’industrie manufacturière et les services professionnels arrivent en quatrième et cinquième positions.
Au fil des années, les secteurs qui étaient considérés comme des branches de formation en croissance dans la première moitié de la série d’enquêtes (commerce, activités financières et d’assurance, administration publique) ne progressent plus depuis plus ou moins longtemps. Cela se traduit par une stagnation, voire un recul, du nombre de diplômés.
Dans le secteur du commerce, le nombre de diplômés a retrouvé son niveau d’avant la pandémie après avoir enregistré des records en 2020-2022.
Une stabilisation se dessine également dans le secteur de la santé et services sociaux : après un recul constant depuis le pic atteint en 2020, la proportion de jeunes diplômés s’élève à 13 %. La tendance à la baisse semble donc stoppée.
La situation est relativement stable dans l’industrie manufacturière et la construction. Dans le secteur des services professionnels, en revanche, on observe une légère augmentation dans la deuxième moitié de la série d’enquêtes, la part se stabilisant à 10 %.
Dans le secteur des transports, le nombre de diplômés est légèrement plus élevé qu’en 2024. Cela confirme que les valeurs très faibles enregistrées en 2020-2021 étaient exceptionnelles. Il en va de même pour le secteur de l’information et de la communication qui, après avoir atteint son plus bas niveau en 2024 (1 %), augmente à 3 % en 2025.
Après avoir continuellement augmenté jusqu’en 2021, la part des apprentis diplômés dans l’administration publique et dans le secteur Activités financières et d’assurance est en recul. Les proportions de diplômés dans ces deux secteurs stagnent à ce nouveau plus bas niveau depuis respectivement deux et trois ans.
Avant 2022, la plupart des jeunes diplômés quittaient leur entreprise formatrice à la fin de leur formation. Cela avait temporairement changé en 2022. Pour la troisième année consécutive, ce sont à nouveau près de la moitié des jeunes diplômés qui quittent leur entreprise formatrice à l’issue de leur apprentissage, ce qui confirme que l’année 2022 était exceptionnelle en raison des incertitudes liées à la pandémie de coronavirus.
Quant aux apprentis se voyant offrir un emploi temporaire et aux diplômés n’ayant pas encore de solution déterminée, les proportions demeurent stables.
On constate une évolution durable vers davantage d’emplois fixes dans les secteurs services professionnels, santé et services sociaux, Administration publique, ainsi que dans les professions regroupées dans la catégorie « Autres branches ».
Dans le secteur de l’enseignement également, la proportion d’emplois fixes a de nouveau augmenté après avoir diminué en 2024.
La situation dans le secteur des activités financières et d’assurance reste particulière : après un net recul en 2024, la proportion de jeunes diplômés embauchés définitivement a une nouvelle fois enregistré une forte hausse en 2025 pour atteindre 51 %. Dans l’industrie manufacturière (40 %) et dans le secteur Information et communication (38 %), les valeurs sont stables ou en légère hausse.
On trouve la majorité de ces jeunes diplômés embauchés définitivement dans les très petites entreprises (2-9 collaborateurs : 38 %, 10-99 collaborateurs : 31 %, plus de 100 collaborateurs : 32 %).
Remarque importante :
Les données présentées ont été obtenues par extrapolation. Les résultats des échantillons ont été extrapolés à l’ensemble de la population. L’extrapolation pour les jeunes se fonde sur les jeunes qui, selon selon la statistique suisse des élèves et des étuidants, ont fréquenté la 10e année scolaire l’année précédente (Office fédéral de la statistique OFS).
L’extrapolation pour les entreprises se base sur les chiffres relatifs aux entrées en formation professionnelle initiale au cours de l’année précédente (OFS). Les informations détaillées sur les extrapolations se trouvent dans le rapport de recherche détaillé.
En 2023, les échantillons des deux groupes cibles ont été optimisés : les jeunes interrogés sont désormais âgés de 15 à 17 ans et non plus de 14 à 16 ans afin d’atteindre un plus grand nombre de jeunes au cours de la dernière année de scolarité obligatoire.
En ce qui concerne les entreprises, on sait désormais d’emblée quelles entreprises forment et lesquelles ne forment pas. La proportion d’entreprises formatrices a été délibérément augmentée dans l’échantillon.
Jeunes
Groupe cible : habitant(e)s de 14 à 17 ans (à partir de 2023, 14 à 16 ans au Tessin, 15 à 17 ans dans le reste de la Suisse, auparavant 14 à 16 ans dans toute la Suisse) qui ont participé à l’enquête du mois d’avril et qui ont terminé leur scolarité obligatoire durant l’été
Base d’adresses : cadre d’échantillonnage de l’Office fédéral de la statistique
Méthode d’enquête : enquête écrite (en ligne)
Période de l’enquête : 10.07. – 01.09.2025
Nombre total de participants : N = 1 943
Marge d’erreur : ± 2.2 % pour 50/50 et une probabilité de 95 %
Exploitation : 68%
Pondération : 1er niveau : nombre de jeunes par canton ; 2e niveau : âge/sexe, regroupé par canton
Entreprises
Groupe cible : entreprises comptant au moins deux salariés qui ont participé à l’enquête du mois d’avril
Base d’adresses : registre des entreprises de l’Office fédéral de la statistique
Méthode d’enquête : enquête écrite (en ligne/papier)
Période de l’enquête : 09.07. – 01.09.2025
Nombre total d’entreprises participantes : N = 3 927
Marge d’erreur : ± 1,6 % pour 50/50 et une probabilité de 95 %
Exploitation: 77%
Pondération : 1er niveau : nombre d’entreprises par région linguistique ; 2e niveau : répartition Noga par région linguistique
Lukas Golder : politologue et spécialiste en médias
Martina Mousson : politologue
Adriana Pepe : politologue
Alessandro Pagani : politologue
Consultant externe :
Prof. Dr. Stefan C. Wolter, professeur en économie de l’éducation, Université de Berne