Perception globalement positive de la formation professionnelle

Il faut toutefois montrer plus clairement aux jeunes qu’un apprentissage peut être un atout pour leur carrière, et non un frein

Direction générale de l'enseignment postobligatoire (DGEP)

Mandaté par la Direction générale de l'enseignement postobligatoire (DGEP), l’institut de recherche gfs.bern a réalisé une enquête visant à évaluer la perception de la formation professionnelle initiale (apprentissage) auprès des jeunes vaudois-es en fin de scolarité obligatoire.

L’objectif de cette étude est de recueillir des données fiables sur le choix de formation des jeunes en 11ème année de l’école obligatoire dans le canton de Vaud. En particulier, l’enquête examine comment les jeunes vaudois-e-s et leurs parents perçoivent l’apprentissage comme voie de formation, quelles motivations jouent le plus grand rôle dans leur choix et sur quelles informations ils s’appuient lors de leur orientation scolaire et professionnelle.

L’enquête en ligne était disponible en langues française et anglaise et a été menée auprès de 3452 élèves et 2356 parents entre le 1er mai et le 2 juin 2025. Les adresses pour prendre contact avec les jeunes et leurs parents ont été fournies par la Direction générale de l’enseignement obligatoire du canton de Vaud (DGEO). Il s’agit d’un recensement complet avec participation volontaire. La méthodologie de l’enquête est détaillée à la fin du rapport.

Le rapport final de l’étude est disponible en téléchargement ci-dessous.

Téléchargements: Rapport final de l'étude

Choix de formation des jeunes

À l’issue de la scolarité obligatoire, les jeunes du canton de Vaud disposent d’un large éventail de possibilités pour poursuivre leur parcours de formation.  Parfois, le choix de formation est déjà clair ; parfois, plusieurs options sont envisageables pour les jeunes.

La majorité des élèves en 11ème année de scolarité envisagent de faire une formation gymnasiale (55 %), tandis que 36 % s’intéressent à une formation professionnelle. Les autres possibilités telles que la prolongation de la scolarité (11 %), des mesures de transition (7 %) ou une année intermédiaire (6 %) ne concernent qu’une petite minorité de jeunes.

En détaillant les principales catégories de formation, on observe que la majorité des jeunes souhaitent poursuivre leur parcours dans une école de maturité (35 %). À l’inverse, 30 % envisagent de débuter un apprentissage en entreprise. La troisième option la plus fréquente est l’entrée dans une école de culture générale (17 %). Par ailleurs, 8 % des jeunes souhaitent intégrer une classe de raccordement 1, 7 % s’orientent vers une formation professionnelle en école de métiers, et 6 % souhaitent suivre une école de commerce. Les autres options — telles qu’un séjour linguistique, une classe de raccordement 2, un semestre de motivation ou un stage — sont mentionnées par moins de 5 % des répondant-e-s.

Un regard plus approfondi sur l’apprentissage en entreprise montre que les jeunes hommes (36 %) sont nettement plus nombreux que les jeunes femmes (24 %) à envisager cette formation. De plus, le souhait de suivre une formation professionnelle est nettement plus répandu dans les régions rurales du canton (41 %) que dans les agglomérations (31 %) et les villes (27 %). Il est concevable que la proximité du lieu de formation joue ici un rôle car de nombreux gymnases se trouvent dans les zones urbaines du canton de Vaud (et moins dans les zones rurales). L’attitude des parents des jeunes est également déterminante : alors que 77 % des jeunes dont les parents leur recommandent une formation professionnelle s’y intéressent, ce chiffre tombe à 8 % chez ceux dont les parents préfèrent une formation gymnasiale. L’environnement familial a une influence considérable sur les décisions en matière de formation, et cela vaut non seulement pour les parents, mais aussi pour des éventuels frères et sœurs : ceux qui ont un frère ou une sœur qui suit une formation professionnelle indiquent également beaucoup plus souvent qu’ils souhaitent eux-mêmes faire un apprentissage (40 %) que ceux qui n’ont pas un tel modèle (28 %).

Parmi les jeunes envisageant une formation professionnelle, plusieurs facteurs ont influencé leur choix. Les raisons les plus fréquemment évoquées spontanément sont le désir d’apprendre un métier spécifique (18 %), la perspective de devenir rapidement financièrement indépendant-e (17 %) ainsi qu’une certaine lassitude vis-à-vis de l’école (17 %). Le souhait d’entrer rapidement dans le monde du travail (13 %) ou de pratiquer une activité concrète (12 %) joue également un rôle important. Enfin, 8 % mentionnent l’envie de vivre de nouvelles expériences ou des motivations liées à un métier en particulier. À noter que 23 % des jeunes intéressé-e-s par l’apprentissage n’ont pas répondu à cette question.

Parmi ceux qui ne souhaitent pas suivre une formation professionnelle, près de la moitié (52 %) n’ont jamais envisagé cette option. 41 % ont toutefois réfléchi au moins une fois à la possibilité de faire un apprentissage. 7 % n’ont pas répondu à cette question ou ne se souviennent plus. Là encore, l’influence du cercle familial proche se fait sentir : les jeunes dont les parents soutiennent l’idée d’un apprentissage ont beaucoup plus souvent envisagé cette option que ceux dont les parents préfèrent le gymnase. Les jeunes qui ont des frères et sœurs aînés en apprentissage ont également plus souvent envisagé de suivre eux-mêmes une formation professionnelle. La proportion de ceux qui ont envisagé un apprentissage tend à diminuer avec l’amélioration des notes en français, en mathématiques et en allemand – sans doute parce que les jeunes qui obtiennent les meilleures notes s’orientent plutôt vers le gymnase.

Les principales raisons qui ont motivé le choix de ne pas suivre une formation professionnelle sont une préférence générale pour la filière gymnasiale (ou, plus tard, pour des études universitaires; 16 %) et le fait que le métier souhaité nécessite des études (12 %). Près d’un-e adolescent-e sur dix déclare ne pas vouloir suivre d’apprentissage car il/elle ne sait pas encore ce qu’il/elle veut faire dans la vie (9 %). 8 % citent des obstacles à l’apprentissage tels que le rejet de candidatures ou l’impossibilité de trouver une place d’apprentissage.

Certain-e-s élèves soulignent en outre qu’ils/elles souhaitent absolument aller à l’université plus tard ; qu’aucun apprentissage ne les intéresse ; ou qu’ils/elles souhaitent pour l’instant garder toutes les portes ouvertes plutôt que de choisir déjà une profession (7 % dans chaque cas). Environ un quart ne donne aucune raison précise pour expliquer leur décision de ne pas suivre d’apprentissage.

Perception de l’apprentissage

Les raisons qui poussent les jeunes du canton de Vaud à (ne pas) choisir la voie de l’apprentissage sont très individuelles. Néanmoins, une large majorité d’entre eux ont une perception positive de la formation professionnelle en Suisse : 68 % des élèves jugent la qualité de l’apprentissage (très) bonne. 8 % estiment que la qualité est « passable » et presque aucun ne la considère comme mauvaise.

Il est frappant de constater qu’une proportion relativement élevée de jeunes ne souhaite pas ou ne peut pas répondre à cette question. Cela laisse penser que certain-e-s ne disposent pas des informations nécessaires pour se forger une opinion sur la qualité de l’apprentissage en Suisse.

Les parents des jeunes interrogé-e-s ont une opinion encore plus positive de l’apprentissage professionnel (85 %). Dans ce groupe, la proportion de ceux qui ne donne pas de réponse est également plus faible (8 %) comparée aux élèves.

Le plus grand avantage de l’apprentissage professionnel, tant du point de vue des jeunes (89 % entièrement/plutôt d’accord) que de leurs parents (95 %), est le fait d’acquérir une expérience pratique précieuse.

La grande majorité des jeunes soulignent également de manière positive qu’il existe des apprentissages adaptés à des intérêts très variés (80 %) et que la combinaison entre l’école et le travail pratique rend cette formation plus complète (76 %).

En revanche, de nombreux élèves craignent que la qualité de la formation dépende fortement de l’entreprise formatrice (77 %) et qu’il soit difficile de concilier école et travail en raison des longues heures de travail (71 %). Deux tiers des jeunes sont d’accord avec l’affirmation que l’apprentissage peut être contraignant, car il faut se décider tôt pour un métier.

Il existe davantage d’incertitudes quant à la reconnaissance des diplômes suisses à l’étranger : un tiers des jeunes interrogé-e-s ne sont pas en mesure de se prononcer à ce sujet. Plus de la moitié d’entre eux sont toutefois d’avis que les diplômes professionnels ne sont pas reconnus à l’étranger et que cela complique les carrières internationales (52 %). En outre, une faible majorité estime que la rémunération des apprentis pendant et après leur formation est trop basse (49 %). Mais ici aussi, la proportion de personnes qui ne répondent pas à la question est relativement élevée.

Enfin, les élèves sont divisé-e-s quant à l’attractivité des diplômé-e-s de l’apprentissage sur le marché du travail : 44 % pensent que les personnes qui ont suivi un apprentissage sont davantage demandées grâce à leur expérience pratique. Cependant, 28 % ne sont pas d’accord avec cette affirmation et autant de jeunes ne savent pas répondre.

Du point de vue des parents, outre la précieuse expérience pratique acquise, ce sont surtout la combinaison entre théorie et pratique dans la formation (90 % entièrement/plutôt d’accord) et la grande diversité des professions d’apprentissage (84 %) qui sont mises en avant de manière positive. Les parents soulignent donc encore plus que les jeunes l’équilibre entre théorie et pratique comme un grand avantage de l’apprentissage professionnel (+14 points de pourcentage [pp.]).

Dans le même temps, les parents sont tout aussi préoccupés que leurs enfants par le fait que la qualité de l’apprentissage dépend fortement de l’entreprise formatrice (78 %). Ils sont également majoritairement d’avis que le choix précoce d’une profession peut constituer une contrainte plus tard (71 %) et qu’il est difficile de concilier les longues heures de travail avec la scolarité (67 %). À l’instar des jeunes, près de la moitié des parents considèrent comme un inconvénient le fait que les diplômes professionnels suisses ne soient pas reconnus à l’étranger (48 %). La proportion de ceux qui ne savent pas se prononcer sur cette affirmation est également élevée chez les parents – il semble donc qu’il y ait un besoin d’information dans les deux groupes de répondants en ce qui concerne la reconnaissance internationale des diplômes.

Les parents se sentent toutefois mieux en mesure d’évaluer le niveau des salaires des apprenti-e-s et des jeunes en fin d’apprentissage (seuls 14 % ne savent pas, soit -10 pp que les jeunes). Les avis sont partagés : une majorité des parents trouvent les salaires trop bas (54 %), mais environ un tiers ne sont pas d’accord avec cette affirmation. Par rapport à leurs enfants, davantage de parents déclarent que les personnes qui ont suivi un apprentissage sont davantage recherchées sur le marché du travail que les titulaires d’un baccalauréat (54 %, +10 pp). Cette estimation plus optimiste est notamment liée à leur propre expérience professionnelle : 61 % des parents ayant eux-mêmes suivi une formation professionnelle sont d’accord avec cette affirmation, contre seulement 41 % de ceux qui n’ont pas fait d’apprentissage.

L’analyse d’autres déclarations relatives à l’apprentissage en entreprise montre clairement que les jeunes ont majoritairement une image positive de cette formation :

  • L’apprentissage leur permet d’assumer très tôt des responsabilités (84 % entièrement/plutôt d’accord), de suivre différentes formations continues (77 %), d’acquérir des compétences pour résoudre des problèmes pratiques (73 %) et d’apprendre un « vrai » métier (67 %).
  • Une majorité des élèves estiment également que l’apprentissage est une formation d’avenir (64 %). Environ la moitié le considère comme aussi bien que la maturité gymnasiale (52 %).
  • 39 % trouvent que l’apprentissage est moins prestigieux que le gymnase, mais 44 % ne sont pas d’accord avec cette affirmation.
  • Les avis sont partagés quant à l’affirmation selon laquelle les apprentissages forment les jeunes à des professions physiques peu rémunérées : le taux d’approbation (42 %) est presque aussi élevé que le taux de rejet (39 %).
  • Près de la moitié des élèves ne pense pas que les possibilités d’évolution après un apprentissage sont limitées (47 %). Environ un tiers est toutefois d’accord avec cette affirmation. Le verdict est très clair quant à l’affirmation selon laquelle les apprentissages ne sont destinés qu’aux élèves qui rencontrent des difficultés scolaires : 77 % des jeunes rejettent ce point de vue.

Dans l’ensemble, les avis des parents sont relativement similaires à ceux des jeunes. Cependant, en ce qui concerne certaines affirmations, l’intensité des opinions diffère.

  • Les parents soulignent également le fait que l’apprentissage en entreprise confère beaucoup de responsabilités aux apprenti-e-s (87 %). Ils insistent encore plus que les jeunes sur les nombreuses possibilités de formation continue (89 %, +12 pp) et sur le fait que les apprenti-e-s acquièrent des compétences pratiques pour résoudre des problèmes (84 %, +11 pp).
  • 71 % des parents sont d’accord pour dire qu’un apprentissage permet d’apprendre un « vrai » métier et que cette formation est porteuse d’avenir.
  • 64 % trouvent l’apprentissage aussi bien que le gymnase, ce qui représente une proportion plus élevée que chez les jeunes (+12 pp). Dans le même temps, les parents rejettent davantage l’affirmation selon laquelle l’apprentissage est moins prestigieux que le gymnase (51 % plutôt pas/pas du tout d’accord, +7 pp par rapport aux élèves). Cet écart démontre que le problème de réputation de l’apprentissage touche davantage les élèves que leurs parents.
  • Les parents rejettent également beaucoup plus clairement l’idée que les métiers d’apprentissage sont physiquement exigeants et mal rémunérés (54 %, +15 pp) et que les possibilités d’évolution sont limitées (68 %, +19 pp). Pour eux, il est également évident que l’apprentissage n’est pas réservé aux élèves en difficulté scolaire (81 % plutôt pas/pas du tout d’accord).

Une analyse de régression multivariée permet de mettre en évidence les affirmations relatives à la formation professionnelle qui sont les plus étroitement liées à l’intention des élèves de faire un apprentissage. Les aspects statistiquement significatifs sont ceux qui ne touchent pas la ligne verticale à zéro :

  • Les jeunes qui pensent que l’apprentissage en entreprise est une formation d’avenir ont une probabilité de 14 points de pourcentage plus élevée de faire eux-mêmes un apprentissage (comparés à ceux qui ne partagent pas cet avis).
  • En outre, la probabilité de suivre une formation professionnelle augmente de 12 points chez les jeunes qui estiment que les apprenti-e-s sont doué-e-s pour résoudre des problèmes pratiques et chez ceux qui considèrent que l’apprentissage est aussi bien que le cursus gymnasial.
  • Les élèves qui pensent qu’un apprentissage permet d’apprendre un « vrai » métier ont 11 points de pourcentage de chances supplémentaires de suivre eux-mêmes un apprentissage. Cette probabilité augmente de 10 points chez ceux qui estiment que les débouchés professionnels des apprenti-e-s sont meilleurs que ceux des titulaires d’une maturité.
  • D’autre part, sont associées à une probabilité nettement plus faible de vouloir suivre un apprentissage. Les jeunes qui estiment qu’un choix professionnel précoce peut être contraignant présentent une probabilité inférieure de 8 points de pourcentage de s’engager dans une formation professionnelle. De même, ceux qui considèrent que les possibilités d’évolution après une formation professionnelle initiale sont limitées choisissent beaucoup moins souvent cette voie (-14 pp).

Il existe donc un potentiel considérable pour susciter l’intérêt des jeunes pour l’apprentissage, notamment en mettant l’accent sur les compétences pratiques, l’employabilité et l’équivalence avec la formation gymnasiale. Dans le même temps, il faut lutter contre l’idée fausse selon laquelle un choix professionnel précoce serait restrictif et n’offrirait guère de perspectives d’évolution.

Une autre analyse de régression montre dans quelle mesure les attitudes des parents influencent la probabilité qu’ils souhaitent que leur enfant fasse un apprentissage. Trois facteurs peuvent être identifiés comme des moteurs positifs :

  • Les parents qui estiment que les apprenti-e-s ont plus de chances de trouver un emploi que les titulaires d’une maturité gymnasiale ont 18 points de pourcentage de chances supplémentaires de soutenir ce choix de formation de leur enfant.
  • Cette probabilité augmente de 10 points chez les parents qui associent l’apprentissage à l’acquisition d’un « vrai » métier.
  • Les parents qui considèrent l’apprentissage comme équivalent à la maturité gymnasiale ont une probabilité supérieure de 9 points de pourcentage de souhaiter que leur enfant fasse un apprentissage.

Les facteurs qui influencent positivement l’attitude des parents à l’égard de l’apprentissage sont donc les mêmes que chez leurs enfants : leur accord avec l’apprentissage comme choix de formation peut être renforcé si l’on met l’accent, dans la communication, sur l’équivalence, la pertinence pratique et l’employabilité de la formation professionnelle. Chez les parents, en revanche, aucun facteur d’influence négatif significatif n’apparaît. Cela souligne une fois de plus leur perception plus positive de la réputation de l’apprentissage comparée à et celle de leurs enfants.

Motivations dans le choix de formation

Après avoir examiné comment les jeunes et leurs parents perçoivent l’apprentissage en particulier, il convient de s’intéresser aux différents facteurs qui motivent leur propre choix de formation/celui de leurs enfants. Les jeunes et leurs parents ont été invité-e-s à classer les neuf aspects suivants par ordre d’importance. Ainsi, le facteur qu’ils jugeaient le plus important pour le choix d’une formation a reçu la note la plus basse (1) et le moins important la note la plus élevée (9).

  • La comparaison des moyennes des différents aspects montre très clairement que tant pour les élèves (2.2) que pour leurs parents (2), le plaisir doit être au premier plan.
  • Le deuxième aspect le plus important dans l’ensemble est la sécurité de l’emploi ; pour les jeunes, toutefois, un salaire élevé est prioritaire en moyenne (3.8). Pour eux, la sécurité de l’emploi n’arrive qu’en troisième position (4.6), devant la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle (4.9), l’accès à l’enseignement supérieur (5.3), la possibilité d’aider les autres (5.4) et la possibilité de travailler de manière créative (5.7).
  • Par rapport à leurs enfants, les parents accordent nettement plus d’importance à la sécurité de l’emploi (3.9). La formation supérieure (4.0) et la conciliation entre vie professionnelle et vie privée (4.2) occupent respectivement la troisième et la quatrième place, suivies seulement ensuite par le niveau de salaire (5.3). Les parents citent la créativité (5.5) en sixième position et la possibilité d’aider les gens/la société en septième position (5.8).
  • Les jeunes comme les parents accordent le moins d’importance à la richesse des contacts sociaux et au statut social élevé d’un métier. Toutefois, le rang social joue en moyenne un rôle plus important pour les élèves (6.8) que pour leurs parents (7.7).

En résumé, une formation doit avant tout être source de plaisir. Il est toutefois intéressant de noter la différence entre les jeunes et leurs parents en matière de rémunération : les jeunes accordent en moyenne beaucoup plus d’importance à un bon salaire à la suite de la formation qu’ils ont choisie. Les parents, quant à eux, privilégient davantage la sécurité de l’emploi. Ils attachent également plus d’importance à la conciliation avec la vie de famille ainsi qu’à la possibilité de suivre une formation tertiaire plus tard. Pour les deux groupes de répondants, des facteurs tels que les contacts sociaux, la créativité ou la serviabilité jouent un rôle moins important en comparaison.

Informations utilisées pour le choix de formation

Pour déterminer quelles offres de formation correspondent le mieux à leurs attentes personnelles, les élèves (et leurs parents, en tant que personnes proches) ont besoin d’informations. La plupart d’entre eux utilisent plusieurs sources d’information pour s’informer sur les différentes formations disponibles. Lorsqu’on leur demande quelle source leur a été la plus utile, les réponses sont variées :

Pour les élèves, l’école est la principale source d’information utilisée (32 %). Elle est suivie par leur entourage personnel (22 %) et Internet (18 %). De plus, un-e élève sur dix estime que l’orientation professionnelle ou les stages étaient les moyens les plus importants pour s’informer sur les formations possibles.

Pour les parents, l’entourage personnel et les recherches sur Internet jouent le rôle le plus important (24 % chacun). L’école est également une source d’information importante (21 %), même si elle l’est moins que pour les élèves eux-mêmes. Pour 13 % des parents, l’orientation professionnelle a été la source d’information la plus utile. Par rapport à leurs enfants, les parents citent plus souvent les salons des métiers/formations (10 %, +7 pp) – il convient toutefois de noter que contrairement aux enfants, les parents n’avaient pas la possibilité de choisir l’option « stages ».

Synthèse

L’apprentissage en entreprise en deuxième position

Parmi les jeunes en dernière année de scolarité obligatoire, le gymnase est la formation la plus prisée. L’apprentissage en entreprise arrive en deuxième position. Il est nettement plus choisi par les garçons que par les filles et plus souvent dans les régions rurales que dans les villes. La famille nucléaire (frères et sœurs plus âgés, parents) a une très forte influence sur le choix de formation des jeunes.

Motivation d’apprendre leur métier de rêve

Les jeunes qui veulent faire une formation professionnelle invoquent des raisons très diverses pour justifier leur choix. Ils optent en premier lieu pour un apprentissage afin d’apprendre le métier de leurs rêves et de devenir rapidement indépendant-e financièrement. Mais la lassitude scolaire à la fin de la scolarité obligatoire joue également un rôle important pour beaucoup d’entre eux.

Ceux qui ne font pas d’apprentissage n’y ont souvent jamais pensé

Une faible majorité de ceux qui ne souhaitent pas suivre une formation professionnelle n’ont jamais envisagé cette option. Ces jeunes préfèrent le plus souvent la voie gymnasiale, notamment parce que le métier qu’ils souhaitent exercer nécessite des études supérieures. De l’autre côté, de nombreux élèves indiquent avoir opté pour une autre voie que l’apprentissage en raison de leur incertitude quant à leur choix de métier ou d’obstacles à la formation professionnelle (p. ex. candidatures refusées).

Perception de l’apprentissage globalement positive

Au niveau général, l’apprentissage est plutôt positivement perçu – en particulier par les parents vaudois. Les jeunes sont encore relativement nombreux à ne pas avoir une idée précise de la qualité de la formation professionnelle. Il existe encore un besoin d’information à ce sujet chez les jeunes. Les principaux avantages de l’apprentissage sont la combinaison de l’expérience pratique et de la théorie, ainsi que le large choix de métiers. Faire un apprentissage, c’est aussi assumer très tôt des responsabilités, apprendre à résoudre des problèmes et avoir la possibilité de poursuivre sa formation. Il est clair pour les jeunes comme pour leurs parents que l’apprentissage n’est pas réservé aux élèves qui rencontrent des difficultés scolaires.

Craintes concernant les possibilités d’évolution

En revanche, tant les jeunes que leurs parents craignent que la qualité de la formation professionnelle dépende fortement de l’entreprise, qu’un choix professionnel précoce puisse être restrictif et que la conciliation entre école et travail ne soit pas évidente. Il existe en outre une incertitude quant à la reconnaissance des diplômes d’apprentissage à l’étranger et à l’employabilité des apprenti-e-s par rapport aux diplômé-e-s du gymnase. Il est frappant de constater que si la majorité estime que la formation professionnelle est aussi bonne que la formation gymnasiale, les opinions sur le prestige des deux filières sont moins claires. Il convient de clarifier les idées fausses sur ces points dans les deux groupes interrogés afin d’augmenter le prestige de l’apprentissage.

Renforcer le prestige de l’apprentissage

Les arguments les plus efficaces pour inciter les jeunes à faire un apprentissage eux-mêmes sont les suivants : présenter l’apprentissage comme une formation d’avenir, souligner qu’il permet d’apprendre un « vrai » métier, d’apprendre à résoudre des problèmes pratiques, qu’il est aussi bien que le gymnase et qu’il offre même de meilleures chances sur le marché du travail. Cependant, le fait de considérer qu’un choix professionnel précoce est limitatif ou qu’il n’y a guère de possibilités d’évolution constitue un frein important au choix de l’apprentissage. Il faut communiquer plus clairement aux jeunes que l’apprentissage ne les limite pas dans leur parcours, bien au contraire : La perméabilité du système et les possibilités d’évolution après la formation sont assurées.

Le plaisir avant tout

Quel que soit le parcours choisi, le plaisir doit primer. Mais les jeunes accordent également beaucoup d’importance à un salaire attractif – plus que leurs parents. L’aspect financier ne doit donc pas être négligé dans la promotion de l’apprentissage. Par rapport à leurs enfants, les parents accordent davantage d’importance à la sécurité de l’emploi, à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et à la possibilité de suivre une formation tertiaire.

Sources d’information variées pour choisir la bonne formation

Lorsqu’ils recherchent des informations sur le choix d’une formation, les élèves et leurs parents privilégient des sources très diverses. Pour les jeunes, l’école est globalement la source d’information la plus importante, tandis que les parents se tournent le plus souvent vers Internet ou leur entourage personnel.

Méthode

Mandant : Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP)

Population : Élèves en dernière année de l’école obligatoire dans le canton de Vaud et leurs parents qui parlent français et/ou anglais

Collecte des données : Enquête en ligne; invitations par courrier adressées aux jeunes

Type d’échantillonnage : Recensement complet (avec participation volontaire) des élèves en 11ème année de l’école obligatoire
Adresses fournies par la Direction générale de l’enseignement obligatoire du canton de Vaud (DGEO)

Période d’enquête : 1er mai – 2 juin 2025

Taille de l’échantillonnage : Total N = 5808 (N Élèves = 3452, N Parents = 2356)

Taux de réponse :
Élèves : 33.8 %
Parents : 23.1 %

Erreur type :
Élèves : ±1.4 points de pourcentage pour 50/50 et probabilité de 95 %
Parents : ±1.8 points de pourcentage pour 50/50 et probabilité de 95 %

Pondération :
Elèves : selon la voie scolaire, sexe par voie scolaire, nationalité à la naissance
Parents : selon le sexe dans le groupe d’âge des parents (30-60 ans), niveau de formation, nationalité à la naissance