Baromètre des transitions 2023

Principaux résultats Mars/Avril 2023

Enquête effectuée auprès des jeunes et des entreprises sur mandat du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation SEFRI

Objectifs et profil de l’étude

L’objectif du baromètre des transitions est de recenser les décisions des jeunes en matière de formation à la fin de leur scolarité obligatoire, et d’évaluer la situation sur le marché suisse des places d’apprentissage.

Une enquête en ligne (disponible en trois langues) est menée chaque année à cet effet auprès des jeunes âgés de 15 à 17 ans (Tessin : 14-16 ans) et des entreprises comptant au minimum deux employés. Cette enquête est systématiquement réalisée en deux vagues (archives baromètre des transitions).

En 2023, les échantillons des deux groupes cibles ont été optimisés : les jeunes interrogés sont désormais âgés de 15 à 17 ans et non plus de 14 à 16 ans afin d’atteindre un plus grand nombre de jeunes au cours de la dernière année de scolarité obligatoire.

 

Pour les entreprises, on sait désormais d’emblée quelles sont les entreprises formatrices et celles qui ne le sont pas. La proportion d’entreprises formatrices a été volontairement augmentée dans l’échantillon.

Les graphiques ci-après donnent un aperçu des principaux résultats de la première vague d’enquête en 2023. La méthodologie est détaillée à la fin du rapport.

Les données présentées ont été obtenues par extrapolation. Les résultats de la population cible ont été extrapolés sur la base des échantillons.

Aperçu des principaux résultats

63 % des jeunes au moment de la transition ont déjà trouvé une solution qui leur convient.

63 % des places d’apprentissage proposées sont déjà attribuées.

Jeunes

92 030 des jeunes âgés de 14 à 17 ans se trouvaient confrontés au choix de leur formation en mars/avril 2023.

Le plus souvent, ils envisagent une formation professionnelle initiale après la fin de la scolarité obligatoire. Leur deuxième préférence va aux écoles de maturité. Plus d’un quart des jeunes prévoient d’effectuer une année intermédiaire ou souhaitent profiter d’une offre transitoire.

Parmi les jeunes intéressés par un apprentissage, 26 894 (soit 62 %) ont déjà signé un contrat d’apprentissage. Cette part est supérieure à la moyenne des années précédentes et retrouve son niveau d’avant la pandémie (2022 : 56 %, 2021 : 52 %, 2020 : 56 %, 2019 : 61 %). Par ailleurs, 5372 autres jeunes intéressés par un apprentissage (soit 12 %) ont obtenu une confirmation orale d’une entreprise formatrice. Il est important de souligner que seule une partie de la demande de places d’apprentissage est prise en compte ici, à savoir celle des jeunes de 15 à 17 ans (Tessin : 14-16 ans) arrivant à la fin de leur scolarité obligatoire.

25 612 jeunes au moment de la transition I ont été reçus à un examen d’admission, pour intégrer une école de maturité ou une école de formation professionnelle initiale, ou ont obtenu une confirmation pour une autre offre (année intermédiaire, offre transitoire).

Au total, 57 878 jeunes (soit 63 % des jeunes interrogés) ont trouvé une solution qui leur convient pour après les vacances d’été. Ce chiffre est en nette augmentation par rapport aux années précédentes (2022 : 51 %, 2021 : 51 %, 2020 : 51 %, 2019 : 57 %).

Entreprises

56 % des entreprises interrogées proposent des places d’apprentissage. Ce chiffre est nettement supérieur à celui enregistré lors des enquêtes précédentes, où l’échantillon comportait environ un quart d’entreprises formatrices. Depuis 2023, il est possible de définir la part d’entreprises formatrices dans l’échantillon brut de la présente enquête, ce qui permet de mieux atteindre les entreprises formatrices. Cela explique l’augmentation observée pour l’année en cours.

Le nombre total de places d’apprentissage proposées en 2023 s’élève par extrapolation à 76 881.

La plupart des entreprises formatrices proposent le même nombre de places que l’année précédente (74 %). 11 % des entreprises formatrices offrent plus de places d’apprentissage qu’en 2022. Cela étant, 8 % des entreprises déclarent qu’elles offrent moins de places d’apprentissage. Ces chiffres restent stables.

Sur le total des places d’apprentissage proposées, 65 886 places (soit 86 %) concernent des formations professionnelles initiales menant au certificat fédéral de capacité (CFC) et 5521 places (soit 7 %) correspondent à des formations professionnelles initiales sanctionnées par l’attestation fédérale de formation professionnelle (AFP). Les 7 % restants n’ont pas pu être clairement identifiés sur la base des données disponibles.

48 400 des places d’apprentissage (soit 63 %) étaient déjà attribuées en mars/avril 2023. Ce chiffre correspond presque à celui de l’année précédente (2022 : 64 %).

Spotlight : le rôle des parents dans le choix de la formation

Jeunes

Chaque année, le Baromètre des transitions montre que les parents jouent un rôle central dans le choix de formation de leurs enfants. 88 % des jeunes interrogés déclarent que leurs parents les ont soutenus dans leur choix de formation. Les parents sont donc, avant les enseignants (51 %), leur principal interlocuteur en ce qui concerne les parcours de formation après la scolarité obligatoire.

84 % des jeunes affirment que leurs parents ont une bonne ou une très bonne connaissance du système scolaire suisse. En Suisse alémanique, les parents sont plus souvent décrits comme étant très bien informés que dans les autres régions du pays (Suisse alémanique, parents très bien informés : 38 %, Suisse romande : 20 %, Suisse italienne : 25 %). Les jeunes qui fréquentent des classes à effectif réduit, des classes-atelier ou des écoles spécialisées décrivent le niveau de connaissance de leurs parents comme très mauvais plus souvent que ceux fréquentant actuellement une école de maturité ou une école secondaire (école de maturité, niveau de connaissance des parents très mauvais : 1 %, école secondaire à exigences étendues : 1 %, école secondaire à exigences élémentaires : 2 %, classe à effectif réduit ou similaire : 7 %).

 

81 % des jeunes estiment que le niveau de connaissance de leurs parents sur le système de formation professionnelle suisse est bon à très bon. Là encore, les jeunes de Suisse romande et de Suisse italienne se montrent nettement plus critiques que ceux de Suisse alémanique (Suisse alémanique, niveau de connaissance des parents plutôt / très mauvais : 10 %, Suisse romande : 18 %, Suisse italienne : 20 %). La différence est encore plus marquée entre les jeunes de nationalité suisse et ceux ne possédant pas la nationalité suisse (Suissesses et Suisses : 10 %, étrangères et étrangers : 24 %).

En ce qui concerne le niveau de connaissance sur les filières de formation après la formation professionnelle initiale, le jugement est tout aussi positif, bien qu’il ne soit pas aussi élevé que pour les deux questions précédentes : 76 % des jeunes estiment que leurs parents sont bien à très bien informés et 17 % jugent leur niveau de connaissance mauvais à très mauvais. Si on observe, là aussi, les mêmes différences entre les régions linguistiques, il convient de souligner un autre résultat : les parents de jeunes qui fréquentent une école de maturité, une école privée ou une classe à effectif réduit sont jugés moins bien informés que les parents d’élèves du secondaire (école de maturité, parents très mal informés : 23 %, école secondaire à exigences étendues : 16 %, école secondaire à exigences élémentaires : 14 %, classe à effectif réduit ou similaire : 23 %).

La majorité des jeunes choisissent leur formation indépendamment des souhaits de leurs parents. La formation professionnelle initiale et la formation générale sont à peu près citées aussi souvent par les parents qui expriment des souhaits quant à la future formation de leurs enfants. Les parents de jeunes femmes expriment nettement plus souvent le souhait de voir leurs filles s’engager dans la formation générale que les parents de jeunes hommes (hommes : 15 %, femmes 21 %). En outre, les parents de Suisse alémanique souhaitent plus souvent que leurs enfants suivent une formation professionnelle duale que ceux des autres régions, où la formation générale est préférée (Suisse alémanique, apprentissage / école de maturité : 22 % / 13 %, Suisse romande : 13 % / 27 %, Suisse italienne : 8 % /29 %).

C’est cependant entre les jeunes de nationalité suisse et ceux ne possédant pas la nationalité suisse que la différence est la plus importante : les jeunes issus de la migration sont nettement plus souvent confrontés aux souhaits de leurs parents que les jeunes de nationalité suisse (Suissesses et Suisses, aucun souhait des parents : 56 %, étrangères et étrangers : 34 %). Néanmoins, les parents de jeunes issus et non issus de la migration souhaitent tout aussi souvent une formation professionnelle initiale ou une voie de formation générale pour leurs enfants.

 

Il existe également un lien entre le parcours scolaire et l’existence de souhaits des parents : plus la formation actuelle est exigeante, plus les parents ont tendance à exprimer des souhaits quant à la suite du parcours de formation (école de maturité, parents exprimant un souhait : 56 %, école secondaire à exigences étendues : 54 %, école secondaire à exigences élémentaires : 46 %, classe à effectif réduit ou similaire : 41 %). Les parents de jeunes qui suivent une formation du degré secondaire au niveau gymnasial souhaitent davantage voir leurs enfants poursuivre dans cette voie.

Ces souhaits exprimés par les parents semblent toutefois n’avoir qu’une influence limitée : 41 % des jeunes déclarent que les souhaits de leurs parents n’ont joué aucun rôle dans leur choix de formation. 29 % estiment que les souhaits de leurs parents ont joué un rôle relativement faible. Les 22 % restants indiquent que les souhaits de leurs parents ont joué un rôle (plutôt) important, surtout les jeunes de Suisse romande et de Suisse italienne (Suisse romande, rôle plutôt / très important : 26 %, Suisse italienne : 29 %, Suisse alémanique : 20 %) et les jeunes issus de la migration (Suissesses et Suisses : 19 %, étrangères et étrangers : 36 %).

Entreprises

La majorité des entreprises interrogées considèrent que les parents des apprentis sont plutôt peu ou pas du tout impliqués dans la formation de leurs enfants.

Dans l’ensemble de la Suisse, seule une entreprise sur trois estime que les parents sont plutôt ou très impliqués. La situation est un peu plus ouverte en Suisse italienne, où de nombreuses entreprises ne se sont pas prononcées sur cette question.

Parmi celles ayant répondu sur ce point, il y a autant d’entreprises qui jugent que les parents sont impliqués que d’entreprises qui estiment qu’ils ne le sont pas.

Par ailleurs, il existe des différences significatives entre les secteurs économiques : les parents d’apprentis du secteur agricole sont plus souvent décrits comme impliqués que les parents d’apprentis du secteur industriel ou des services (secteur primaire : 44 %, secteur secondaire : 30 %, secteur tertiaire : 31 % des parents sont plutôt / très impliqués).

Jeunes au moment de la transition I

Intérêts des jeunes et choix de la formation

Pour la période qui suit la fin de l’année scolaire 2022/2023, les jeunes envisagent majoritairement une formation professionnelle initiale (51 547 jeunes, soit 61 %). Pour le plus grand nombre de jeunes, la préférence est donnée à la formation professionnelle duale (43 670 jeunes, soit 85 %) plutôt qu’à la formation professionnelle initiale en école (7878 jeunes, soit 15 %).

Étant donné qu’au moment de l’enquête menée en avril 2023, 37 % des jeunes n’avaient pas encore trouvé de solution définitive pour la suite de leur parcours, plusieurs réponses étaient admises en ce qui concerne les préférences. Ce fait explique vraisemblablement le fort intérêt que les jeunes ont manifesté à l’encontre de l’école de maturité (deuxième solution la plus souvent choisie, par 36 392 jeunes, soit 43 %).

10 001 jeunes (12 %) envisagent une année intermédiaire et 11 814 jeunes (14 %) optent pour une offre transitoire.

 

La majorité des jeunes hommes (58 %) envisagent une formation professionnelle initiale et ils sont nettement moins nombreux à souhaiter suivre une école de maturité (38 %). Chez les jeunes femmes, les réponses sont plus équilibrées : 46 % d’entre elles souhaitent suivre une école de maturité et 49 % souhaitent effectuer un apprentissage.

L’intérêt des jeunes Suissesses et Suisses et des jeunes de nationalité étrangère pour la formation professionnelle initiale et les écoles de maturité est en réalité identique. Toutefois, il apparaît que ces derniers sont nettement plus nombreux à prendre en considération les offres transitoires et la formation professionnelle initiale en école.

En Suisse alémanique, la demande en faveur de la formation professionnelle initiale chez les jeunes est nettement plus élevée qu’en Suisse romande et italienne. Inversement, les jeunes des cantons latins sont plus nombreux que leurs homologues alémaniques à viser une maturité.

Jeunes intéressés par une formation professionnelle initiale

Parmi les 43 670 jeunes qui souhaitent commencer un apprentissage en été 2023, 40 718 (soit 93 %) visent une qualification CFC et 1640 (soit 4 %) une qualification AFP.

Les dix apprentissages les plus prisés par les jeunes au printemps 2023 sont présentés dans le tableau ci-après. La formation d’employé/e de commerce reste en tête de liste.

Par rapport à l’année précédente, le top 10 des professions les plus prisées reste assez stable, puisque neuf de ces apprentissages figuraient déjà dans le top 10 en 2022.

 

On observe un changement à la dernière place : en 2023, la formation professionnelle initiale d’assistant/e en pharmacie se retrouve à nouveau dans le top 10, au détriment de l’apprentissage de cuisinier/ière.

En outre, les perspectives professionnelles des jeunes femmes et des jeunes hommes divergent, le schéma habituel se répétant : en plus de la formation d’employée de commerce, les formations médicales ou sociales restent très prisées des jeunes femmes.

Pour les jeunes hommes, en plus de la formation d’employé de commerce, les métiers techniques restent les plus attrayants, comme le montre le tableau suivant.

11 117 jeunes (25 %) qui ont pour objectif de suivre une formation professionnelle initiale ont également l’intention d’obtenir une maturité professionnelle. Au fil du temps, cette proportion s’est avérée relativement stable (2022 : 25 %, 2021 : 29 %, 2020 : 28 %, 2019 : 24 %, 2018 : 27 %).

La raison principale qui incite les jeunes à viser une maturité professionnelle réside dans la formation préalable. En effet, 51 % des jeunes qui suivent une voie préparatoire à la formation gymnasiale souhaitent obtenir une maturité professionnelle, tandis que seulement 18 % des jeunes issus des sections du degré secondaire I à exigences moyennes visent ce même objectif. La région linguistique joue également un rôle déterminant, le nombre de jeunes souhaitant obtenir une maturité professionnelle étant beaucoup plus important en Suisse latine qu’en Suisse alémanique (Suisse alémanique : 23 %, Suisse romande : 33 %, Suisse italienne : 42 %).

32 265 jeunes (74 %) ont déjà leur place d’apprentissage assurée (contractuellement ou oralement). Cette valeur revient à son niveau d’avant la pandémie (2023 : 74 %, 2022 : 67 %, 2021 : 62 %, 2020 : 64 %, 2019 : 72 %).

Là aussi, la proportion varie grandement suivant les professions, comme le montre le tableau ci-après.

La majorité des candidates et des candidats dans les domaines de la formation d’installateur/trice-électricien/ne, de polymécanicien/ne, d’assistant/e en soins et santé communautaire et d’employé/e de commerce ont déjà une confirmation écrite. Pour tous les apprentissages dans ces professions, des promesses d’engagement avaient déjà été données tôt également dans les années précédentes.

Un nombre supérieur à la moyenne de jeunes ayant postulé pour des places d’apprentissage dans les domaines de la formation d’assistant/e dentaire, de coiffeur/euse, d’assistant/e médical/e, de médiamaticien/ne, d’informaticien/ne, d’assistant/e socio-éducatif/ve spécialiste de l’encadrement ou de dessinateur/trice attendent cependant encore des réponses.

En outre, un peu plus de la moitié des jeunes intéressés par un apprentissage d’électronicien/ne n’ont pas encore postulé.

Les emplois proches du domicile restent prisés. Près de deux tiers des jeunes interrogés souhaiteraient être engagés dans leur lieu de résidence ou dans leur canton à l’issue de leur formation professionnelle initiale et un peu plus de la moitié affirment s’imaginer travailler dans une PME de leur région. À peine plus d’un tiers des jeunes aimeraient se former à l’étranger dans une entreprise active à l’international et un peu moins d’un tiers envisagent de travailler dans une PME exportatrice. Les jeunes aimeraient néanmoins aussi être leur propre patron : les jeunes sont attirés par le travail indépendant (68 % envisagent de travailler en indépendant ou souhaitent le faire). Pour le moment, cette préférence arrive même en tête avec celle de trouver un emploi dans le canton de domicile. Lors du démarrage de la série d’enquêtes, l’aspect du travail indépendant n’arrivait qu’en 7e position.

Près de la moitié des jeunes qui souhaitent effectuer une formation professionnelle initiale en école (p. ex. dans une école de commerce) n’ont pas encore souscrit à une offre correspondante. En 2023, pour la première fois depuis le début des enquêtes, ce chiffre n’est pas en hausse , mais marque au contraire un net recul (2023 : 47 %, 2022 : 63 %, 2021 : 58 %, 2020 : 57 %, 2019 : 51 %). Seuls 25 % de ces jeunes ont indiqué avoir déjà été acceptés dans une école (2022 : 16 %, 2021 : 21 %, 2020 : 19 %, 2019 : 23 %).

94 % des jeunes intéressés par une formation professionnelle initiale ont pu faire un (22 %) ou plusieurs (72 %) stages d’observation. Ces chiffres sont proches de ceux des années précédentes (2022 : 20 % un stage, 72 % plusieurs stages, 2021 : 21 % un stage, 70 % plusieurs stages, 2020 : 18 % un stage, 74 % plusieurs stages, 2019 : 18 % un stage, 76 % plusieurs stages). Dans l’ensemble, les stages pratiques sont nettement moins fréquents (11 % un stage, 16 % plusieurs stages). En Suisse romande et italienne, les stages pratiques sont toutefois beaucoup plus fréquents qu’en Suisse alémanique (Suisse alémanique : 6 % un stage, 8 % plusieurs stages, Suisse romande : 29 % un stage, 44 % plusieurs stages, Suisse italienne : 30 % un stage, 53 % plusieurs stages).

Parmi les jeunes intéressés par une formation professionnelle initiale en avril 2023, exactement la moitié savait ce qu’est la formation professionnelle supérieure. 56 % déclarent connaître les écoles supérieures ou les examens fédéraux. Les autres offres du degré tertiaire sont diversement connues des jeunes intéressés par une formation professionnelle initiale : parmi toutes les offres du degré tertiaire, ce sont les hautes écoles spécialisées qui sont les plus connues (75 %), suivies par les universités, les EPF et les HEP (57 %). Les écoles supérieures ou les examens fédéraux sont connus de 56 % de ces jeunes.

Les jeunes qui s'intéressent aux écoles de la maturité

Parmi les 36 392 jeunes qui souhaitent suivre une école de maturité ou une école de culture générale, 46 % ont réussi les examens d’admission ou remplissent les conditions d’admission et ont ainsi une place assurée à la fin de leur scolarité obligatoire. Ce chiffre est à nouveau supérieur à celui de l’année précédente et donc similaire à celui d’avant la pandémie (2022 : 36 %, 2021 : 40 %, 2020 : 36 %, 2019 : 45 %).

En ce qui concerne le choix de l’orientation, deux domaines sont particulièrement prisés : économie / commerce / droit (18 %) et biologie et chimie (19 %).

 

Viennent ensuite les langues modernes (15 %), la physique et les mathématiques appliquées (14 %) et les arts visuels / la musique (10 %). La répartition entre ces cinq grandes orientations est relativement stable année après année.

Les jeunes femmes s’intéressent beaucoup plus aux langues modernes, à la philosophie, à la pédagogie ou à la psychologie, ainsi qu’aux arts visuels et à la musique. À l’inverse, les jeunes hommes sont nettement plus susceptibles de s’orienter vers la physique et les mathématiques appliquées ou l’économie, le commerce et le droit.

Jeunes dans les offres de formation transitoires ou les années intermédiaires

Le fait de ne pas avoir trouvé de place d’apprentissage est la raison la plus souvent invoquée par les jeunes pour expliquer le choix d’une offre transitoire. Cette raison est citée un peu plus fréquemment que l’année précédente (2023 : 34 %, 2022 : 27 %, 2021 : 28 %, 2020 : 35 %, 2019 : 32 %). Les deux autres raisons les plus fréquemment citées tiennent à la nécessité d’effectuer une formation transitoire pour accéder à une formation ultérieure (13 %) ou au souhait d’améliorer ses connaissances linguistiques (12 %) ou ses notes (8 %). Ces chiffres se révèlent stables sur la durée.

Il convient de relever que l’intérêt pour les offres transitoires s’est renforcé durant l’année en cours et les deux dernières années par rapport aux deux premières éditions de l’enquête (2023 : 14 %, 2022 : 13 %, 2021 : 14 %, 2019 : 8 %, 2018 : 11 %). La majorité des jeunes ne concrétisent cependant pas leur intérêt pour une offre transitoire. 54 % des 14-16 ans intéressés par une offre transitoire n’ont pas encore procédé à leur inscription (2022 : 59 %, 2021 : 60 %, 2020 : 65 %, 2019 : 53 %). Le nombre de jeunes intéressés par des offres transitoires et déjà inscrits dans une offre de ce type reste stable (2023 : 24 %, 2022 : 23 %, 2021 : 23 %, 2020 : 17 %, 2019 : 17 %).

 

 

Des raisons très diverses conduisent les jeunes à rechercher une solution intermédiaire après l’école obligatoire, comme le montre la relative importance de la catégorie restante « Autre raison » (22 %). Parmi les raisons souvent avancées, les jeunes indiquent qu’ils n’ont pas trouvé d’apprentissage qui leur convenait (12 %) ou qu’ils souhaitent prendre du temps pour eux (22 %). Comparés aux années précédentes, les chiffres sur cette question sont relativement stables.

Plus d’une personne sur deux a déjà un engagement ferme pour ses projets durant l’année intermédiaire (2023 : 56 %, 2022 : 47 %, 2021 : 49 %, 2020 : 52 %, 2019 : 51 %).

Pour la période qui suit l’année intermédiaire ou l’offre transitoire, la plupart des jeunes envisagent une formation professionnelle initiale (47 % de celles et ceux qui sont intéressés par une année intermédiaire et 56 % de celles et ceux qui sont intéressés par une offre transitoire). Cependant, la voie de l’enseignement général est également une option pour près d’une personne sur huit pour la période suivant l’année intermédiaire ou l’offre transitoire (19 %). Beaucoup de jeunes sont toutefois encore indécis quant à l’avenir proche (24 % et 19 % ne savent pas).

Places d’apprentissage dans les entreprises

Offre de places d’apprentissage

Sur le total de 76 881 places d’apprentissage proposées, la majorité relève à nouveau en 2023 du secteur santé humaine et action sociale, du commerce et du secteur de la construction. Les secteurs comptant moins de 1000 places d’apprentissage sont désormais regroupés dans la catégorie « Autres secteurs ».

5 521 places d’apprentissage (7 % des places proposées) débouchent sur une AFP, tandis que 65 886 (86 %) mènent au CFC. Les 7 % restants n’ont pas pu être clairement identifiés sur la base des données disponibles.

Sur toutes les places d’apprentissage proposées en 2023, 79 % étaient localisées en Suisse alémanique, 18 % en Suisse romande et 3 % en Suisse italienne.

 

Au total, l’offre de places d’apprentissage se situe à un niveau semblable à celui de l’année précédente, mais elle est inférieure à celles de 2020 et de 2021 (2023 : 76 881, 2022 : 76 749, 2021 : 87 786, 2020 : 87 496, 2019 : 81 340).

Ces variations sont vraisemblablement moins dues à une véritable tendance qu’à une surestimation de l’offre pendant les années de pandémie 2020 et 2021.

Par conséquent, nous restons prudents dans l’interprétation au niveau des branches économiques, telles qu’elles sont représentées ci-dessous.

En 2023, près de la moitié des entreprises qui proposent des stages d’apprentissage offrent également la possibilité de préparer une maturité professionnelle pendant l’apprentissage. C’est moins qu’au cours des trois dernières années (2023 : 48 %, 2022 : 56 %, 2021 : 55 %, 2020 : 57 %, 2018/2019 : 44 %).

À nouveau, les entreprises de plus de 100 salariés offrent plus fréquemment cette possibilité (2 à 9 employés : 42 %, 10 à 100 employés : 61 %, plus de 100 employés : 79 %). Ce constat vaut aussi pour les entreprises actives dans le secteur secondaire ou tertiaire (secteur primaire : 33 %, secteur secondaire : 51 %, secteur tertiaire : 50 %).

Pour informer les personnes intéressées des places d’apprentissage vacantes, les entreprises utilisent souvent le site web de leur entreprise ou de leur association (42 %) ou des contacts personnels (39 %).

En outre, la bourse cantonale des places d’apprentissage joue un rôle important dans l’annonce des places d’apprentissage vacantes (45 %).

19 % des entreprises sont en contact direct avec les écoles. 17 % utilisent également les réseaux sociaux sur Internet ou le portail de formation professionnelle yousty.ch.

14 % des entreprises s’appuient sur les manifestations organisées à destination des jeunes en recherche d’une place d’apprentissage pour annoncer les places d’apprentissage vacantes et 3 % seulement passent par des salons grand public ou des congrès. Les grandes entreprises sont les plus susceptibles de participer à ce type d’événements (2 à 9 employés : 10 %, 10 à 99 employés : 21 %, plus de 100 employés : 41 %).

Les petites annonces sont utilisées par 11 % des entreprises et les panneaux publicitaires par seulement 2 %.

Places d’apprentissage attribuées

63 % des places d’apprentissage proposées ont pu être pourvues dès mars/avril 2023. Si ce pourcentage est stable depuis trois ans, il était légèrement supérieur avant cette période (2022 : 64 %, 2021 : 63 %, 2020 : 66 %, 2019 : 67 %; 2018 : 70 %).

La part de places d’apprentissage attribuées au printemps 2023 varie considérablement selon les secteurs. De nombreuses places d’apprentissage sont déjà attribuées dans les domaines des activités financières et d’assurance, de l’agriculture et de la sylviculture, ainsi que dans les secteurs regroupés sous la catégorie « Autres secteurs ».

Par contre, le nombre de places d’apprentissage vacantes en mars/avril 2023 dans l’hébergement et la restauration et dans la construction est comparativement élevé.

L’attribution précoce des places d’apprentissage dans les secteurs des activités financières et d’assurance et, inversement, l’attribution plutôt tardive des places d’apprentissage dans l’hébergement et la restauration et dans la construction s’avère être un schéma stable.

 

Dans l’hébergement et la restauration, l’attribution des places d’apprentissage a été retardée pendant les années de pandémie. En 2023, le nombre de places d’apprentissage attribuées a pour la première fois retrouvé son niveau antérieur à la pandémie.

La pandémie avait impacté la plupart des secteurs : durant les années de pandémie 2020 et 2021, le nombre de places d’apprentissage attribuées au printemps était inférieur à celui d’avant la pandémie. Dans la grande majorité des secteurs, ces chiffres augmentent à nouveau ou avaient déjà augmenté l’année passée. Font exception les secteurs des activités financières et d’assurance, de l’information et de la communication, de l’administration publique, du commerce et des activités spécialisées, scientifiques et techniques, où le nombre de places d’apprentissage attribuées était resté stable pendant les années de pandémie.

La situation ne s’est pas encore améliorée dans la construction. Dans ce secteur, le nombre de places d’apprentissage attribuées en 2023 n’a jamais été aussi bas depuis le début des enquêtes.

En 2023, les entreprises ont reçu à ce jour en moyenne sept candidatures pour une place d’apprentissage,

Ce qui est comparativement assez peu si l’on considère l’évolution dans le temps (2023 : 7, 2022 : 9, 2021 : 10, 2020 : 10, 2019 : 8).

Évolution de l’offre de places d’apprentissage

La majorité des entreprises interrogées déclarent avoir maintenu leur offre en places d’apprentissage au même niveau que l’année précédente (74 %). Les chiffres correspondent aux valeurs des années précédentes (2022 : 78 %, 2021 : 74 %, 2020 : 71 %, 2019 : 71 %, 2018 : 63 %). 11 % ont offert plus de places d’apprentissage et 8 % en ont offert moins que l’année précédente.

La situation dans les divers secteurs, présentée ci-dessous, est largement homogène. On observe néanmoins une évolution dans la branche de l’enseignement et la catégorie « Autres secteurs », où plus d’une entreprise sur cinq déclare en 2023 offrir plus de places d’apprentissage que l’année précédente.

 

En revanche, dans les secteurs de l’information et de la communication ainsi que des activités financières et d’assurance, plus d’une entreprise sur cinq déclare en 2023 offrir moins de places d’apprentissage que l’année précédente.

Comme c’était déjà le cas les années précédentes, ce sont surtout les grandes entreprises qui étoffent leur offre de places d’apprentissage en 2023 (2023 : 30 % 2022 : 23 %, 2021 : 20 %, 2020 : 26 %, 2019 : 28 % des entreprises d’au moins 100 collaborateurs proposent « plus de places d’apprentissage »).

Parmi les raisons motivant l’augmentation ou la diminution du nombre de places d’apprentissage, les entreprises indiquent souvent que l’offre de places d’apprentissage varie simplement d’une année à l’autre, sans raison particulière.

Comme les années précédentes, les entreprises citent le plus souvent leur préoccupation d’assurer la relève professionnelle pour expliquer l’augmentation du nombre de leurs places d’apprentissage. En 2023, cette préoccupation est de nouveau exprimée plus fréquemment que l’année précédente, atteignant ainsi un nouveau sommet (2023 : 43 %, 2022 : 39 %, 2021 : 41 %, 2020 : 39 %, 2019 : 34 %). Par ailleurs, la forte demande de places d’apprentissage est de plus en plus avancée comme argument en faveur de l’élargissement de l’offre (2023 : 19 %, 2022 : 11 %, 2021 : 16 %, 2020 : 14 %, 2019 : 17 %). 8 % des entreprises déclarent proposer davantage de places d’apprentissage pour compenser l’augmentation du nombre de départs à la retraite et 10 % en raison de l’augmentation du travail à temps partiel.

Les restructurations de l’entreprise sont fréquemment citées parmi les raisons avancées pour expliquer la diminution du nombre de places d’apprentissage (2023 : 20 %, 2022 : 15 %, 2021 : 22 %, 2020 : 22 %, 2019 : 24 %). Vient ensuite l’argument selon lequel les entreprises ne trouvent pas de candidats qualifiés sortant des écoles (2023 : 20 %, 2022 : 20 %, 2021 : 15 %, 2020 : 14 %, 2019 : 25 %). Cette raison est plus souvent invoquée par les entreprises que lors des années précédentes. En outre, la part des entreprises pour lesquelles la situation économique est déterminante a récemment progressé (2023 : 17 %, 2022 : 14 %, 2021 : 25 %, 2020 : 16 %, 2019 : 13 %).

Le manque de formateurs et la faible demande de places d’apprentissage sont également plus fréquemment cités en 2023 que par le passé pour expliquer les raisons de la diminution du nombre de places d’apprentissage par rapport à l’année précédente.

Données techniques clés

Remarque importante :

Les données présentées ont été obtenues par extrapolation. Les résultats de la population cible ont été extrapolés sur la base des échantillons.

L’extrapolation pour les jeunes se fonde sur les jeunes qui ont fréquenté la 8e classe l’année précédente selon les statistiques de la formation professionnelle initiale (Office fédéral de la statistique OFS).

L’extrapolation pour les entreprises se base sur les chiffres relatifs aux entrées dans la formation professionnelle initiale au cours de l’année précédente (OFS). Les informations détaillées sur les extrapolations se trouvent dans le rapport de recherche détaillé sur le projet.

Jeunes:

  • Groupe cible : habitants de 14 à 16 ans
  • Base d’adresses : cadre d’échantillonnage de l’Office fédéral de la statistique
  • Méthode d’enquête : enquête écrite (en ligne)
  • Période de l’enquête : 24.02. – 17.04.2023
  • Taille de l’échantillon : N = 10 983
  • Nombre total de participants : N = 7337 (avant la transition: N = 2976)
  • Marge d’erreur : ± 1,1% (± 1,8%) pour 50/50 et une probabilité de 95%
  • Exploitation : 67 %
  • Pondération : 1er niveau : nombre de jeunes par canton ; 2e niveau : âge/sexe, regroupé par canton

Entreprises:

  • Groupe cible : entreprises comptant au moins deux salariés
  • Base d’adresses : registre des entreprises de l’Office fédéral de la statistique
  • Méthode d’enquête : enquête écrite (en ligne/papier)
  • Période de l’enquête : 27.02. – 24.04.2023
  • Taille de l’échantillon : N = 7696 (entreprises formatrices 3364)
  • Nombre total d’entreprises participantes : N = 5219 (entreprises formatrices 3317)
  • Marge d’erreur : ± 1,4% pour 50/50 et une probabilité de 95%
  • Exploitation : 68%
  • Pondération : région linguistique, taille de l’entreprise, répartition NOGA

Équipe de projet gfs.bern

Lukas Golder : politologue et spécialiste en médias, co-directeur gfs.bern

Martina Mousson : politologue, responsable de projet

Annick Doriot : politologue, responsable de projet junior

Thomas Burgunder : mathématicien, collaborateur scientifique

Alessandro Pagani : politologue, collaborateur scientifique

Roland Rey : collaborateur de projet / administration

 

Consultant externe

Prof. Dr. Stefan C. Wolter, professeur en économie de l’éducation, Université de Berne